Chronic Heroic : Les 4 fantastiques / la super famille

Pour ce deuxième article sur les supers héros, on reste chez Marvel mais je vous fait un méga pack avec 4 héros pour le prix d’un ! et oui car le sujet du jour ce sont les 4 fantastiques (ou fantastic Four que j’abrégerai en FF).

Novembre 1961, le duo Stan Lee et Jack Kirby (rien que ça) va accouché d’une des plus grosses licence de l’histoire du comics, et va au passage révolutionner le schéma classique des héros qu’on connaissait juste là. La puissance créative des deux hommes va frapper bien plus fort qu’on ne pourrait le croire, car a plus d’un titre les FF sont un changement marquant dans l’histoire des comics.

Une histoire de famille

Premier bouleversement, le titre porte non pas sur un héros solitaire (ou bien accompagné d’un acolyte) ni sur une équipe formé de plusieurs individualités (comme la ligue des justiciers) mais sur plusieurs héros conçut dès le départ comme un ensemble indivisible… et tant qu’a faire quoi de plus indivisible qu’une famille ? (oui je sais : je suis un idéaliste). Cette approche donne la possibilité d’explorer des interactions que les autres titres n’arrivaient qu’a peine à effleurer, et d’osciller sans arrêt entre le quotidien presque banal des FF et leurs incroyables aventures a travers les dimensions.

Mais avant de creuser plus loin, faisons le tour des protagonistes…

Earth wind and fire (+water)

Il n’est pas difficile de voir que chacun des membres des FF est en fait l’avatar d’un des 4 éléments traditionnel de la culture occidentale. Ceci mélangé avec les rôles type d’une famille et des caractérisations bien distincte, font d’eux des personnages riches et brillamment innovant.

Johnny Storm, la torche humaine, est le feu ce qui colle parfaitement avec son rôle de petit frère turbulent. Il incarne pleinement la jeunesse fougueuse, passionné, et parfois destructrice (combien de fois son pouvoir à causer des catastrophes par accident ?). Il est l’adolescent qui se transforme et qui doit gagner en maturité, mais qui en même temps veux profiter de la vie et de ses formidables pouvoirs. Il est le moins responsable du quatuor mais est toujours plein de bonnes intentions. Sa relation avec Ben Grimm est à la fois fraternel et amicale : toujours en train de taquiner ce dernier, il est parfois maladroit lorsqu’il se moque de son apparence, ne comprenant pas toujours le drame que vit son ami. Il est pourtant le premier à la défendre, au péril de sa vie si nécessaire.

Reed Richards, l’homme elastique aka Mister Fantastic, est l’eau avec sa capacité a se déformer en souplesse. Il est le « père » du groupe, et un scientifique de génie (sans doute l’humain le plus brillant de tout l’univers Marvel). Passionné par les découvertes qu’il fait dans tout l’univers, il en oublie parfois sa famille, mais peut toujours compter sur eux pour lui remettre les pieds sur terre. Cependant, Reed est souvent montré comme un pragmatique dénué d’émotion et on se demande souvent ce que peut lui trouver sa belle… (plus d’une fois cet aspect à mi le couple en péril). Souvent obligé d’être au pied du mur pour réaliser que ce qui compte vraiment est sa famille, Richards est l’incarnation du père de famille absorbé par son travail au point de ne plus voir les siens… pas si bizarre quand on à une femme invisible non ?

Susan « sue » Storm, la femme invisible, est l’incarnation de l’air, force invisible mais puissante. C’est bien entendu la « maman » de l’équipe, toujours prompte a s’inquiéter pour les autres. Elle est quasiment l’inverse de son mari : peu interressée par la science, plus proche de la réalité, elle met sa famille au dessus de tout. Comme beaucoup de femme dans les comics, Sue à longtemps été un enjeu amoureux : elle a notamment été âprement courtisé par Namor le Prince des Mers, mais à aussi fait tourner la tête de Fatalis (bon dans son cas c’est… compliqué !) et vécu une sorte de triangle amoureux avec Ben Grimm. Avec les années, Sue est devenue bien plus qu’un lot de tombola pour les héros, et a put se développer comme une femme indépendante, n’ayant clairement pas besoin d’un homme pour la secourir.

Ben Grimm, alias La Chose, est quant à lui l’avatar de la terre, avec son apparence de Golem orange. Bien que n’étant pas lié aux autres par le sang, il est un point d’équilibre et de convergence indispensable : meilleur ami pour Reed, confident pour Sue, grand frère / tonton pour Johnny, Ben offre beaucoup de richesse a l’histoire. Bien que n’étant présenté que comme un bagarreur à l’humour cynique, il est très subtil et peut presque ce voir comme un personnage tragique. Son pouvoir est une malédiction à cause de l’apparence qu’il lui donne, et il n’aura de cesse de chercher a s’en débarrasser. Tel un Quasimodo, son aspect le prive d’amour et sa souffrance ne sera apaiser qu’avec Alicia Master, une sculptrice aveugle qui bien entendu voit Ben avec un autre regard. Son métier n’est d’ailleurs pas innocent, car elle va bien entendu « sculpter » un nouveau Ben Grimm, qui galvaniser par cet amour, sera plus en phase avec sa transformation (#PayeTaMetaphore)

Des explorateurs du cosmos

Avec les FF, Stan Lee à ouvert une véritable boite au trésor, car d’une part il seront la source de nombreux autres personnages innovant (comme le mythique Surfeur d’argent ou les Inhumains) mais surtout de tout un panthéon galactique qui va forger la cosmogonie tout entière de l’univers Marvel. Qu’il s’agisse d’endroit étrange (comme la zone négative) ou de personnage demiurge (comme l’effrayant Galactus) les voyages des FF sont autant d’occasions de découvrir de nouvelles facettes de cet univers à la frontière de la science et de la magie.

Il n’est pas innocent que les FF endossent ce rôle : née dans les années 60, ils sont en plein coeur de la course à l’espace entre russes et américains. Quoi de plus logique donc pour un auteur vivant à cette époque et sans doute abreuvé de récit pulp sur l’espace de faire de ses héros des voyageurs des étoiles.

Les FF ne sont ni des soldats, ni des justiciers : leurs voyages sont à l’image de ceux des héros de Jules Vernes, des chocs de cultures motivé par la soif de savoir, jamais par appat du gain. Contrairement à Tony Stark, la science de Reed Richards n’a pas de finalité commerciale : tout au plus il songe aux bénéfices pour l’humanité, mais il reste avant tout un être ayant un besoin de connaissance.

Des ennemis si fantastiques

La richesse des FF est bien entendu intrinsèquement liée à leurs ennemis : sans bon méchant que vaut un héros ? et on peut dire que notre quatuor est particulierement gaté !

Le premier nom qui vient à l’esprit est bien entendu celui du Dr Fatalis (Dr Doom en anglais) némesis de Reed Richards, aristocrate tout aussi fasciné par le savoir que son ennemis juré. Fatalis est le reflet de Reed, ce que ce dernier aurait put devenir s’il n’avait pas sa famille. Il est la science sans conscience, prête à toutes les folies dans sa quête ultime. Fatalis à sans doute une bien meilleurs compréhension de l’univers que Richards, car il combine à la fois science et magie (ce qui se ressent dans son apparence mêlant armure technologique façon Iron Man et robe de sorcier façon Dr Strange). D’une certaine façon, Fatalis est le membre déchu de la famille des FF, celui qui à choisit de quitter les autres pour assouvir son désir de pouvoir. Pourtant Fatalis n’est pas un tyran fou : il dirige le petit état de Latverie avec autorité mais sans abus. Son orgueil est l’une de ses faiblesses et il n’admettra jamais avoir besoin des autres. Metaphoriquement, il prendra place dans la famille des FF par le biais de la fille de Sue et Reed, Valéria : la naissance de cette dernière se passa terriblement mal, et Fatalis accepta d’user de sa science magique pour sauver l’enfant et sa mère, ne demandant que le droit de choisir son prénom (bon et en fait on verra qu’il créa un lien mystique avec elle). Tordu n’est ce pas ?

Un autre adversaire pas commun des FF est Namor, Prince d’Atlantis. Fascinant personnage, il est un défenseur des océans contre la pollution et l’inconscience des hommes, mais fait preuve d’un extrémisme qui empeche de pleinement abonder de son coté. Namor peut en effet se montrer sans pitié et menacer la vie d’innocent pour défendre son empire. Son opposition avec les FF est une constante bataille diplomatique ou ces derniers doivent plaider la cause des humains. Et comme si ça ne suffisait pas, Namor drague ouvertement Sue Storm, mettant parfois en balance la survie des humains (ou de ses amis) en échange de ses bonnes graces. L’Atlante s’est pourtant souvent trouver à défendre les humains contre différentes menaces, que ça soit par choix éthique ou par alliance. Son rapport avec les FF est donc complexe et oscille dans tout un panel de nuance (romance avec Sue, diplomatie avec Reed, opposition élémentaire avec Johnny, rivaux en force avec Ben etc)

Le dernier adversaire que nous allons évoqué est sans doute le plus formidable (pour ne pas dire fantastique…) de tous. Il s’agit ni plus ni moins que de Galactus, le dévoreur de monde. Apparut avec la saga du surfeur d’argent, Galactus est l’incarnation de la fin innéductable. Personnage cosmique au pouvoir incommensurable, Galactus n’est pas un méchant qui agit pour le pouvoir ou le plaisir de la destruction : il est bien plus « élementaire » et ne vise qu’a sa propre survie. Seul être dans l’univers à avoir survécu au Big Bang, il est le rappel que toute chose doit mourir, aussi bien les être vivant que les mondes. Tel une divinités Nordique, Galactus accomplit un destin qui dépasse notre compréhension et vise simplement à la continuité du grand cycle du cosmos. Il ne prend aucun plaisir a détruire, mais n’a aucune pitié à le faire. C’est un être au delà de nos valeurs et de toute forme d’éthique. Par delà le bien et le mal, Galactus est dépositaire d’un savoir sans commune mesure qui attire bien des convoitises (Fatalis en premier lieu) mais gare à celui qui tente de s’opposer aux dévoreur des mondes !

Vis à vis des FF, Galactus est traité comme une catastrophe naturelle : il n’est pas question de négocier avec lui, mais plutôt de trouver une façon de le neutraliser ou simplement de lui survivre. Cette démesure du personnage offre un magnifique outil pour parler de la place de l’homme dans l’univers, de rappeler son insignifiance face à la nature mais aussi que grâce a son intelligence et son courage, l’humain peut faire face à tous les périls.

 

La création de Stan Lee à cela de puissant que bien que s’inscrivant dans la ligné des comics, elle à servi de laboratoire d’experimentation créatif, mais aussi de forges ou c’est construit au fil des ans des pans entier du Marvelverse. Et si les FF ont été bien mal remercié par le cinéma, il faut garder à l’esprit que ces pionniers de l’espace ont aussi été des pionniers dans l’univers de la bande dessinée, tout en étant individuellement des personnages riches et intéressants à plus d’un titre.

La preuve par 4 en somme…

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