Consultant, la prostitution légale

Une fois n’est pas coutume j’aimerais vous parler sérieusement… j’en vois qui rient au fond, fermez vos mouilles et ouvrez vos esgourdes ou quittez ce cours sur le champs. C’est bon? les cancres sont partis?

Qu’est-ce qu’un consultant?

C’est avant tout un prestataire de service, lié pour une durée déterminée à un client par un contrat plus ou moins bien verrouillé. Le consultant est souvent polyvalent, car, de part son activité il est amené à travailler dans des environnements assez différents les uns des autres sur des problématiques extrêmement variées.

De nombreuses raisons poussent les sociétés a engager un consultant :

> l’expertise, quand des connaissances très spécifiques sont demandées

> l’urgence, quand le projet devrait être livré depuis trois mois.

> l’objectivité, car il est extérieure à l’entreprise et apporte un regard neuf sur ses activités et les processus qui en forment le corps. Cette raison est malgré tout plutôt rarement évoquée au vu de l’image qu’a actuellement le statut de consultant, mais nous y reviendrons.

> la confidentialité, en gros faire une étude de marché ou évaluer les possibilités d’un rachat sans se mouiller directement.

> la crédibilité, en apportant un avis supplémentaire lors de la défense d’un projet. Avoir un expert avec soit est toujours valorisant.

> Capacité de travail, taillable et corvéable à merci de part son statut le consultant peut vite devenir l’esclave de son travail, et ce sans que le patron ai à lâcher des heures sup’

Mais tout ce petit modèle idéal a volé en éclat depuis longtemps. En fait les consultants se vendent comme le feraient des prostituées avec une SSII (société de service en ingénierie informatique) en guise de mac. Ils sont trop nombreux sur le marché et vendus par leur société comme de la viande au kilo (le prix étant directement lié aux années d’expérience ainsi qu’au nombre de mensonge qu’ont pu passer les commerciaux). L’expertise se perds, les consultants sont plus utilisés comme des techniciens / esclaves que l’ont peut renvoyer dès que la charge de travail baisse.

Je suis de ces consultant et je suis bien attrister de voir la triste image que beaucoup de SSII ont donnée de mon métier. Je suis ingénieur en informatique, avec plusieurs années d’expérience et plusieurs domaine d’expertise, et malgré cela, il m’arrive encore très fréquemment d’aller pisser lamentablement du code chez un client, comme si j’avais fait un bac+2. Ne vous méprenez pas, je ne critique pas les techniciens, je critique le fait que nos employeurs ont tendance à considérer que nos société leur mentent systématiquement et que nos compétences ne sont plus à la hauteur de la demande.

Notre secteur est aujourd’hui particulièrement touché par la « crise » et à mon avis tout cela ne va pas aller en s’améliorant… Je sais que cet avis général n’est pas ultimement positif, mais si l’on compte en plus le fait que les nouveaux arrivants sur le marché n’ont pas vraiment le niveau de connaissance nécessaire à ce métier on est en droit de s’inquiéter.

Des questions? Des commentaires? Des sufggestions?

Et petite question personnelle, combien y’a t-il d’ingénieur dans les lecteurs de topfive?

Share Button

6 réflexions au sujet de « Consultant, la prostitution légale »

  1. hum… j’ai été auditeur à une époque ça compte dans le genre ?

    L’entreprise et la société en générale est tombé dans les années 80 dans une folie ultra capitaliste qui à mit le profit et la performance au dessus de tout. De nos jours avec « la crise » (c’est marrant parce que quand j’étais petit c’était déjà la crise…) je remarque partout que les entreprises et les gouvernement réalisent que l’humain doit être remis en avant (par ex là ou je bosse, on commence a sacrifier a la performance pour avoir de meilleurs résultat de satisfaction client) Alors evidement ça ne sont pas des changement qui se veront en quelques mois, mais mon optimisme naturel me dit que si tout va bien, notre société mettra de plus en plus l’homme et la qualité de vie au centre des préocupation.

    Sinon bah effectivement bosser dans comme consultant / auditeur c’est avant tout etre la bitch de ton pimp de patron !

    C’mon Xzibit ! Pimp my Consultant !

  2. le sacrifice de la performance n’est pas « humanitaire » mais purement économique. Là ou la course à l’équipement des foyer se termine (enfin temporairement), le principal moyen de gratter du client est de le piquer aux autres donc de faire dans la satisfaction et donc un retour à la qualité du SAV et des produits.

    C’est cyclique, pour le moment là où nous avons besoin de qualité, les SSII on la quantité de consultants et dénaturent leur taf, quand ils auront besoin de qualité, la tendance s’inversera et ainsi de suite….

    C’est l’éternel combat entre la production de masse de services et la qualité de ces services -_-

  3. Je serai assez d’accord avec ton propos àmême si je ne suis pas ingénieur (et de loin) et surtout je ne fais pas le métier correspondant à mes études : en effet je suis Hotliner… pardon, hotliner. A la base j’ai une formation de programmeur ou un truc dans le genre. Mais quand je vois le taff que produise des gars 5 ans plus jeunes que moi, qui sont problablement (et encore j’en doute parfois) qu ont fait pour certains 5 ans d’études, je me demande si en informatique on prend pas les gens pour des cons. Moi je vous dit un truc, c’est TOUTE l’industrie informatique qu’il faut revoir, de fond en comble. De nos jours c’est lhumain qui doit s’adapter à l’informatique, tout ça pour automatiser et donc rentabiliser les processus. Dans quelques années, on sera tous des pousse-boutons.
    Je ne pense pas que ça va s’améliorer mais si c’est le cas, ce sera au prix d’un mega-changement de direction mais comme tout passe par « l’administration » (pas dans son sens informatique, j’entend)…

    Pour reprendre tes propos Patron et rebondir sur ce que dit CT : en effet ceux qui tirent les ficelles font des ronds de jambes pour satisfaire le chaland, mais au final c’est « prenez ce qu’on vous offre, de toute façon y’a rien d’autre… ». Les produits sont les mêmes, les prix sont les mêmes, les services sont les mêmes.

    Mais ça nous éloigne du sujet de départ, à savoir que ceux qu travaillent dans l’ingénierie informatique, sont des produits au même titre que les robots-mixers ou les sèches serviettes automatiques dans un processus de développement à outrance, une course à la productivité, il faut faire rêver les DSI, sinon pas de travail et hop, chomâge !

    Tout le reste Big Brother s’en fout !

    PS : je donne mon point de vue généraliste (je ne suis pas ingénieur, seulement hotliner) disons de « spécialiste » qui a un point de vue « privilégié », car j’ai la « chance » d’être entre l’avant-dernier et le dernier maillon de la chaine, entre les produits qui font les produits et les produits qui les utilisent.

  4. Que de réactions constructives, ça fait plaisir. Effectivement je partage l’optimisme de Flashou concernant la qualité de service car c’est souvent le meilleur moyen de survivre. Puisse beaucoup de chef d’entreprise entendre tes sages paroles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.