NRA Vs fusillade dans une école primaire (ou l’art d’avoir des grosses bollocks)

Connaissez vous la NRA ? la National Rifle Association ? C’est un club très sympa, américain, affilié au parti républicain et donc de tendance ultra libérale. En soit, ce n’est pas un crime, et même si ces personnes sont dans le délire des pétoires, flingues et autres “9mm” (comme ils disent dans les experts) ils n’ont globalement rien de méchant.

Enfin presque…

Dernier fait divers tragique au pays de l’oncle Sam, un  taré est entré dans une école primaire armé et à fait feu a tout va : une trentaine de victime donc 20 gamins…

ouch : mange toi ça NRA et ton droit au port d’arme !

C’est souvent le souci de cette association : lorsqu’un carnage de ce genre arrive, c’est difficile ensuite de vanter le plaisir de faire un carton dans un centre dument agrée par la fédération en respectant les règles de sécurités. Que dire sans passer pour un sale enfoiré ?

Sauf que voyez vous, la NRA n’est pas un ramassis de lopette hippie communiste, mais au contraire, c’est un groupe regroupant la fine fleur des américains made in USA with big balls. C’est eux la vraie team America !

Alors quand survient un drame, la NRA réplique avec un aplomb sévèrement burné : un type fait un carnage dans un cinéma : la réponse est sans appel

ce n’est pas l’arme qui à tué, c’est le mec qui la tiens ! et bing retour à l’envoyeur ! alors les p’tites tarlouze démocrate ? tu la sens ma grosse intelligence ? et mon second amendement dans ton fondement ça t’intéresse ?

Jusque là, la NRA s’en sortait avec ce discours un peu flou mais finalement pas si bête : après tout ils n’ont pas tord, car c’est le même genre de procès d’intention qu’on fait lorsque quelqu’un commet un crime et qu’on lit ensuite dans la presse “Le tueur était un sociopathe qui jouait beaucoup aux jeux vidéos”. De plus d’autre pays ont une législation “soft” sur les armes et ils ne connaissent pas de tels horreurs.

Et puis voila qu’un type s’en prend à des momes (insérez ici des images d’innocence a votre convenance). Il va sans dire que c’est moche, abjecte, horrible, et que c’est véritablement un drame humain que je ne souhaite à personne. Cependant, coté NRA, cette histoire est plus une galère qu’autre chose. Car voyez vous l’argument du “c’est pas l’arme, c’est le bonhomme qui la tiens” est beaucoup plus difficile à faire avaler dans cette situation. C’est pourquoi dans ce genre de cas extreme, la NRA n’a plus qu’un seul et unique recours : elle fait appel à une équipe de consultant de choc et prie très fort pour qu’ils trouvent une réponse adéquate.

Voici comment j’imagine la scène.

Los Angeles, 9h04
Dans un immeuble cossue de Bel Air, 3 hommes en costume cravate attendent dans un confortable salon d’accueil qu’on vienne s’occuper d’eux. Ils sirotent un whisky hors de prix tout en profitant d’une magnifique vue, mais le coeur n’y est pas. Ces 3 hommes sont John Colt, Tom Winchester et Vincent Mc Tazer, les 3 plus hauts cadres de la NRA dans la région. Tandis que John et Tom, plus ancien, plus experimenté, patientent en essayant de rester calme, Vincent lui peste a haute voix

“Putain de bordel de merde ! cette fois on est mal les mecs : la presse est déjà en train de nous coller ça sur le dos ! pourtant on à bien utiliser le “c’est pas l’arme qui tue c’est la main qui la tiens” mais rien à faire… je me demande si à force on à pas fini par l’user ce truc ? comme si les gens avaient développé des anticorps ?”

John lança un regard aggacé à Tom qui interpela le jeune homme

“Vince, tu la ferme et tu te calme : les mecs d’ici sont des pros, ils ont bossé toute la nuit comme des dingues pour nous sortir de ce guépier, alors tu vas reprendre un verre, tu vas poser ton cul dans ce fauteuil plein cuir et tu vas arreter de nous transmettre ton stress !”

“Désolé les gars… c’est juste que… ma femme m’a téléphoné et m’a fait tout un cirque, comme quoi qu’on était des salauds de ne pas nous exprimer”

“Elle veut qu’on dise quoi ? qu’effectivement on s’est gourré sur la dangerosité de la vente libre des armes ? t’es pas completement con ! notre industrie pèse des putains de milliards de dollars : on est une machine qui pèse plus lourd que le systeme de santé et en plus on donne l’air vachement cool aux mecs de ce pays, alors ta grognasse tu lui diras de ma part que si ça lui plait pas, elle à qu’a se barrer de votre superbe villa a 2 millions de dollars et aller se faire péter la rondelle ou je pense !”

Silence de mort

“… Excuse moi, je me suis un peu emporté… mais merde Vince il faut que tu fasse le ménage dans ton couple : ça ne doit pas t’affecter dans le boulot !”

“Je sais… t’as raison : merci Tom… John je suis désolé”

Le patriarche de la bande donna sa clémence aux jeunes hommes d’un signe de la main.

La porte du salon s’ouvrit et une magnifique jeune femme dans un élégant tailleur gris clair les invita à la suivre. Elle conduisit le trio jusqu’a une lourde porte matelassé d’un élégant revêtement noir qui était à la fois distingué et insonorisant.

Ce qui se disait dans le bureau ne sortait pas du bureau.

L’intérieur ressemblait à un temple zen, avec des bonzaïs, des petites fontaines, et des liasses de billets de 100 dollars posé en vrac un peu partout.

“Très classe…” murmura Tom “C’est presque aussi beau que le palais de Saddam”.

Tous prirent place dans d’épais fauteuils club tandis que leur hote leur tournait le dos tout occupé qu’il était a finir la coupe d’un arbuste.

“Bonjour maitre Miyagi : désolé de vous avoir fait travaillé aussi vite, mais c’"était urgent” dit John sur un ton décontracté.

“Pas de souci monsieur John : vous savez que nous travaillons mieux sous pression car tout comme l’olive verte, notre véritable saveur nécessite de la pression pour jaillir comme la semence du requin squale !”

Tom et Vincent étaient peu habitué aux discours fumeux de maitre Miyagi, mais ils savaient que le bonhomme avait du talent et qu’il valait mieux ne pas le prendre à la légère.

“Maitre : que pouvons nous dire aux familles ? ils sont dans le chagrin, ils ont perdu à jamais leurs enfants dans des circonstances horribles… on est dans le caca !” dit Vince.

Tous se figèrent lorsque maitre Miyagi dressa un sourcil. et que son sourire se transforma en grimace.

“N’utilise pas le mot caca impunément !” répondit le maitre “le caca est la base du cycle de l’arbre, et l’arbre est la base du cycle du papier à cigarette, et ainsi de suite jusqu’aux navettes spatiales !”

John et Tom lancèrent des regards assassins à leur camarade : ils lui avaient pourtant dit de surveiller son langage.

“Toutefois…” repris le maitre “je vais répondre à ta question : il faut leur dire que la faute de leur malheur est due aux lobby qui s’opposent aux armes !”

John esquissa un sourire tandis que Tom et Vincent écarquillèrent de grand yeux. Alors que Vincent allait parler, John l’arreta en lui mettant la main sur l
’épaule. Il remercia le grand maitre Miyagi puis quitta le bureau avec ses camarades toujours interloqués.

“Mais enfin John : ce type est fou à lié ! si on dit que c’est la faute des lobbys qui s’opposent aux armes, les gens vont comprendre qu’on se paye leur tête !” dit Vincent paniqué

“Petit tu manques vraiment d’exprience : Maitre Miyagi est un génie dans l’art de la guerre des médias”

Tom eut soudain l’illumination

“Bordel ! je viens de comprendre !” jubila t’il “Oh bordel t’as raison ce mec est trop fort : il faut dire qu’a cause des lobbys anti armes, les professeurs et autres adultes qui étaient sur places ne pouvaient pas avoir d’armes et donc qu’ils ne pouvaient pas se défendre !”

Vincent compris à son tour

“Oh merde ! c’est trop stylé ! comme ça nous seulement on est plus la cible d’attaque, mais limite c’est nous qui pouvons nous plaindre ! Wahou c’est fou : Maitre Miyagi est vraiment un génie !"

Et oui chers amis, bien que ce petit texte ne soit qu’une fantaisie de ma part, la NRA a réellement été dire aux parents des victimes que si les enseignants avaient le droit d’avoir des armes a l’école leurs enfants seraient peut être toujours de ce monde.

Reconnaissons à la NRA une énorme paire de couille en acier trempé pour avoir osé un truc pareil. Reconnaissons aussi que coté cynisme c’est tout simplement “over the top”. Et enfin pour finir reconnaissons que c’est sans doute cette mentalité qui fait de la société américaine une société malade de la violence et de la peur.

C’est un classique mais je le trouve indispensable en ce moment : jetez un oeil à Bowling for Columbine. Même si la crédibilité de Michael Moore a été pas mal écorné depuis le temps, son film reste une stupéfiante évocation de ce mal dont je parles et qui touche en partie a travers les médias.

Pour finir, je vous propose le générique de fin de Trigun, une série génialissime dont l’un des thèmes est le refus de la violence face à un monde pourtant hostile.

Love and Peace

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