One Punch Man : que vaut l’anime #OPM

S’il y’a bien un anime qui à fait couler de l’encre numérique et agité les fans d’animation, c’est bien One Punch Man (OPM). D’abord anonyme web comic dont le succès foudroyant à conduit à une version plus « poussée » mise en image par le talentueux Yusuke Murata (à qui on doit Eyeshield 21) le monde du manga est tombé sous le charme et c’est en toute logique qu’un animé à été mis en chantier.

Petit topo rapide : c’est quoi One Punch Man ? C’est l’histoire de Saitama, un homme dont le rêve était de devenir un super héros. Au prix d’un entrainement acharné, il est devenu surpuissant et invulnérable, au point qu’il peut détruire n’importe quel méchant en un seul et unique coup de poing… Cela pourrait sembler être l’aboutissement de n’importe quel anime, où le héros est toujours en quête de puissance, mais ici c’est au contraire le point de départ et la première histoire donne le ton : capable de terrasser un géant de plusieurs centaine de mètre de haut, Saitama réalise qu’être aussi puissant est d’un ennui mortel. Un coup du sort va cependant l’amener à rentrer dans l’organisation qui gére les supers héros où il rencontrera une galerie de personnage drôle, loufoque et parfois ultra puissant !

Il est d’ailleurs intéressant de voir que cet angle super héroique est très… américain ! Même si certains héros ont un archétype typiquement japonais, ils ont plutôt une influence comics : il n’y à qu’a voir le costume de Saitama qui à des faux airs de superman… avec qui il partage pas mal de chose notamment la surpuissance !

Cet angle très intéressant est à la fois un ressort comique (qui s’use vite, soyons honnête) et une façon originale d’abordé et d’interroger la notion d’héroisme. Saitama est entouré d’autres héros plus ou moins puissant qui le méprisent car n’arrivent pas à réaliser sa grande puissance (puisqu’il gagne super facilement, ils en déduisent que ce sont les ennemis qui sont faibles, et non pas lui qui est fort) critiquant ainsi le culte de la performance et du spectaculaire de notre société des médias. Mais là ou One Punch Man est vraiment une série qui est plus qu’un simple « spectacle », c’est lorsque la série pose Saitama comme un héro « de coeur ».

L’exemple qui va suivre est un spoil, sauter donc ce paragraphe si vous voulez garder le secret sur l’intrigue.

Plusieurs héros se font mettre ko par un monstre surpuissant en essayant de protéger la population qui à trouvée refuge dans un stade. L’un des héros qui n’a aucun « vrai » pouvoir est même à l’agonie lorsque Saitama intervient et détruit comme toujours son ennemi en un simple coup. Le public qui observe la scène ne comprend pas : d’un côté ils sont reconnaissant d’avoir la vie sauve, mais de l’autre certains accusent les héros d’être faible puisque Saitama (censé être un héros de seconde zone) à réussi là où ils avaient tous échoués. Saitama fait alors croire au public qu’il ne doit sa victoire qu’a un coup de chance, et que c’est parce que les autres héros ont combattu sans relâche le monstre, l’affaiblissant à chaque attaque, qu’il à put lui porter le coup de grâce. Afin de préserver l’honneur du héros sans pouvoir mais dont la détermination était réel, Saitama accepte de passer pour un « mauvais » héros, profiteur et opportuniste. Il est un héros moral dont la force n’est pas physique, mais ethique, et fait preuve d’une grandeur d’ame que personne ne semble voir. Le message de l’auteur passe de la comédie à quelque chose de plus subtil, visant à dire que le héros n’est pas le plus fort, mais celui qui par altruisme se sacrifie pour les autres et dont les valeurs sont inflexible.

C’est là que One Punch Man sort du simple registre de l’action bourrine, et offre de vrai moment de scénario plutôt bien trouvé, même si parfois un peu cucul… et c’est ce qui est aussi un problème avec l’anime !

Parlons en justement : l’anime reprend la trame du manga assez précisement (jusque là rien d’étrange) et y ajoute une colorisation et une mise en scène booster par une musique métal bien badass qui rendent justice au support papier.

Sauf que…

De part son postula de base (un héros surpuissant qui détruit tout d’un coup) l’action de OPM joue sur la technique de l’élastique : on fait durer, durer, durer, DURER l’attente avant l’intervention de Saitama. Et pour que ça dure… et bah on fait du meublage. C’est à ça que servent les autres héros, à qui ont offre de temps en temps un sbire ou deux à éclater histoire de ne pas trop les désigner comme de simple faire valoir. A coté de ça, OPM donne dans l’humour avec la délicatesse d’un éléphant dans un couloir (en tout cas j’ai beaucoup de mal avec ce style typiquement asiatique). Et si tout cela fonctionnait bien sur le papier, ça devient passablement pénible en version animé.

De plus Un anime n’a pas le même rythme qu’une publication papier, et cela rend le récit moins fluide. Il y’a de long moment CHIANT où on devine le désespoir des scénaristes à essayer de justifier l’attente pour faire monter la pression. Et puis les moments de « libération » ou enfin ça pète, sont très (trop ?) expéditif et attendu. Je pense vraiment que si le format papier ne souffre pas de cet ecueil, c’est parce que le lecteur est plus impliqué que dans un anime.

Dans un manga, le lecteur produit un travail inconscient d’animation et de narration créer par les ellipses. En clair, les zones blanche entre deux cases sont l’espace où notre imaginaire fait le boulot. Du coup, la surpuissance de Saitama, la vitesse des affrontements ou bien le « tempo » des dialogues est parfaitement à notre convenance (puisqu’on se l’imagine pour soi). L’anime lui est tenu de faire des choix, et de donner une seule interprétation « sensorielle » de l’action. Ca serait malhonnete de dire qu’ils n’y arrivent pas, mais c’est là que l’anime souffre du talent de dessinateur de Murata…

En effet, ce dernier à réussi à surdécouper l’action ce qui donne aux planches de OPM un aspect ultra dynamique qu’on ne ressent plus dans l’anime. Paradoxale non ? Et pourtant rien que le première épisode montre cet écart lors de l’attaque des subterraniens. Les animateurs ont déployé des trésors d’imagination pour garder le rythme frénétique de ce combat, mais c’est au détriment des détails. Bref l’équation était impossible à tenir pour une série (a la limite je pense que c’est plus envisageable dans une OAV ou bien carrément un film, qui du coup pourrait mieux gérer le rythme).

La transposition d’un média à un autre est ce qui pèse le plus à OPM. La comparaison sera toujours peut flateuse pour l’anime, et le rythme sera toujours ressenti comme lent. Mais l’anime a t’il des qualités ? bien sûr ! déjà la musique super péchu avec ses grosses guitares font un superbe travail pour poser une ambiance de baston titanesque. D’autres part, la mise en scène arrive à bien retranscrire le gigantisme : impact des coups, puissance de destruction, force des protagonistes….

Au final si cette première saison de OPM ne m’a pas convaincu, c’est que d’une part l’intrigue est très plate et redondante, et que la réalisation à du mal à assumer son prestigieux héritage et peine à rendre justice à l’oeuvre originale. Il faut esperer que la suite qui ne manquera pas d’arriver relève le défi et nous procure plus qu’une série basé sur un gimmick, mais un vrai contenu avec un univers plus large (qui semble d’ailleurs apparaître dans les derniers épisodes).

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