Zootopie : le Disney engagé

Ca fait bien longtemps que je n’attends plus grand chose des films Disney, soit parce que je suis devenu un vieux con (hypothèse certes difficile à croire pour vous chers lecteurs, mais pas improbable) ou bien tout simplement parce que l’usine à rêve tourne un peu en rond ces derniers temps.

J’ai été déçu par Vice Versa que j’ai trouvé gnangnan et pompeux, j’ai été blasé par les mondes de Ralph qui ne faisait que réchauffer la soupe du « soit qui tu veux » et de « l’amitié c’est magique », et j’ai soupirer devant « les nouveaux héros » qui étaient aussi inspiré que les séries du samedi qui nous vendaient des jouets.

Et puis j’ai vu Zootopie.

Tout d’abord, il faut savoir que je n’ai quasiment pas vu une image du film avant… bah de le voir vraiment. Ni bande annonce, ni reportage, ni critique… bref je l’ai abordé avec un esprit très très ouvert. Le pitch de départ sonnait on ne peut plus classique, et les premières images étaient tout à fait dans le ton… mais ce n’était que le début !

ATTENTION ! A partir de maintenant vous entrez dans une grosse zone de spoiler putassière et sans vergogne, aussi je vous invite à vous y aventurer a vos risques et péril.

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journal de bord – épisode 47 : les bitos du donjon

Les bitos du donjon

Pour attendre la fin de l’orage, les aventuriers avaient trouvé refuge dans une taverne tout aussi typique que son nom « Au bon accueil de Lywen ». Comprenez bien que chaque ville, chaque village, comporte au moins un établissement portant ce nom, sans pour autant que ça soit la franchise d’une quelconque guilde. Simple tradition du milieu dirons nous…

La salle puait l’humidité et le chien mouillé, notamment à cause de tous les homme bêtes (mi homme mi ours ou bien mi homme mi sanglier) qui avaient envahi la salle lorsque les premières gouttes se mirent à tomber. Mais le tavergiste (nommé ainsi car personne ne savait s’il fallait l’appeler « tavernier » ou « aubergiste ») n’en avait que faire, puisqu’une salle aussi bondée, c’était la promesse d’une belle recette. Les serveuses ne chômaient pas, apportant des énormes bock de bière et des jambons braisés à toute allure à des clients assoiffés et affamés.

Despair lui, touillait le contenue de son verre avec une cuillère en le buvant à petite allure tout en jetant des regards perdu à droite à gauche…

« Hey ! Qu’est ce que tu mattes ? » demanda une voix féminine venant de sa ceinture
– Mais rien voyons !
– C’est la petite serveuse c’est ça ? » insista la voix qui semblait fâchée
– Mais pas du tout loulou, pourquoi je…
– LES MECS ! vous êtes tous pareils ! dès qu’un jupon passe…
– Mais je t’assure que je regardais pas la serv….
– Tais toi ! » hurla la voix folle de jalousie « tu fais ça sous mon nez en plus ! ça te plait de me faire du mal comme ça ? » dit la voix avec un début de sanglot.

Les autres convives autour de la table se regardaient, mal à l’aise, en essayant de comprendre ce qui se passait.

« Euh… tu as un soucis avec ta ceinture ? » demanda la magicienne avec dédain
– Euh nan nan, t’inquiète, elle est tout le temps comme ça.
– Ta ceinture est tout le temps jalouse ?
– Nan c’est pas ma ceinture : c’est un fouet » répondit Despair
– Ton fouet est tout le temps jaloux ?
– Alors comme ça je ne suis qu’un fouet c’est ça ? » enchaîna la voix
– Rah ! Hope ! tu vois bien que là je passe pour un débile !
– Et moi pour quoi alors ? » continua Hope « Tu me traites comme un objet !
– Mais T’ES un objet ! »

Lorsque Despair termina sa phrase, il ferma les yeux de dépit conscient de ce qu’il venait de déclencher : une bonne grosse crise de larme.

« T’es un salaud ! » dit Hope la voix pleine de sanglot « moi je me met en quatre pour toi, je fais des efforts, je me fais belle… mais toi tu me vois juste comme… comme… comme…
– Hope arrête : t’es rayé
– J’AI PAS FINI ! » dit elle d’une voix forte avant d’enchaîner avec sa petite voix sanglotante « tu me  vois juste comme une femme superbe que tu veux mettre dans ton lit….
– Mais loulou c’est pas ma faute si t’es une succube enfermé dans une arme maudite !
– C’EST DE LA MIENNE PEUT ÊTRE !?
– Bah techniquement un peu » compléta l’archer elfe assit face à la magicienne et qui s’était avéré jusque là extrêmement taciturne. « D’ailleurs on dit pas UN succube normalement ? »

Si Hope avait eu des yeux, ils auraient lancé des éclairs.

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journal de bord – épisode 46 : Reconversion #DefiBradbury

Reconversion

La salle d’attente du bureau de recrutement était aussi cosy que les bars chics de l’aéroport, ceux avec un grand piano à queue dont joue un pianiste en costume à qui on laisse un billet dans un verre à cognac.

C’était le genre d’endroit ou Jane se sentait à l’aise, comme si c’était son milieu naturel. Elle scrutait avec attention la toile fixée sur le mur à sa gauche : était-ce un Zapparelli ou bien un Lucano période « étoiles » ? En tout cas c’était une très belle œuvre, représentant une vierge Marie cosmique tenant dans ses bras un bébé Jésus qui ressemblait au surfer d’argent.

Le responsable de recrutement entra alors dans la salle d’attente. C’était un homme d’une bonne trentaine d’année, les tempes grisonnante, vêtu d’un strict costume gris souris :

« Madame Smith ? Je suis William. B Bernstein, chargé de recrutement : ravi de vous voir enfin en personne ! « 

Bernstein tendit la main vers Jane qui la regarda avec circonspection.

« Euh… dites Willy… je peux vous appeler Willy ? vous vous êtes lavé les mains récemment ?
– Pardon ?
– Oui oui je sais ça semble très saugrenu dit comme ça, mais avec le fluorure qu’il y a dans l’eau, si vous vous êtes lavé les mains et bien c’est toxique… remarquez maintenant que je dis ça si vous ne vous êtes pas lavé les mains ça ne serait pas très hygiénique non plus… oh je sais ! faisons-nous la bises ! »

Aussitôt Jane se leva de son siège et fit la bise à Bernstein qui se demanda un instant s’il n’allait pas refuser, puis, après réflexion, estima que ce n’était pas tous les jours qu’une aussi belle femme vous proposais aussi spontanément un peu de contact physique, aussi subreptice fût-il.

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Journal de bord – épisode 45 : 4 murs ou 4 planches #DefiBradbury

4 murs ou 4 planches

Chez nous on a un dicton : « à la fin de la journée, quoi qu’il arrive, tu finiras entre 4 murs ou 4 planches ». En prison c’est comme ça que ça se passe : les options sont minces. Ce qui est le plus étrange c’est que normalement notre vie devrait être rythmé par une régularité d’horloge, le genre précis et immuable. Ça c’est bien sûr la théorie, parce qu’en vraie chaque jour vous réserve son lot de coup improbable.

La journée commence à 7h, avec la sonnerie générale qui te sert de réveil. Contrairement à ce qu’on voit dans les films, les gardiens ne passent pas faire l’appel : ça prend trop de temps, alors ils se contentent de pointer quand ils nous croisent. De toute façon, personne ne se fait la belle de sa cellule durant la nuit.

On à 15 min pour se préparer, ensuite direction le réfectoire. Les matons ne sont pas coulant avec les retardataires, et si tu loupes le coche, tu devras attendre le déjeuner pour avoir un truc à te mettre sous la dent.

Ici ce ne sont pas des détenus qui font le service. Même si ça coûterait moins cher, ça serait une source supplémentaire de problème, avec des gangs qui s’arrangeraient pour occuper ce point stratégique et dealer de la bouffe. Du coup tu manges sereinement parce que tu sais que personne n’a glissé une lame de rasoir dans tes œufs brouillés ou d’acide pour les toilettes dans ton café.

Par contre, tu gardes quand même un œil qui traîne, parce qu’il y’a toujours un détenu qui aura envie de se faire un petit supplément, et en général il le trouvera dans ton assiette. La plupart tu temps tu n’as rien à craindre des gros caïds, parce que eux tapent dans les plateaux de leurs sbires. Non le problème vient plutôt des sbires en question qui se rattrapent sur toi.

Si tu veux durer un tant soit peu dans cette taule, tu fermes ta gueule et tu donnes ton flan caramel sans faire d’histoire. Si tu plais aux patrons, ils peuvent même t’avoir à la bonne et t’offrir une certaine protection en échange d’un peu de ta bouffe. La prison finalement, c’est le retour à un mode de fonctionnement féodale : les paysans nourrissent les chevaliers et obtiennent protection en retour. Enfin sauf que là les chevaliers se sont des narcotrafiquants, des voleurs de voitures, des arnaqueurs en tout genre, des tueurs…

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Journal de bord – épisode 44 : A touch of Joy #DéfiBradbury

A touch of Joy

« Non mais attendez : vous êtes sérieux !? »

Les yeux rivés sur le cristal de Vérité, Joy avait du mal à croire ce que ce dernier lui annonçait. Pourtant, les anciens du grand conseil des fées ne lui laissèrent aucun doute. Parlant tous ensemble d’une seule voix, ils répondirent sans hésiter :

« Le cristal t’as désigné Joy : c’est toi qui devra accomplir cette mission.
– Mais je… je suis qu’une fée débutante ! c’est à peine si je vole correctement !
– Tout cela nous le savons Joy. Mais le cristal a vu en toi la fée idéal pour aider cette jeune fille, alors il en sera ainsi… »

Voyant la mine déconfite de la petite fée, le conseil lui adressa quelques paroles d’encouragement :

« Ton manque d’expérience est une faiblesse, mais c’est aussi une force : tu agiras avec ton cœur, et c’est le plus important…
– Vous êtes marrant ! et si je me trompe, c’est cette jeune fille qui va en pâtir !
– Alors ne te trompes pas…
– Arf… vous en avez de bonnes… Bon très bien : je ferai de mon mieux ! »

Joy n’avait pas beaucoup confiance en ses chances de succès, mais elle se motiva comme elle pouvait pour rester souriante comme toute bonne fée qui se respecte. Pourtant lorsqu’elle quitta le grand conseil, elle ne put s’empêcher de soupirer devant l’ampleur de la tâche.

Elle virevolta à toute vitesse jusqu’à l’Arbre à rêve, et attendit son tour en faisant la queue tandis que Shrodon le golem de pierre orientait les fées en partance pour une mission. Chaque petite fée se présentait devant lui et lui chuchotait les mots magiques que le cristal de Vérité leur avait donnée. Ce message activait le lien entre le monde des rêves et celui des humains, permettant aux fées d’entrer en action.

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journal de bord – épisode 43 : MAX PUISSANT ! #DefiBradbury

MAX PUISSANT

Dans les temps anciens en Grèce, alors que la civilisation prenait son essor, les dieux étaient encore présents dans la vie des hommes et les héros affrontaient des monstres terribles au péril de leur vie. Mais de tous ces héros, le plus formidable, le plus extraordinaire, n’était pas forcément le plus célèbre. Car si nous connaissons tous Héraclès, Thésée et Ulysse, ils n’étaient rien en comparaison de l’incroyable…

MAX PUISSANT !

Née de l’union de l’élégance et de la surpuissance, MAX PUISSANT était si formidable que son nom ne pouvait s’écrire qu’en majuscule, chaque lettre étant plus importante que la précédente. Alors que tous les grecs de l’époque étaient en petite jupette de toile, MAX PUISSANT lui portait un perfecto noir, un jean 501 et des Ray Ban aviator. Et à tous ceux qui lui disait « mais enfin MAX PUISSANT ! c’est totalement anachronique ce genre de vêtement ! » il répondait « Hey ! reste cool bébé… » avant de tourner les talons avec flegme et sobriété.

MAX PUISSANT n’avait pas pour habitude de frimer comme les autres héros. Tuer des monstres n’était pas son passetemps favori, et séduire les jeunes vierges l’avait lassé depuis bien longtemps. Il passait la plupart de ses journées à boire de l’ouzo sur les marches de l’Acropole, conscient qu’il n’était pas à sa place dans un monde pareil. Parfois, il tenait compagnie à Socrate, un philosophe bien connu amateur de salade de feuille de vigne et de question rhétorique. En effet, ce dernier était comme lui : trop en avance sur son temps…

« Hey MAX PUISSANT !  » dit le philosophe tout en réajustant sa toge « Comment va la vie ?
– Bah écoutes comme tu le vois c’est la même que tous les jours : ouzo et déprime !
– Ah voilà qui est terrible mon ami… c’est triste qu’un héros comme toi soit ainsi dépourvu de destin glorieux à accomplir.
– Je sais… » dit MAX PUISSANT en avalant une gorgé d’ouzo « Mais et toi mon sage ami : qu’est ce qui t’amène dans le coin ? tu ne donnais pas des cours de… tu sais ce truc là où tu poses pleins de question sans raison ?
– De Maïeutique.
– Ouais voilà ! Mais dis donc Soso, entre nous : c’est vraiment un nom à coucher dehors ! ça ne se vendra jamais ton truc !
– Oh ne t’en fais pas mon vaillant ami, je ne compte pas toucher une drachme pour ça. Mes ambitions sont plus… pure !
– Pff… tu vois ! même toi tu as des rêves. Moi je n’ai que ma surpuissance ! »

Il convient en effet d’expliquer certaines choses. La plupart des héros sont vaillant, puissant, ou intelligent. Mais MAX PUISSANT lui était au-delà de tout cela. Il était en effet si extraordinaire, si fantastiquement héroïque, que la réalité elle-même n’osait pas aller à son encontre. C’est ainsi qu’il put mettre ko un orage d’un bon coup de poing, et briser un traité de paix d’un coup de genou. Sauf que voilà, MAX PUISSANT s’ennuyait beaucoup, n’arrivant plus à ressentir le frisson de l’aventure et le plaisir de la réussite.

« Crois moi MAX PUISSANT : tous les héros trouvent un jour leur destin ! le tiens est forcément là, quelque part ! »

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journal de bord – épisode 42 : La Réponse #DéfiBradbury

La Réponse

Pour Sofia, la nuit était le seul moment où elle pouvait travailler convenablement. La journée était trop pleine de bruit, d’agitation et de lumière, et elle ne supportait plus ces stimulus qui troublaient sa concentration. Depuis 8 ans qu’elle avait commencé ce projet, elle était devenue un oiseau de nuit. Ce n’était pas un choix, mais une nécessité, et l’enjeu valait le sacrifice.

Experte en mathématique appliqué à l’astrophysique, Sofia avait consacré ses recherches aux théories unificatrices et plus particulièrement aux constantes cosmogoniques. C’est pour cela qu’elle restait nuit après nuit au laboratoire de l’université, lançant des opérations sur les gigantesques calculateurs soutenus par des clusters virtuels, espérant enfin obtenir la réponse à ses recherches.

La quête de Sofa l’avait coupé du monde. Elle ne sortait jamais, voyait peu ses amis ou sa famille, mais surtout, ne trouvait de l’intérêt à plus rien d’autre dans sa vie. Tout pour elle tournait autour de ses recherches, et chaque conversation avec elle finissait immanquablement sur ce sujet.

Ceux qui avaient connu Sofia avant ne comprenaient pas comment elle avait pu changer ainsi. Elle, de son côté, se moquait de ce que pensaient les gens, trop consciente de l’importance de ce qu’elle faisait pour se soucier dès qu’en dira-t-on.

L’indicateur de progression de la matrice de calcul glissait de manière monotone sur l’écran, indiquant à chaque fois que l’algorithme n’était pas valide via un simple message « Alg Err ». Ce message, Sofia ne cessait de le voir nuit après nuit, mais aussi dans son sommeil. C’était le symbole de son obsession, son Everest, et inlassablement elle s’acharnait à le défier. Lorsqu’une série de calcul était fini, Sofia réajustait la matrice et relançait la machine, avec toujours la même certitude que cette fois, elle allait trouver la réponse.

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Journal de bord – épisode 41 : la Chaîne du Chaos #DefiBradbury

La chaîne du chaos

C’est pour ça que je décidais de ne pas mentir.

A peine fut elle arrivé que je lui demandais de m’accorder quelques instants pour lui parler. Le doute me traversa. Elle était incroyablement belle dans cette robe bleue myosotis sans manche, assortie d’une ceinture à grosse boucle. C’était tout simple, mais élégant, parfaitement adapté… Oh mais à quoi je pense ?

Peut-être valait-il mieux ne rien dire ?

Elle me regardait avec un air étrange mêlant l’envie et la crainte, tirant en arrière une mèche de ses cheveux cendres derrière son oreille tandis qu’elle s’avançait. De ma main posée sur son épaule, je la ramenais contre moi avant de poser doucement mon front sur le sien. Nous étions si près l’un de l’autre que je pouvais sentir la chaleur de son visage irradier le mien. Mes lèvres s’approchèrent des siennes sans jamais les toucher, me laissant un frisson intense.

« attends… » dis-je « Je peux pas faire ça…
– Faire quoi ?
– Te mentir… te faire croire que… que je suis quelqu’un d’autre. T’es une nana super et tu mérites pas ça… »

Evidemment son regard changea. Ses pupilles dilatés signifiaient clairement sa surprise. Un peu de tristesse passa dans les contours de ses yeux, et sa lèvre inférieur se mit à trembloter.

« Mais de quoi tu parles ? tu me fais peur là !
– Je ne suis pas le patron de Lucas. Je t’ai dit ça parce que… Au début c’était un malentendu et j’avais peur qu’à cause de ça tu t’intéresses plus à moi. Je voulais juste te plaire et puis… au final c’est le contraire qui s’est produit.
– Comment ça ? »

Oui c’était dur à avouer.

« Au début c’était juste une attirance…
– Physique ?  » m’assénât-elle sans pitié mais avec raison
– Oui… je l’admets. Mais au final je me suis rendu compte à quel point j’avais été stupide, et à quel point c’était insultant pour toi. Et c’est pour ça que je te raconte tout ça, parce que si on était allé plus loin c’était un point de non-retour. »

Ses yeux dansaient de gauche à droite, comme reflétant les assauts des pensées qui devaient l’assaillir en cet instant. 

« Donc tu me dis que… tu m’as menti pour me mettre dans ton lit mais que finalement tu ne veux plus jouer à ça ?
– En quelque sorte
– Et tu voudrais que je te sois tellement reconnaissante te ta franchise que j’en oublie que tu m’as baladée en espérant me sauter ?
– Non. Je fais ça pour moi. Pour ne pas devenir ce genre de salaud.
– T’es conscient qu’en ce qui me concerne ça ne change pas grand-chose ?
– C’est un acte de foi. Je ne peux pas te demander ta confiance si je ne t’en donne pas des preuves de mon côté. »

Son visage s’illumina d’un sourire Continuer la lecture de Journal de bord – épisode 41 : la Chaîne du Chaos #DefiBradbury

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journal de bord – épisode 40 : Domo Arigato Mister Seismo ! #DefiBradbury

Domo Arigato Mister Seismo !

L’Enfer, lieu de perdition des âmes, brûlot éternel de la damnation…

C’est un endroit où ceux qui ont failli dans leur vie précédente attendent l’heure du jugement dernier. Autant dire qu’il y’a du monde !

Pourtant, l’Enfer n’est pas uniquement peuplé d’âmes perdues : il y’a aussi toute une foule de démon dévolue à de multiples taches et qui sont la force vive des administrations infernales. Que ce soient des conducteurs de bus faisant transiter les âmes vers leurs éternelles demeures, du personnel d’entretien chargé de nettoyer les lieux des vomissures lorsque les damnés ont un haut le cœur à la vue de la montagne des espoirs déçu de gain aux jeux, L’enfer grouillait de démon. Et comme si ça ne suffisait pas, il fallait garder en tête que beaucoup d’entre eux étaient affecté sur Terre pour semer le chaos, entretenant la guerre millénaire que se livraient le Ciel et l’Enfer pour la domination du monde.

Pour former ses démons aux diverses tâches qui les attendent, tout un système éducatif avait été mis en place, prenant en charge les démons dès leur plus jeune Age afin d’en faire de bon professionnel. Ainsi, l’académie infernale de Dis, la citée des Enfers, accueillait des écoliers, des étudiants et bien entendu des professeurs.

Ce matin, la classe des « petites gargouilles » (les 6-7 ans) était comme d’habitude calme et silencieuse, au grand dam du chef d’établissement monsieur Karlaloladidadam, démon des voix qui portent, qui se demandait ce qu’il allait faire d’eux. En effet, les petites gargouilles était la classe qui regroupait les plus mauvais élèves de tous l’établissement et qui avaient usé de fatigue plus d’un professeur.

Il scrutait la salle de classe du regard avec ses yeux jaune vif, tout en montrant ses crocs de sangliers d’un air menaçant…

« LES ENFANTS ! » dit-il en hurlant, seule façon qu’il avait de parler « UNE FOIS DE PLUS VOTRE PROFESSEUR MADAME LILIRASTROLIDOTETRODOLO NE SERA PAS là CETTE SEMAINE !
– C’est pask’elle nous aimes plus ? » demanda un petit démon tout bleu a l’air triste
– NON ! ELLE NE VOUS A JAMAIS AIME ! C’EST MAL D’AIMER ! VOUS ÊTES DES DÉMONS ! VOUS DEVEZ HAÏR !
– Mais moi j’aimes bien les céréales du cap ‘tain Vomito » reprit le petit démon « Du coup c’est mal aussi ?
– EXACTEMENT !?
– Mais si c’est mal alors… bah c’est bien dans ce cas ? vu qu’on est des démons et qu’on fait tout le contraire de…
– SA SUFFIT PETIT GREDIN ! »

Karlaloladidadam crispa le poing avec rage et se tourna vers la porte.

« TOUJOURS EST IL QUE VOUS AUREZ UN PROF REMPLACANT JUSQU’AU RETOUR DE MADAME LILIRASTROLIDOTETRODOLO, ALORS ESSAYEZ DE LE GARDER EN ETAT CELUI LA COMPRIS ? »

Toute la classe répondit « oui monsieur » en cœur.

Le chef d’établissement quitta la salle furibard, manquant de bousculer le remplaçant qu’il venait d’annoncer. Ce dernier entra d’un pas mesuré et se plaça devant le bureau, droit comme un I, les bras dans le dos. A la grande surprise des enfants, le professeur remplaçant ne ressemblait pas du tout à un démon. Il mesurait environ 2m et portait une armure futuriste couverte de diode électronique le tout surmonté d’un casque design bardé de plusieurs cornes acéré.

Les enfants se regardèrent avec étonnement, sans trop savoir quoi faire. Soudain le professeur remplaçant se retourna, écrivit sur le tableau et se retourna encore en pointant du doigt ce qu’il venait d’écrire :

« Les enfants ! voici mon nom ! »

Silence dans la salle.

Le professeur regarda ce qu’il venait d’écrire puis réalisa que les petits démons ne savaient pas forcément lire le japonais…

« Oh… mes excuses les enfants. Tant pis je vais vous dire ça à voix haute ! je suis… MISTER SEISMOOOOOO ! »

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Journal de bord – épisode 39 : Le bandit et le Lion #Bradbury

Le Bandit et le Lion

Depuis son plus jeune âge, Khal avait toujours été le plus fort. Il n’était pas juste plus puissant physiquement, mais il dominait aussi les autres par sa ruse, sa maîtrise du combat et son sang-froid. Et puis il y’avait cette magie latente en lui qu’il ressentait au plus fort des combats, et qui décuplait ses forces et le rendait aussi puissant que les guerriers de légendes. Ces talents auraient pu faire de lui un admirable soldat, voir même chevalier, mais la vie l’avait poussé sur des chemins plus sombres. Car même en étant fort, l’existence était difficile pour ceux qui n’étaient pas née sous une bonne étoile.

Brigand sans foi ni loi, Khal et ses compagnons sillonnaient le royaume de Cadren, pillant les voyageurs et détroussant les caravanes marchandes pour se remplir les poches. Khal en bon chef de groupe, était la tête pensante et avait su tirer le meilleur de ses amis : Tysslyn, un semi elfe aux origines incertaines, était un parfait éclaireur et un pisteur talentueux tandis que Braldarg, un humain qu’on aurait pu prendre confondre avec un troll tant il était massif, assurait une force de frappe sans égale.

Et c’est ainsi que lui et ses acolytes se retrouvèrent dans une auberge de seconde zone dans un quartier mal famé de Rhen Varat, la célèbre cité de l’Est, pour célébrer leur dernier coup… et préparer le prochain.

« Je lève mon verre à notre bonne fortune les amis ! » Dit Braldarg déjà rendu fort joyeux par l’alcool
– Moi de même ! » renchérit Tysslyn de sa voix calme « Que cette belle journée perdure à jamais ! »

Les deux brigands cognèrent leurs choppes l’une contre l’autre et attendirent une réaction de la part de Khal, mais ce dernier resta le regard perdu dans les volutes de son hydromel.

« Khal : qu’est-ce qu’il t’arrive encore ? » demanda Tysslyn
– Rien… j’en ai juste assez de cette ville… » répondit Khal d’un ton terne.
– Alors ça c’est la meilleure : et depuis quand Rhen Varat et ses arènes te révulsent à ce point ? » relança Braldarg
– Depuis que vous deux pauvres idiots vous complaisez dans votre médiocrité ! »

Le ton brusque de leur ami surpris les deux bandits qui s’échangèrent un regard incrédule. Ce dernier se reprit et essaya d’être plus posé :

« Ce que je veux dire c’est que ça fait des mois qu’on se contente d’attaquer des petites caravanes… résultat nous ne ramenons que des clopinettes que ce marchand du Chemin d’Ombre nous rachète pour un prix ridicule !
– Tu exagères… » dit Tysslyn « On a pas à se plaindre…
– On devrait frapper plus fort ! » s’emballa Khal « et cibler une caravane Ocelot ! Rien qu’en prisme magique il y en aurait pour une fortune ! »

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