Journal de bord – Episode 26 : Docteur Qui ? #DefiBradbury

Docteur Qui ?

(cette histoire est une fanfic sur docteur Who dont le sujet m’a été proposé par les membres du forum « devenir écrivain » : merci à eux pour cette matière et pour le challenge !  Sinon sachez que je me base sur le Docteur version David Tennant (mon préféré) dans ce récit)

Une voix résonnait fort dans la tête du Docteur… ou bien avait-il un épouvantable mal de crane ? le genre de ceux qu’on mesure sur l’échelle de Richter et que vous vous ramassez après une soirée un peu trop arrosée dans un pub londonien.

« Docteur ? vous m’entendez ? »

Où était l’image ? oh ! bien sûr : encore fallait il ouvrir les yeux. Ce que le Docteur aperçut fut le plus beau ciel d’azur qu’il ait eu l’occasion de voir de sa pourtant très longue vie. Mille nuances du plus pur des bleu dansaient au dessus de sa tête, formant un spectacle si extraordinaire que le Seigneur du Temps en resta bouche bée. Il sentit sous ses doigts la fraîcheur d’un sol terreux couvert d’une herbe encore fine.

Le printemps ?

Encore groggy, il prit le temps de bien respirer, de sentir ses muscles retrouver un peu de tonus, et…

Une tête se pencha sur lui, le faisant sursauter d’effroi.

« N’ayez pas peur Docteur… »

La douce jeune femme qui venait de dire ses mots avait la voix la plus envoûtantes qu’il ait jamais entendu de… attendez… comment ça se fait que…

Mais qu’est ce qui se passe ?

« Mais qu’est ce qui se passe ? » se dit le Docteur pour lui même en se redressant. Il observa d’un coup d’œil les alentours : il se trouvait dans une sorte de jardin paradisiaque, ou la nature bien que libre et vivace suivait des lignes symétrique et trop harmonieuse pour n’être qu’un heureux fruit du hasard. Et puis il y’avait ces statutes, posé ça et là, toutes faites d’une matière lisse et noire comme le fin fond de l’univers.

La jeune femme posa sa main sur l’épaule du Docteur pour attirer son attention. Elle était glacée, à tel point que même a travers ses vêtements le Galiffreyien put le sentir et en frissonnât jusqu’au plus profond de son âme. Réalisant ce qu’elle avait fait, la jeune femme retira sa main et rabattit sur sa tête la capuche de sa tunique noir ébène.

« Pardonnez-moi…  » dit elle confuse « Je ne voulais pas vous effrayer.
– Euh… ne vous en faites pas, ça va aller, euh… auriez vous une idée de comment je suis arrivé ici ? D’ailleurs c’est où ici ?
– C’est moi qui vous ait conduit ici : j’ai besoin de votre aide
– Oh ? et bien ma foi… c’est quoi votre nom déjà ?
– Je m’appelle Mort… »

Et disant cela, la jeune femme retira sa capuche. Si on ne la fixait pas, c’était une belle jeune femme au teint de porcelaine et à la longue chevelure aussi sombre que le vide sidérale. Mais dès que le Docteur plongea son regard dans le sien, l’image de la jeune femme se troubla, laissant entrevoir à la place de ses yeux de larges orbites emplies de néant. Le froid que le Docteur avait senti se répandait tout autour de la jeune femme, accompagné d’un lourd sentiment de mélancolie.

Fort de son expérience d’aventurier spatio temporel, le Docteur resta calme et écouta avec attention.

« J’ai put créer un lien télépathique avec votre TARDIS pour qu’il m’aide à ouvrir une brèche dans le flux temporel. C’est lui qui actuellement maintient le point d’ouverture qui m’a permis de vous en soustraire et de vous donner substance dans ce monde »

Le Docteur sorti de sa veste son fidèle tournevis sonique et commença à l’agiter autour de Mort et de l’air environnant. Il fixa le voyant surmontant le mécanisme, et sans vraiment qu’on sache comment, en interpréta un résultat.

« Fascinant : il n’y aucun substra temporel ici… c’est un univers de poche c’est ça ?
– Non, ce n’est pas un repli dimensionnel, vous êtes ici dans un « mentaverse » : une zone de convergence des manifestations allégorique.
– Diantre… alors si je comprends bien, et sachez le :  je comprends toujours bien, cet endroit est un condensa des formes conceptuels. Surprenant, mais pas improbable… cela explique l’absence de flux temporel. Et donc si suis ce raisonnement… vous êtes donc véritablement la grande faucheuse ? »

Mort grimaça en se pinçant les lèvres

« Je n’aime pas trop ce surnom là.
– Pourtant c’est ce que vous faites : vous frappez sans discernement les vies pour les faire disparaître à jamais ?
– Etes vous déjà mort pour prétendre savoir comment je procède ?
– Hum techniquement oui, mais j’avoue que dans mon cas ça serait vous mentir de dire que je n’ai pas un peu tricher avec le protocole…
– Je le sais bien : vous les seigneurs du temps vous n’avez cesse de me tourner en bourrique avec vos régénérations.
– Vous aurais je vexée ? j’avoue avoir du mal à vous accorder quelques sympathies que ça soit, au vu du nombre de mes amis que vous avez « fauchés » et…
– Suffit » dit la Mort des sanglots dans la voix « Pensez vous que j’y retire quelques plaisir que ce soit ? imaginez vous une seule seconde qu’arracher un enfant qui vient de naître a ses parents m’apporte une quelconque satisfaction ? Et bien non ! Je ne suis qu’un instrument, et j’essaye de faire ma part du mieux qu’il soit.
– Dame Mort vous semblez savoir exactement qui je suis, et donc vous savez aussi que je suis un de vos plus farouches adversaires ?
– Vous vous trompez Docteur : nous ne sommes pas ennemis.
– Allons bon ? vous allez me dire qu’un docteur n’est pas l’ennemi naturel du trépas ?
– Du trépas, mais pas de la Mort en elle même. Vous luttez contre ce qui conduit à moi, pas contre moi même. N’ai je pas raison ? »

La réponse de Mort interpella le Docteur et lui fit dresser un sourcil.

« C’est un point de vu intéressant je dois l’admettre… fort bien : je vous accorde le bénéfice du doute dame Mort… ainsi donc vous m’avez solliciter pour que je vous aide ? et à quoi donc je vous prie ?
– A sauver le Mentaverse : un mal terrible s’y répand et s’attaque à nous !
– Quand vous dites « nous » je suppose que cela fait allusion aux autres allégorie qui arpentent ce charmant jardin ?
– Exact
– Donc selon ce postula je pourrais trouver dans les alentours aussi bien la Colère, la Poésie ou le Karaoké ?
– Le Karaoké est une des facettes de la Musique, mais c’est à peu prêt ça
– Fascinant… et donc vous dites qu’une menace pèse sur les allégories ?
– Oui, un virus… ou une maladie, je ne sais comment le définir, est en train d’attaquer tout les habitants du mentaverse.
– De quelle façon ?
– Je ne saurais vous le dire mais… soudainement les allégories se voient pétrifié et changer en ces horribles statues noires.
– Je vois… » dit le Docteur en leur adressant un regard rapide.
– Il faut trouver une solution : si le mentaverse disparaît alors la réalité sera irrémédiablement touchée dans des proportions dantesque.
– Ah les apocalypses… toujours aussi compliquée à résoudre ! Bon… écoutez Mort, vous m’avez convaincu. Je penses qu’en réalité je suis dans le TARDIS en train de faire une drôle de rêve suite à une mémorable soirée de beuverie, mais même si c’est le cas l’idée de sauver votre monde m’amuse ! alors vrai ou pas quelle importance ?
– Merci Docteur »

Ce dernier se releva de terre, épousseta sa veste et se dirigea vers la statue la plus proche, à moins d’une dizaine de mètre de là ou il était arrivé. Il approcha le tournevis sonique du monolithe noir et commença à le sonder de bas en haut.

Deux pas derrière lui, Mort l’observait silencieusement.

« J’ai peut être une bonne nouvelle Mort… heu… écoutez je vais avoir vraiment du mal à vous appeler comme ça. Ne pourrais je pas vous donner un nom plus… usuel ?
– Mes amis m’appelle Maureen
– Ah ! mais c’est parfait : très charmant en plus ! Je me sens plus à l’aise à l’idée de converser avec Maureen plutôt qu’avec… enfin l’autre nom quoi
– Je suis désolé… »

Le Docteur regarda Maureen remettre à nouveau sa capuche sur sa tête pour masquer son visage. Il imagina alors l’immense fardeau qu’elle devait porter et toute la haine que la Vie entière lui vouait. Et pourtant, elle était là a se démener pour aider les autres…

Le tournevis émis son habituel sifflement.

« Sapristi ! » s’écria le docteur les yeux rivés sur le voyant du tournevis « C’est bien ce que je pensais : vos amis sont prisonnier d’une forme de stase que je n’avais jamais vu avant… on dirait que quelqu’un ponctionne leur énergie à distance, mais ça ne les tue pour autant…
– C’est peut être parce que ici le temps n’a pas court ?
– Théorie intéressante Maureen » dit le Docteur par politesse « On va suivre le flux d’énergie, il nous conduira forcément à celui qui le ponctionne. On pourra alors trouver une façon de les délivrer »

Guidé par les indications du tournevis sonique, le Docteur s’engagea dans le jardin tout en restant aux aguets. Dans ce genre de situation, la menace pouvait tomber plus vite que la pluie en Ecosse.

Maureen qui était toujours derrière lui, semblait avoir peur.

« Ne vous vexez pas chère Maureen, mais je suis très intrigué de voir la Mort avoir peur ainsi…
– Je vous rassure Docteur, j’ai justement trop peur pour prendre ombrage de vos remarques dénuées de délicatesse… » dit la jeune femme en scrutant chaque buissons et chaque arbres.
– Je… excusez moi » dit le Docteur avec sincérité « C’est vrai que même si vous suscitez la peur la plus universelle de tous les univers, ça ne veux pas dire que vous y êtes immunisée
– Ravie de voir que 900 ans de voyage dans l’espace et le temps vous permettent de conclure en 10min ce qui devrait être une évidence pour quiconque ayant un cœur… Pourquoi êtes vous si hostile envers moi ?
– Je ne le sais pas moi même Maureen. Je pense en fait que la raison c’est que vous êtes mon reflet, celui de mes échecs et des mes fautes les plus graves… Allez : continuons »

Tapis dans l’ombre, une entité menaçante suivait Maureen et le Docteur. Ce dernier fit mine de ne pas l’avoir vu. Il ralentit le pas pour s’approcher de Maureen et lui susurra à l’oreille :

« Je pense qu’un humanoïde nous talonne depuis environ 5min…
– Je l’ai senti moi aussi. Qu’est ce qu’on fait ?
– Et bien… pour le moment il  semble simplement nous observer donc… autant rester calme et ne lui donner aucune occasion de s’en prendre à nous ?
– D’accord. Mais s’il attaque ?
– Et bien c’est là ou je voulais en venir… il faudrait si possible capturer notre poursuivant
– Mais comment ça ?
– Vous brûlez les étapes Maureen : je ne sais même pas à quoi nous avons à faire.
– Je pensais que vous aviez un plan !
– J’ai un plan : il est juste incomplet pour l’instant… Ne me regardez pas comme ça ! si vous avez fait appel à moi je suppose que c’est parce que vous m’avez vu agir ? vous ne devriez pas être surprise à ce point.
– Non je ne le suis pas. Je réalise juste à quel point les légendes sont vraies
– Allons bon ? des légendes sur moi ?
– Vous savez comment vous surnomment les Daleks ?
– Oui : « La tempête qui approche » ! un peu trop théâtrale à mon gout…
– C’est pourtant ce qui vous décrit le mieux Docteur. Vous êtes une puissance destructrice : votre pouvoir de nuisance est sans limite…
– Cherchez vous à me provoquer Maureen ? » coupa le Docteur dont le regard s’était assombrit
– Vous voyez ? cette force en vous qui commence à apparaître, et qui en un instant pourra tout balayer à la surface de cette planète…
– J’en viens presque à souhaiter qu’on nous attaque pour vous faire taire !
– Vous allez être exaucé… »

A peine le temps de comprendre qu’un homme en costume de pirate se balançant au bout d’un cordage percuta le Docteur à toute vitesse, le faisant s’écrouler lourdement sur le sol.

« Regardez ce que je te tiens ! » dit le pirate en se laissant tomber au sol tout en fixant le Docteur « tu seras mon plus beau trophée ! »

Maureen releva sa capuche et s’interposa entre le pirate et le seigneur du temps tandis que celui-ci reprenait son souffle.

« Dégage de là fillette : c’est pas toi que je veux, tu le sais !
– Laisse le, et dit à ton maître que c’est la dernière chance que je lui concède de quitter le mentaverse
– Sinon quoi ? tu vas lui envoyer le fameux Docteur ? »

Ce dernier qui avait reprit ses esprits se releva et invectiva le pirate avec véhémence :

« Hey là monsieur : dois je comprendre que vous me lancer un défi devant la Mort elle même ? Vous rendez vous compte qu’en ce moment je suis dans ces bonnes grâce ?
– Ça ne change rien foutriquet : c’est pas ta vie que je veux ! »

Le pirate dégaina son sabre, et de sa main libre tira de sa ceinture un étrange objet qui ressemblait à un injecteur à aiguille entièrement fait de métal. Sa surface était si poli qu’on aurait dit un miroir, et de son dard menaçant de 3 bon centimètre coulait un liquide vert sombre.

« C’est dommage… » glissa le Docteur à Maureen « dans mon TARDIS j’ai une superbe épée que m’a offert d’Artagnan en personne. Un type très charmant »

Le pirate hurla comme un forcené et se jeta sur le Docteur, sabre en avant. Arrivé à porté de sa cible, il lança un vif coup d’estoc que le seigneur du temps évita de justesse. Profitant du petit battement qu’il y’allait avoir avant que son adversaire ne puisse armer une nouveau coup, il lui attrapa la main tenant l’arme tout en surveillant celle tenant l’aiguille.

Le pirate était un solide gaillard, aux larges épaules et aux bras puissant bien que noueux. Engager le corps à corps n’avait pas été la meilleur des idées, mais elle permettrait au moins au Docteur de gagner un peu de temps, et à Maureen de s’enf…

L’homme s’écroula raide mort devant le docteur sans que celui-ci ne comprenne rien.

Du moins jusqu’à ce qu’il voit Maureen, la main encore tendu dans la direction du pirate. Une fois encore, elle masqua son regard sous les plis de sa capuche.

« Pourquoi vous avez fait ça ?! » hurla le Docteur « J’aurai pu trouver un moyen de le neutraliser !
– Il n’y en avait pas » dit sechement Maureen
– Il y’a toujours un…
– VOUS NE COMPRENEZ PAS !? Vous êtes si aveugle que ça ? Vous ne pouvez pas sauver tout le monde ! des gens doivent mourir, c’est comme ça !
– Non c’est faux : ce que vous avez fait est un choix, ce n’est pas une fatalité… vous n’êtes PAS une fatalité !
– Docteur… c’est vous qui alliez mourir : je sens ses choses là. Si j’avais agit comme je suis censé le faire, c’est vers vous que ma main aurait du se tendre. J’ai prit la vie de cette homme parce que pour une fois j’ai choisi de ne pas suivre ce que je suis censé faire. Comprenez vous l’importance que vous avez à mes yeux ? ne voyez vous pas les espoirs que je fonde en vous ? »

Le Docteur se passa la main sur la tête, tout à la fois furieux par ce qu’avait fait Maureen que bouleversé par ce qu’elle venait de lui faire comprendre. Et si lui aussi finalement portait un poids infiniment lourd sur les épaules ?

Cherchant a retrouver son calme, le Docteur décida de revenir a des pensées plus pragmatiques.

« Vous m’avez menti tout à l’heure pas vrai ? vous savez exactement ce qui se passe ici ?
– Oui, mais j’ai préférer rester prudente parce que je savais qu’on me faisais suivre
– Qui ça ?
– Celui qui dirige cette armée se fait appeler le Major…
– Une armée ?
– Ils sont des centaines, et ils arpentent le mentaverse pour injecter ce venin aux allégories. Ils appellent ça le « Bien copié » : c’est ça qui fige les miens »

Le Docteur ramassa l’injecteur et en fit l’analyse.

« L’injecteur en lui même n’a rien de particulier. J’ai vu des modèles comme ça dans 5 ou 6 galaxies différentes… par contre ce fameux venin… En fait c’était ça votre plan ?
– Quoi ?
– Vous aviez besoin d’un appât pour tuer un de ses hommes, et tant qu’a faire quelqu’un qui soit capable de vous dire ce que c’est que ce truc n’est ce pas ?
– C’est… une façon de voir les choses…
– Je crois que si un jour j’en venais à faire ce que vous faites je me détesterai…
– Vous avez déjà agit ainsi. Mentir à un mourant pour lui épargner la peur, tromper quelqu’un pour sa propre sécurité… allons Docteur ne vous faites pas plus vertueux que vous ne l’êtes ! »

Le Docteur resta interdit. Il fût étonné de constater que dans ce monde, ses souvenirs lui revenaient très facilement, et avec force de détails. Il pensa à Rose, et a ce qu’il n’avait jamais pu lui dire…

Le seigneur du temps abandonna l’injecteur sur le corps du pirate, persuader que la complexité de la structure physique de cet univers l’empercherait de faire une analyse rationnel.

« Docteur » demanda Maureen avec timidité « Je regrette sincèrement ce qui s’est passé…
– Quoi ? pour le pirate… ça me fait mal de l’admettre mais vous n’aviez pas complètement tort.
– Non je veux dire pour ce que je vous ai caché, et pour vous avoir… manipulé d’une certaine façon. Mais si j’ai fait ça c’est parce que j’avais confiance en vous. Sachez que je fais ça pour sauver mon monde et aussi le votre. Et si pour cela vous devez me voir à jamais comme une personne abominable et bien soit… ainsi soit il ! »

Dans un geste presque de défi, Maureen tira sa capuche en arrière et se tint droite comme un I. Le Docteur quant à lui l’observa avec minutie, et laissa paraître par un sourire en coin son admiration pour la force de caractère de la Faucheuse.

« Et bien si maintenant les choses sont clair entre nous, il me semble que plus rien ne nous retient de sauver votre monde ? » dit le Docteur sur un ton charmeur « A moins que vous ayez un dernier secret à me confesser ?
– En quelque sorte… » minauda Maureen « Depuis son arrivé notre ennemi à eu de multiple occasion de s’en prendre à moi, mais pourtant il ne l’a jamais fait… je ne sais pas pourquoi mais je suis persuadé que c’est lié à toute cette histoire. C’est comme si cet individu voulait que je subsiste… »

***

Après plusieurs minutes de marche a travers le Jardin, Maureen et le Docteur arrivèrent enfin à proximité de la source du flux d’énergie. Il s’agissait d’un gigantesque vaisseau spatiale en forme de navire pirate. Au dessus du mat, dressé à pas loin de 30 mètre du sol, flottait un drapeau marqué du célèbre symbole des flibustiers : une tête de mort au dessus de deux tibias en croix.

Au fûr et a mesure qu’ils s’approchaient, nos deux héros croisaient un nombre de plus en plus important de statues.  Mais ce qui inquiéta le plus le docteur, c’était que les traces dans le sol donnaient l’impression qu’elles étaient attiré vers le navire spatiale, certes à un rythme très lent, mais inexorable.

Étonnamment, aucun pirate ne gardait l’accès au navire. Le Docteur en déduisit que les assaillants étaient si sûr de leur force qu’il ne voyait aucun intérêt à défendre l’accès à leur bâtiment. Cela ravi le seigneur du temps, car l’orgueil était une faiblesse très facile (et utile) à exploiter chez ceux possédant une grande puissance de feu.

« Cette structure est ridiculement primitive » commentait-il tout en progressant « C’est un mélange de technologie Jostalienne et Brestamanarvienne… le pire des deux !
– Vous savez qui pourrait utiliser ce genre de mélange ? » demanda Maureen
– Quelqu’un qui vise avant tout à l’économie : ce sont deux approches basique qui ne coutent pas cher à produire et à entretenir.

– Et en plus nous avons à faire à un pingre…
– De la pire espèce qui soit : ceux qui économisent des bouts de chandelle ! » dit le Docteur en s’arrêtant devant une grille rouillé.

Il s’agissait d’une trappe de service qui servait à évacuer le stratométhane des réacteurs. Inactive à l’arrêt, elle offrait un passage directe vers les entrailles du vaisseau pour peu qu’on s’accomode de l’odeur piquante qu’offraient les résidus. Normalement ce genre de trappe se devait d’être sécurisé par une écoutille, de préférence codé numériquement, mais ici il n’y avait qu’un modeste cadenas en aggloméra d’aluminum, autant dire rien de bien difficile à briser lorsqu’on à un tournevis sonique.

Le Docteur prit les devant, suivit de Maureen, et se glissa prudemment dans la conduite. Le tournevis entre les dents en guise d’éclairage, il progressait à tâtons, espérant tomber le plus vite possible sur une sortie avant de perdre le sens de l’orientation. Il fût exaucé lorsqu’une trappe auxiliaire apparut à sa droite, laissant entrevoir une des salles du vaisseau qui devait visiblement servir à du stockage.

Avec la même facilité que pour la précédente grille, le Docteur força le passage. Il aida Maureen a descendre de la conduite, qui se trouvait à environ 2m du sol, et entreprit de fouiller les différentes caisses qui se trouvaient autour d’eux. Il ne s’attendait surement pas à ce qu’il allait y trouver…

« Étranges… il n’y a que des livres et des DVD en provenance de la Terre ! » dit le Docteur tout en continuant sa fouille. « Qu’est ce que des pirates de l’espace peuvent faire avec tout ça… et quel est le rapport avec vos amis ? » demandat’il a Maureen.

La jeune femme, pas plus capable que lui de comprendre haussa les épaules et aida à la fouille, même si le résultat fût peu concluant.

Les deux intrus décidèrent de continuer leur progression, espérant pouvoir trouver le Major rapidement. Ils ne croisèrent personne, et aucun signe de vie ne laissait envisager qu’un équipage vive dans le navire. Le Docteur pensait que le navire avait un système robotique qui s’occupait des bases besognes, mais dans ce cas où étaient les pirates que Maureen prétendait avoir vu ?

C’est après plusieurs minutes de déambulation que Maureen et le Docteur arrivèrent finalement devant un très grand sas qui portait la mention de « War Room ». Un coup de tournevis sonique plus tard, le sas s’ouvrit dans un lourd grincement, révélant… une salle de conférence digne de la City de Londres.

Les murs de chaque côtés donnaient sur de grandes baies vitrées, elles même laissant voir le jardin et offrant une superbe lumière naturelle. la pièce, immense et large comme le vaisseau, ne comportait en son centre qu’une longue table de conférence en verre entouré de chaise design en forme d’oeuf. Au bout de la table, présidait un jeune homme en costume noir qui tapait frénétiquement sur un ordinateur portable tout en répondant au téléphone via son oreillette…

« …et bien vous leur direz que c’est la clause que nous avions défini et que s’il ne sont pas content ils régleront ça avec nos avocats… mais oui je sais que c’est un vide juridique ! vous croyez que cette entreprise est fondé sur quoi ? bon écoutez je vous laisse géré ça… j’ai des clients »

Le jeune homme rabaissa l’écran de son ordinateur et se leva pour accueilir ses invités.

« Maureen ! enfin on se rencontre : ça faisait des semaines que je cherchais à vous contacter !
– Qui êtes vous !? » demanda la Mort, la voix pleine de fureur
– Hum… je manque à tous mes devoirs : excusez moi c’est à force de trainer avec tous ces pirates… Je suis le Major, et vous êtes sur mon vaisseau amiral. Oh ! mais vous devez être le fameux Docteur ? »

L’intéressé ne répondit que par un froncement de sourcil.

« Oula : en voila de bien méchant regard ! Mais je vous comprends… mais asseyez vous confortablement nous allons discuter de tout ça et…
– Vous allez surtout nous dire ce que vous faites aux habitants du Mentaverse ! » dit le Docteur « et surtout vous allez nous dire comment leur rendre leur état initial »

Le Major réajusta sa cravate et soupira.

« Il semble évident que je perdrais mon temps à argumenter pas vrai ? bien… dans ce cas je vais être un peu plus radicale et ne pas vous faire languir plus longtemps Docteur. J’ai conquis le Mentaverse et je vais en jouir comme il me siet, que ça soit de cette formidable vue ou bien de ses habitants. Vous pouvez soit coopérer soit être soumis, mais dans aucun cas vous ne pourrez me stopper… »

Le Docteur jeta un regard sur Maureen. Elle était terrifiée et tremblait.

« Oh vous comptiez sur elle pour me vaincre Docteur ? je suis désolé de vous dire que votre amie à un léger soucis qui l’empèche d’agir contre moi…
– Docteur pardonnez moi… » dit Maureen en sanglot

Le seigneur du temps dégaina son tournevis sonique et le pointa vers le Major, mais aussitôt il grilla dans un éclair d’étincelle, obligeant le Docteur à le lâcher.

« De la même façon que Maureen est impuissante ici, votre célèbre gadget ne vous sera d’aucune utilité. Maintenant laissez moi vous injecter ceci que je puisse reprendre ma conférence téléphonique voulez vous ? »

Le Major sorti de sa poche un injecteur de « bien copié »

« Si vous ne résistez pas ça ira vite, et je vous promets que vous ne souffrirez pas…
– M’accorderez vous une dernière faveur ? » demanda le Docteur
– Ne vous inquietez pas pour elle, je ne lui ferait rien.
– Je voulais surtout connaitre le fin mot de tout ça… »

Le Major éclata de rire.

« C’est vrai qu’en tant que méchant de cette histoire je devrais vous faire mon monologue et vous donner l’occasion de prendre l’avantage…
– Mais vous ne le ferez pas n’est ce pas ?
– Non, en effet. Je suis un homme fonctionnel avant tout, et je ne prends pas de risque.
– Alors dans ce cas… »

Le Docteur attrapa Maureen par le cou et s’en fit un boulier.

« Que diriez vous si je lui brisais la nuque ? ça serait intéressant de voir si la Mort peut mourir ?
– Non attendez ! » dit le Major paniqué « ne faites pas ça !
– Pourquoi ? parce que ça contrarirait votre plan ? désolé mais sans le connaitre j’ai un peu de mal a voir où est le mal…
– Arretez vous êtes cinglé ! si vous tuez la mort vous aller briser tout le Mentaverse !
– Et ça vous dérangerais pas vrai ? vous et votre Copyright hein ? »

Le Major resta bouche bée..

« Vous avez deviné ?
– Evidement ! lorsque nous avons trouvé tout ces livres et ses films, ça m’a mit la puce à l’oreille. C’est un plan très brillant Major : conquérir le Mentaverse c’est l’ultime moyen de conquérir le monde. En leur injectant votre Copyright, vous paralyser les idées et les refaçonné à votre sauce. Vous empéchez quiconque d’avoir du pouvoir dessus, et donc vous devez invincible. C’est pour ça que Maureen ne pouvait pas vous faire de mal : parce que vous l’aviez déjà Copyrightée !
– Vous le saviez aussi ? mais pourquoi l’avoir suivie ?
– Parce que c’était la seule façon de vous atteindre Major. Depuis le début j’ai remarqué que vous nous observiez, que ça soit avec votre faux pirates ou bien toutes les satutes qui étaient devenues vos sentinelles… c’était astucieux, avec ça vous pouviez controler à vous seul le Mentaverse en transformant chaque allégorie en votre serviteur. Mais il fallait que la mort rode, parce que c’est une idée plus particulière que les autres. Il faut qu’elle soit libre pour pouvoir servir à effrayer les gens. Mais si elle venait à disparaitre, toutes les allégories et toutes les figures de l’esprits, les Dieux, les héros… ils n’auraient plus eu aucune valeur. Débarassé de la mort, la vie n’aurait plus eut aucun sens, aucune valeur ! C’est bien ça que vous faites Major ? vous spéculez sur la valeur de la vie hein ? »

Le Major posa l’injecteur et leva les bras en signe de rédition.

« Bravo Docteur : brillant, astucieux… vous êtes à la hauteur de votre légende. Mais… si je ne peux pas vous ajouter à ma collection je vais devoir vous faire mourir… Maureen ! réglez lui son compte ! »

Maureen se dégagea de l’éteinte du docteur et se transformant en une brume noire, puis réapparut instantanément en face de lui. Elle tendit le bras, tremblotant comme si elle luttait contre elle même.

« Vous pouvez résister Maureen. Vous n’avez pas à être un accessoire. La Mort n’a pas à être au service d’un mauvais narrateur qui veut se débarrasser d’un personnage !
– Je… je ne peux pas…

– Si vous pouvez ! je vous l’ai dit Maureen vous n’êtes pas une fatalité : vous n’êtes pas la fin de tout, et encore moins un être maléfique. Vous êtes celle qui soulage les malades, et qui donne à la vie toute son importance. C’est lui qui l’a dit : sans vous rien n’aurait de valeur ! Regardez moi Maureen ! ne cédez pas !
– Le copyright me brûle de l’intérieur ! Il… il me pousse à agir ! il remplace mon esprit !
– Luttez Maureen ! Vous êtes plus forte que ça ! »

Le Major s’amusait de voir la Mort lutter ainsi contre sa propre nature

« Vous ne faites que prolonger son agonie Docteur… si vous voulez faire preuve de compassion laissez la vous tuer…
– Vous silence ! vous êtes le prochain sur ma liste ! Maureen : si vous lui cédez c’est lui qui deviendra la Mort. Il décidera de qui vit et de qui meurt.
– C’est un peu ça l’idée… » renchérit le Major

– Oh vous ! la prochaine fois que je vous entends je vous scelle la bouche avec un affiquet… Oh ! c’est ça Maureen ! tenez bon j’ai trouvé ! »

Le Docteur ramassa son tournevis et vérifia qu’il avait fini de se régénérer. Il visa l’ordinateur du Major et appuya sur le bouton d’activation ce qui projeta une onde sonore qui vrilla les tympans à tout le monde et brisa toutes les vitres

Comprenant ce qui s’était passé, le Major ce précipita sur son ordinateur pour essayer d’arrêter le Docteur. Mais c’était trop tard…

« Non ! NOOOOON ! Qu’avez vous fait à mes précieux Copyright !
– C’était l’évidence même : vos copyright était controlé par l’ordinateur, or une machine comme ça n’est pas capable de gérer des allégories, et du coup elle ne pouvait pas valider les copyright à l’infini. Oh bien sur vous aviez prévu le coup et mis une durée extravagante… mais voila je suis un seigneur du temps, et l’altérer et ma spécialité : vos précieux copyright ont tous expiré et les scellés ont été révoqué : toutes les allégories font donc partie du domaine publique et ce à tout jamais ! »

Le Docteur aida Maureen a se relever.

« En général c’est à ce moment là que tout explose : filons d’ici ! »

Laissant le Major devant son écran listant les incommensurables pertes qu’il avait enregistré, Maureen et le Docteur se précipitèrent vers la sortie.

***

En dehors du vaisseau, les statues commençaient à se fissurer, redonnant la liberté à leurs prisonnier. Maureen allait vers chacune d’elle, enlaçant tour à tour, Liberté, Amour, Désir, Chanson, Enfance, Valétudinaire… toutes les allégories qui petit à petit se débarrassaient du carcan du copyright.

Le Docteur observait la scène au loin, avec un sourire malicieux.

C’est alors qu’un petit garçon arriva près de lui et lui dit :

« C’est vous le Docteur ?
– Oui c’est bien moi. Et toi jeune homme qui es tu donc ?
– Je suis Espoir : merci de m’avoir délivré ! »

Espoir reparti à toutes jambes vers les siens, laissant le Docteur ému aux larmes.

Lorsque les embrassades furent finies, Maureen retourna le voir

« Et bien Docteur, vous avez fait une rencontre intéressante ?
– Ce n’est pas tous les jours que l’Espoir lui même vous remercie

– Oh… ce n’est pas tous les jours non plus qu’un Docteur sauve la Mort pas vrai ? »

Maureen enlaça le Docteur. Il n’y avait plus de froideur en elle, tout juste un peu de mélancolie.

« Maureen, merci.
– Merci pour quoi ?
– Pour avoir prit soin de mes amis comme de mes ennemis… Pour être là pour tous. Incroyable hein ? le Docteur qui loue la compassion de la Mort
– Docteur, cela fait longtemps que nous voyageons ensemble vous et moi. J’espère juste que maintenant ma présence vous sera plus supportable.
– Je l’espère aussi. En tout cas je n’aurais plus peur de vous… seulement de ce qui mène à vous.
– Voila des paroles bien sage mon ami.

– Je vais devoir partir n’est ce pas ? je ne pourrais pas rester ici un peu ?
– Vous etes déjà là Docteur… » dit Maureen en désignant quelqu’un dans la foule des allégories.

Le Docteur plissa les yeux, et effectivement il put voir un homme qui lui ressemblait étrangement…

« Mais… qui est ce ? » demanda le Docteur stupéfait
– Il s’appelle Héros… » Dit Maureen tandis que le Docteur disparaissait petit à petit et que le flux temporelle reprenait son cours.

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