Journal de bord – épisode 30 : Rony et Juli #DefiBradbury

Rony et Juli

Le mois de juin à Los Angeles avait lieu l’un des plus grand salon du monde, l’Electronic Entertainement Expo (exposition des loisirs électroniques) plus connu sous le nom de E3. Il avait lieu dans le gigantesque Los Angeles Convention Center (LACC) dont les 67 000 m² de surface devenaient le temps d’un week end le plus grand terrain de jeu pour geek existant.

Entre les grands pontes du milieu qui venaient faire leurs annonces pour les produits phares à sortir l’année à venir et les petits nouveaux qui voulaient rafler la mise en présentant une innovation qui attirerait les investisseurs, on trouvait de tout à l’E3, du jeu vidéo triple A violent et fun en passant par la casserole wifi qui contrôle la température de l’eau afin que les pâtes soient parfaitement « al dente ».

Réservé aux professionnels, le salon (qui avait fini par ouvrir partiellement ses portes au grand public) restait un événement pour les initiés et les gens du milieu, et les stands n’étaient pas seulement là pour faire joli et titiller la foule, mais bel et bien pour faire du business.

C’était la première fois que Rony se rendait à l’E3, et il était d’autant plus nerveux qu’il n’y venait pas comme visiteur mais comme exposant. Cadre Junior pour une filiale de Sony, il était chargé d’encadré le segment « jeux vidéo » et de faire des démonstrations aux investisseurs tandis que le reste de l’équipe validerait des partenariats et des opérations marketings. C’était à lui de mettre en avant les qualités des jeux et notamment ce qu’ils avaient de plus que la version concurrente de chez Microsoft.

Car lorsqu’on parlait de « guerre des consoles » il ne s’agissait pas d’une métaphore : c’était une lutte à mort entre les deux camps pour faire prédominer son support.

Rony avait toujours connu cette situation d’ambivalence dans le milieu. Lorsqu’il était gamin, c’était déjà la lutte entre Nintendo et Sega : la console blanche contre la console noire. Qu’est ce qui avait changé en 20 ans ? pas grand chose si ce n’est le nom des protagonistes, et au final il y’avait toujours ce dilemme : console noire ou console blanche.

Les affaires de Sony avait pris un tournant lorsque le dernier bébé de la concurrence c’était méchamment vautré, assurant la prédominance de la machine japonaise. Et à quoi était dû cette chute ? Clairement à un manque de titres phares. C’était tout l’enjeu de la présence de l’équipe de Rony sur l’E3 : rester les meilleurs en aillant les meilleurs partenariats. Animer le stand n’était pas tout : il allait falloir remplir son carnet d’adresse, tisser des liens avec les bonnes personnes et surtout, surtout ne laisser en aucune façon une chance à la concurrence de faire la même chose.

Le directeur du service communication, Mr Escal avait bien insisté la dessus : pas de prisonnier, pas de fair play, il fallait discréditer l’ennemi et s’accaparer toutes les opportunités. Le marché était prêt pour que l’hégémonie de Sony devienne une réalité au point de reléguer les autres acteurs à des rôles secondaires.

Pour Rony c’était une vision un peu extrême. Lui était plutôt partisan d’une saine concurrence, vecteur d’émulation mutuel et de liberté pour le client. Mais c’était le genre d’opinion qu’il ne voulait pas afficher  de peur se faire virer.

En bon petit soldat, Rony allait représenter sa compagnie sans faire d’histoire.

***

JOUR 1

Les stands étaient prêt depuis une semaine au moins mais lorsque Rony arriva sur place il ne put s’empêcher de revérifier encore une fois que tout était opérationnel. Arrivé une heure en avance, trop anxieux qu’il était pour dormir, il voulait à tout prix que ce salon se déroule sans anicroche. La responsable du stand, Madame Monsharp, arriva avec le reste de l’équipe et félicita Rony pour son zèle, ce qui lui valut quelques regards noirs de la part de Mercutio et Ben, ses deux collègues mais néanmoins amis.

« Alors comme ça tu veux bien te faire voir de lady Monsharp Rony ? » demanda Ben faussement aigri « C’est cool mais on passe pour quoi nous ?
– Désolé les gars… j’étais trop nerveux, fallait que je fasse un truc pour me changer les idées
– Aller t’en fais pas va… » répondit Mercutio paisiblement « on trouvera bien une façon de se venger…  »

Les trois collègues rirent de bon cœur et se mirent en place, prêt à recevoir le flot des visiteurs qui allait déferler d’ici une demi heure.

***

Le stress des débuts était en train de retomber pour Rony : l’activité allait bon train, et il avait largement de quoi s’occuper pour oublier ses appréhension. Sa zone d’action couvrait 32 positions de jeu équipées chacune d’un grand écran, d’une console, et d’un jeu de démonstration. C’était à lui d’installer les journalistes, de les briefer sur le titre qu’il allait leur présenter, et de leur remettre le dossier de presse adéquat. C’était aussi à lui de garder un œil sur l’horloge afin que les positions ne soient pas monopolisé par les même personnes trop longtemps.

Rony se sentait bien : il maîtrisait son sujet, gérait parfaitement les timings et mieux encore : il était heureux de vivre cet événement qu’il n’avait connu que par les magazines et les vidéos sur internet. C’est pour cela qu’il fût surpris lorsque Mercutio vint le remplacer en milieu de matinée.

« Aller champion, tu es libre ! » dit Mercutio en levant la voix pour couvrir le son surpuissant des amplis qui diffusaient de la musique d’ambiance et le bruit de la foule.
– Quoi déjà ? mais il est quelle heure ?
– ha ha ! regardez ça : le p’tit Rony est tellement sur un nuage qu’il n’a même pas vu le temps passé !
– Tu sais, si tu veux je peux prendre ton tour ? » proposa le jeune homme
– J’aimerai bien mais tu sais que la mère Monsharp veut que tout le monde visite qui-tu-sais dans la matinée pour qu’on s’adapte si besoin »

C’est presque avec déception que Rony laissa sa place sur le stand à Mercutio. Il passa voir Ben pour qu’il lui conseille quoi aller voir en premier, puis signala à madame Monsharp qu’il allait faire sa visite. Cette dernière lui demanda de retirer son gilet portant le logo de l’entreprise afin d’être plus discret s’il devait aller espionner les stands concurrents.

Pas certains que cela fût une attitude très éthique, Rony se plia cependant à la demande de sa patronne et laissa son gilet au vestiaire avant de déambuler dans le salon.

Bon sang cette fois il y était : le saint des saints du high tech, là où le futur se conjuguait au présent et où seuls quelques élus pouvait voir avant les autres de quoi demain sera fait. Partout des écrans gigantesque, des installations bourrées d’électroniques, et une profusion de son à vous donner le tournis.

La foule était relativement dense, mais c’était autre chose que les salons comme le comicon où il était impossible d’avoir plus de 5cm d’espace vital. Rony compara cela à une rue passante un jour de semaine.

Si d’abord il visita les stands voisins de façon un peu impulsive, se laissant guider par son instinct sans trop réfléchir, Rony estima qu’il devait s’organiser et faire des choix : même les visiteurs les plus acharnés ne pouvait pas visiter l’intégralité des stands, il lui serait donc d’autant plus impossible de le faire vu le travail qui l’attendait. Utilisant une application créer spécialement pour l’événement sur son téléphone, il lista les stands qui l’intéressaient et commença à les visiter en optimisant le plus possible ces déplacements.

Malgré le côté labyrinthique du LACC rendu encore plus complexe par les stands, Rony parvint à faire toutes les visites qu’il tenait absolument à faire en moins de 2h. C’est là que la fatigue se fit sentir : le stress qui le maintenait en action avait disparut, et la fatigue cumulée était en train de frapper. Le jeune homme décida de s’accorder une pause et de prendre une boisson fraîche : un peu de sucre serait parfait pour se remettre en jambe !

Rony quitta la zone d’exposition et se rendit dans la zone « staff ». C’était une sorte de territoire neutre où les exposants pouvaient se restaurer et faire une pause loin de leur stand. Il y’avait là des boissons à disposition, la possibilité d’acheter des sandwichs, et surtout un accès vers une des grandes terrasses extérieurs.

Sans se faire prier, le jeune cadre attrapa un soda et s’installa sur un des bancs de plastique beige. Il avala bruyamment plusieurs gorgées avant de lâcher un soupir de soulagement. Dieu que ça faisait du bien !

Le ciel bien dégagé laissait le soleil cogner, incitant la plupart des personnes se trouvant dans la zone « staff » à se mettre à l’ombre. Mais Rony lui préférait rester sur son banc, trop content de profiter du beau temps de Californie.

« Dites : vous me faites une place ? » demanda gentiment une voix sur sa droite

C’était une jeune femme d’une vingtaine d’année, dont les longs cheveux blonds étaient attaché par une queue de cheval. Elle portait un pantalon en coton ultra moulant gris clair, des baskets grises à la semelle blanche, parsemée de petits motifs rouges et un tshirt blanc très ample  sur lequel était représenté le légendaire symbole de Batman.

Rony ne trouvait pas ses mots. La jeune femme était très belle, mais ce n’était pas ça le problème. Depuis qu’il était à Los Angeles, il en avait vu des filles « canon » a la plastique parfaite. Mais là, c’était indescriptible : cette jeune femme n’était pas juste une simple beauté charnelle, non, il se dégageait d’elle quelque chose de lumineux, comme une pierre précieuse étincelant dans la nuit. Sa chevelure solaire encadrait son visage d’ange qui resplendissait au milieu des nuages. Ses lèvres délicates et fines, dessinaient un sourire qui aurait brisé le plus dur des cœurs. Rony parvenait à sentir les effluves de son parfum où se mélangeaient des notes fraîches et printanière avec la douceur du miel. C’était comme si Dame printemps en personne lui avait demandée avec la voix douce du murmure de la nuit de la laisser prendre place à ses côtés…

« Hé ho ?
– Hein ? » sursauta Rony qui s’était perdu dans ses pensées à force de fixer la jeune femme « euh oui pardon excusez moi : j’suis un peu… mais installez vous ! » dit il en se décalant.

Elle s’installa tranquillement, ouvrit son soda et en avala plusieurs gorgées avant de lâcher un soupir de soulagement.

« Dieu que ça fait du bien ! » dit elle « J’ai cru que j’allais mourir dans cette fournaise… hey : vous aussi vous prenez du Lemon Joy ? » demanda t’elle en regardant la canette dans la main de Rony « Je croyais être la seule personne sur terre à aimer ce truc !
– Vous plaisantez : c’est moi le fan ultime de Lemon Joy. Je suis même du genre a aimer leur version spéciale qu’ils sortent pour les fêtes… vous savez la version à la cerise ?
– Oula, alors en effet c’est vous qui êtes le plus extrême… Au fait moi c’est Juli » dit la jeune femme en tendant la main
– Enchanté Juli : moi c’est Rony. Je travaille pour…
– Hum… non non non s’il vous plait, me parlez pas de boulot : ici c’est la zone off. Je vais devoir retourner dans la fosse aux lions d’ici 20 min alors laissez moi profiter de ce beau soleil… »

Juli contempla le ciel, les épaules calé sur le banc.

« Dites Rony : vous trouvez pas ça dément que des centaines et des centaines de personnes s’enferment là dedans pendant 3 jours alors qu’il à tout ce soleil dehors ?
– J’avoue que je n’y ai jamais réfléchit… Peut être que le monde entier préfère se fabriquer du soleil digital qu’on peut vendre par la suite.
– Parfois les gens me fatiguent vous savez. Et attention, je ne veux pas que vous pensiez que je suis une misanthrope… c’est juste que…
– Que parfois on se demande ce qu’on fait là ?
– Oui… exactement ! on se dit qu’on est pas à la bonne place, et qu’on pourrait avoir tellement mieux dans la vie que ce qu’on nous vends.
– Je vois ce que vous voulez dire. Parfois je me dis que je devrais tout lâcher et ouvrir une boutique de bande dessiné.
– Vous êtes branché BD ?
– Carrément : et vous ? »

Comme seule réponse, Juli tira sur son tshirt pour mettre en avant le logo du chevalier noir. Rony lui essaya de ne pas fixer exagérément la poitrine de la jeune femme.

« Bah oui je suis bête… donc vous êtes plutôt DC ?
– Disons que je fais une exception pour le plus grand détective du monde… Je suis plus brancher Marvel en fait. Et vous ? à qui prêtez vous allégeance ? la Ligue des justiciers ou les Vengeurs ?
– Les Vengeurs !
– Côte Est ou côte Ouest ?
– Côte Est évidement
– Et votre héros préféré ?
– Chez les vengeurs vous voulez dire où en général ?
– C’est comme vous le sentez
– Et bien chez les vengeurs ça serait Iron Man…
– Parce qu’il à plein de gadget hein ? » demanda Juli d’un air complice
– Carrément ! On ne s’en rend pas compte mais la technologie nous a tous donner des supers pouvoirs ! regardez le téléphone : c’est un moyen de se parler à distance c’est comme…
– … de la télépathie ! »

Juli et Rony se regardèrent en souriant : le courant passait clairement bien entre eux deux.

« Et vous ? » demanda Rony « C’est qui votre héros favori ? Attention : quand je dis héros ça peut être aussi une héroïne.
– Quand j’étais petite, j’étais fan de Wonder Woman… vous savez la vieille série avec Linda Carter. Y’avait une chaîne du câble qui repassait ça en boucle, et moi je la trouvais si… whaouou. C’était elle qui sauvait le mec, et pas l’inverse. Bien sûr c’était encore super macho mais… disons que c’était la première fois que je voyais une nana se battre et être plus forte que des gros balourds. Après en grandissant, je suis passé aux trucs japonais, et là…
– Ne me dites rien : Motoko Kusanagi de Ghost in the shell ?
– Vous m’épatez : comment vous avez deviné ?
– Je sais pas… disons que je vous voyais mal dans la peau de Sailor Moon »

Éclats de rires

« Dites pas ça : y’a 2 ans j’ai fait un cosplay de Sailor Venus en convention !
– Vous avez du faire de l’ombre à toutes les concurrentes. Vous êtes faites pour ce costume
– On parle bien de la tenue d’écolière japonaise avec des talons haut ? » demanda Juli moqueuse

Le bip du téléphone de Rony cassa l’ambiance. C’était l’alarme que je le jeune homme avait réglé pour ne pas être en retard.

« Arf… la voix de son maitre : désolé je vais devoir y aller…
– On se retrouve à la prochaine pause ? » proposa Juli
– Bonne idée oui ! comme ça on pourra creuser cette question de costume d’écolière »

Les deux jeunes gens s’échangèrent leur numéro respectif afin de pouvoir prendre leur prochaine pause ensemble.

Ce petit moment qu’ils avaient passé leur avait laisser un agréable sentiment, la sensation simple d’être heureux parce qu’on s’est senti bien avec quelqu’un. Dans un environnement aussi oppressant que le salon de l’E3, c’était tout bonnement inespéré…

***

De retour à son poste, Rony ne chôma pas : il avait encore un peu de temps avant de retourner s’occuper du stand et le mit à profit pour réviser ses fiches produits et aider madame Monsharp à faire le bilan des premiers deal de la matinée.

La « moisson » avait été très bonne, et des idées de projets avaient germés sur les coins de table. Rien d’officiel, juste des rumeurs et des « et si ? », mais c’était ce genre de conversation qui faisait 2 ou 3 ans plus tard les gros hits qui s’affichaient en tête des ventes. Madame Monsharp avait été ravie du travail de Rony. Elle loua son sérieux et lui prédit un grand avenir dans l’entreprise s’il maintenait ce cap.

Durant la période entre 13 et 14h, l’équipe fit relâche et laissa le stand au bon soin des stagiaires qui animaient les positions de jeu. Les gros clients étaient tous parti déjeuner, il n’y avaient donc au pire que des journalistes de seconde zone, trop « petit » pour avoir un pass vip.

Tous déjeunèrent dans le petit local qui leur avait été aménager et qui leur servait tout autant de vestiaire que de salle de réunion improvisé. La trêve fut de courte durée, et tous retournèrent au travail à peine leur café avalé.

En ce début d’après midi, la foule avait sensiblement augmentée, et cette fois toute l’équipe était sur le pied de guerre. Il fallait sans arrêt aller d’une station à une autre, installer les journalistes aux bornes de tests et répondre avec précision aux questions.

Au bout d’un moment, Rony sentait qu’il perdait le fil. Il devait regarder ses fiches pour ne pas se tromper, et avait parfois besoin de demander de l’aide à Ben et Mercutio. Ces derniers se rendaient bien compte que leur camarade avait besoin de faire une pause, et ils lui proposèrent de le remplacer afin qu’il puisse se prendre 15min.

Rony n’en demandait pas tant : il quitta son poste sans même retirer son gilet au logo de la marque et envoya un message à Juli pour l’inviter à le rejoindre dans la zone du staff.

Une fois sur place Rony ne s’installa pas, ni ne prit de boisson. Il trépignait, tournait, virait, et cherchait en permanence Juli du regard. Ce n’est que lorsque celle ci apparut dans le zone du staff qu’il se calma.

« Alors : comment ça se passe l’après midi ? » demanda Juli « c’est pas encore trop submergé sur votre stand ?
– Et ben… disons que ça va, avec mes collègues on s’entraide et… On pourrait se dire « tu » ? » demanda soudainement Rony

Juli acquiesça

Les deux jeunes gens finirent par parler de tout et de rien, sans ce soucier du salon. Ce qui à la base était une bulle d’oxygène dans une journée chargée devint une rencontre, du genre de celles qui façonnent les amitiés à jamais.

Juli était une jeune femme passionnée, et bien que son côté geekette donnait l’impression qu’elle était soumise aux clichés du genre, ce n’était qu’une façade qu’elle affichait pour se faire accepter. Depuis toujours en proie à la solitude , elle avait trouvé via ce biais un moyen d’aller vers les autres, sans jamais vraiment pouvoir s’ouvrir complètement.

Du moins jusqu’à maintenant…

Auprès de Rony, elle se sentait à l’aise. Il ne la regardait pas juste comme une jolie chose, même si elle sentait poindre du désir dans ses yeux lorsque ceux ci s’aventurait sur les courbes de son corps, et surtout il l’écoutait, et mieux encore : il ne la jugeait pas.

Le charme du jeune homme distilla lentement en Juli un doux sentiment d’attirance. Elle était subjuguée par sa prestance, son humour et même temps sa simplicité. C’était un jeune homme « entier » et sans demi mesure qui semblait mettre la loyauté au dessus de tout.

Elle aimait sa frimousse de gamin qui avait grandit trop vite, et l’imaginait parfaitement en gosse de 15 ans qui essayait d’imiter les grands. Juli pouvait sentir malgré tout une forme de mélancolie qui se dégageait de Rony, et lui conférait un charme attendrissant.

En une dizaine de minutes, chacun arriva à voir l’autre tel qu’il était vraiment, sans fard et sans les artifices de la vie de tous les jours. Cette mise à nu s’était faite aussi bien dans les mots que dans les regards, les attitudes et les silences. Ils eurent l’impression étrange que tout chez l’un était en adéquation avec l’autre, que toutes leurs différences étaient faites pour se compenser et leurs similitudes pour s’additionner.

Lorsque Rony retourna à son stand, il ne regretta que deux choses : d’avoir eut si peut de temps a passer avec Juli, et de ne pas avoir put l’embrasser à cause de la foule.

***

Le reste de l’après midi, les deux jeunes gens n’arrêtèrent pas de s’envoyer des messages, essayant ainsi de continuer a se découvrir. Bien entendu, cela déconcentra Rony au point que Mercutio le prit à part pour voir ce qui n’allait pas.

« Rony, qu’est ce qui t’arrives là ? je te sens plus avec nous mon grand
– Non t’en fais pas je…
– Ne me dis pas ça ! t’es collé à ton téléphone depuis que t’es revenu de pause et t’es totalement dans la lune. T’as un souci ?
– C’est… une fille que j’ai rencontré… on s’envoi des messages c’est tout
– Une… oh mais on dirait que mon petit Rony à fait une touche ! » dit Mercutio complice « Elle est comment ? c’est une journaliste ? aller raconte moi !
– C’est une exposante comme nous » raconta Rony trop content de pouvoir se confier un peu « Elle s’appelle Juli et… elle est génial. C’est une fille marrante, pas prise de tête et… quoi : pourquoi tu me regardes comme ça ?
– C’est trop mignon : t’en pince pour elle c’est grave ! moi je pensais que c’était juste un joli petit lot que t’avais branché, mais là t’as l’air raide dingue ! et tu l’a rencontré seulement aujourd’hui ?
– On s’est vu dans la zone staff… ça à tout de suite bien coller. Je crois que j’ai le bégin pour elle
– Doucement cow boy : tu crois pas que tu va un peu vite en besogne ?
– Non, justement c’est la première fois que je suis aussi sûr de moi. C’est pas un coup de cœur à la con, c’est vraiment plus profond que ça.
– Ecoutes Rony, c’est cool si t’as rencontré une nana sympa, mais pour le moment on bosse, alors garde ta dulcinée dans un coin de ta tête jusqu’à à la fin du week end parce que sinon la mère Monsharp va te remonter les bretelles, pigé ? »

Rony acquiesça et donna une tape amicale sur l’épaule de Mercutio pour le remercier de sa sollicitude. Cependant au fond de lui Rony savait qu’il n’aurait de cesse de penser à Juli…

***

Le soir arriva en un éclair. Le stand ne serait plus animé que par les stagiaires afin de recevoir les quelques traînards qui attendait la fin de la journée pour pouvoir passer plus de temps sur les stations de jeux.

Rony lui n’avait qu’une seule idée en tête : retrouver Juli. A peine avait-il fini de rédiger son compte rendu quotidien qu’il quitta le stand et se précipita vers la zone staff ou l’attendait la jeune femme qui elle avait finie bien plus tôt.

Lorsqu’il arriva, elle se tenait debout devant l’entrée de la terrasse, et semblait regarder le ciel, serrant dans ses bras sa veste. Rony se mit à côté d’elle et tout naturellement regarda dans la même direction qu’elle.

Ce que Juli fixait si intensément, c’était la Lune, claire et brillante qui se dessinait dans la ciel.

« C’est un joli ciel pour se faire des serments hein ? » demanda Rony
– J’aurai peur d’un serment pareil… la Lune est si changeante, en quoi un serment fait sur elle serait différent ? »

Sans un mot, Juli s’adossa contre Rony et le lui prit le bras tout en continuant a regarder le ciel.

« Ce que j’aimerai une fois dans ma vie, c’est un serment qui viendrait du coeur. Un truc tout simple mais vrai, peut être juste 3 mots… » dit elle mélancolique.
– Ah si seulement c’était possible. Mais je ne sais pas si des mots ayant un tel pouvoir existent.
– Moi j’en suis sûre. Je les connais.
– Ah bon ?

– Oui, 3 mots tout bête… je suis sûre qu’il te feront effet à toi aussi
– Et quel sont ils ?
– On sort ensemble ? »

En guise de réponse, Rony jeta un rapide coup d’oeil autour de lui puis embrassa Juli.

« Tu vois j’avais raison » dit elle « ça t’as fait de l’effet… »

Cette fois ce fût elle qui s’avança pour embrasser le jeune homme.

***

JOUR 2

Rony était fatigué comme jamais. Il avait passé la soirée avec Juli et c’était la mort dans l’âme qu’il l’avait laissée après l’avoir raccompagnée chez elle. Toute la nuit quasiment, ils avaient échangés des mots doux par sms, se promettant de se retrouver encore dans la zone staff.

C’était cette promesse qui avait permis à Rony de tenir debout malgré la fatigue.

Lorsqu’il arriva, Mercutio remarqua immédiatement ses petits yeux et ne manqua pas de le titiller a ce sujet.

« Alors Rony : la nuit à été courte ? ta belle inconnue t’as empêché de dormir ?
– Rah ! lache moi Mercutio… j’suis pas d’humeur » répondit Rony bougon
– C’est quoi l’histoire ? » demanda Ben curieux
– Figure toi » expliqua Mercutio fripon « que Rony à rencontré l’amour avec un grand A et qu’apparemment cette belle jeune fille à mit a mal son endurance…
– Ca n’a rien à voir ! » dit Rony en levant la voix « on est allé boire un verre et ensuite je l’ai raccompagné chez elle, mais rien de plus… bande de chien en rût, vous n’avez pas de manière !
– Ha ha ! écoutez le le prince charmant ! » se moqua Mercutio « aller Rony fait pas la tête : on rigole
– Ouais bah moi ça me fait pas marrer… »

C’est alors qu’arriva madame Monsharp, ce qui coupa court à toute conversation.

« Messieurs… » dit elle de sa voix suave « je peux savoir ce qui se passe ? et vous Rony vous m’avez l’air bien fatigué… »

Aussitôt Ben et Mercutio firent front pour couvrir Rony.

« Oh c’est rien madame ! » dit Ben « On taquine Rony parce que cet idiot à passer sa nuit a revoir ses fiches…
– Il se met trop de pression madame Monsharp : dites lui de se calmer, vous il vous écoutera »

Pas dupe, madame Monsharp laissa malgré tout « couler », préférant laisser un peu de mou dans la « laisse » de ses subordonnés.

***

Le 2eme jour du salon était connu pour être le plus intense : toute l’équipe devait être sur le pied de guerre, et même madame Monsharp était sur le stand a recevoir les plus illustres invités. C’était aussi elle qui avait en charge de s’occuper des interviews télé.

Rony lui continuait a converser avec Juli. Cette dernière répondait peu, car elle était très solliciter sur son stand. Il fallait qu’elle gérer des animations sur un grand périmètre, et n’avait pas une seconde pour souffler.

Pour illustrer son propos, Juli envoya une photo d’elle ou on pouvait voir son stand en arrière plan. Il s’agissait de 12 positions de jeux vidéos avec écran géant et sono high tech sans fil.

Le tout marqué d’un grand X vert sur fond gris…

« Et merde… » laissa échapper Rony lorsqu’il réalisa que l’élue de son cœur travaillait pour la concurrence.

***

Lors de la première pause de la journée, Rony et Juli se retrouvèrent à nouveau dans la zone staff. Le jeune homme était anxieux et ne savait pas comment aborder le sujet, puis finalement se jeta à l’eau sans préambule. La guerre ouverte entre les deux entreprises pesait sur leur relation, et Rony voulait être sûr qu’il ne causerait pas de tort à son amie. Cette dernière répondit simplement d’un clin d’oeil malicieux et ajouta :

« N’est ce pas prodigieux que je doive aimer mon ennemi détesté ? »

Ces mots firent bondir le cœur de Rony. Il y’avait trop de monde autour d’eux pour qu’il puisse faire preuve d’une marque d’affection, mais la jeune femme parvint à lire dans son sourire les baisers qu’il lui adressait.

Le cœur léger, Rony se dirigea vers son stand, quand soudain il sentit une main le saisir par l’épaule. Il se retourna soudainement et fît face à un imposant gaillard le toisant d’une tête. La cinquantaine, il portait un superbe costume en laine beige à col cranté assorti d’un gilet de la même couleur boutonné jusqu’en haut et surmonté d’une cravate bleue pétrole aux fins motifs de fleurs de lys. Il avait une barbe grise taillé à la perfection qui loin de le vieillir, le rendait encore plus intimidant, comme s’il était un vétéran d’une guerre antique dont il aurait été le grand vainqueur…

« Vous êtes de chez Sony ? » demanda le quinquagénaire « vous faisiez quoi avec mon employée ? »

Rony comprit alors à qui il avait à faire en voyant le logo marqué d’un X vert sur fond gris sur son badge. Sans attendre de réponse, il reprit aussitôt :

« Je vous garde à l’œil mon jeune ami : évitez de vous rapprocher de mon staff, surtout quand vous porter votre gilet avec le nom de la concurrence écrit dessus ! »

Puis il relâcha Rony et s’en allant aussi soudainement qu’il n’était apparût.

Un mélange de colère et d’effroi traversa Rony. En d’autre circonstance, il aurait lever la voix contre ce donneur de leçon et défendu son droit à fréquenter qui bon lui plaisait. Mais son élan avait était retenu par la pensée qu’il pouvait nuire à Juli en agissant sans précaution.

Lorsque Rony revint au stand et raconta son histoire, Ben compris qu’il s’agissait de Jonas Caplet, l’équivalent chez Microsoft de madame Monsharp.

 

« Comment tu connais ce type ? » demanda Rony curieux
– Tu verras quant comme moi t’auras 3 ou 4 salons dans les pattes, tu sauras les gens qu’ils faut connaitre… et ceux qu’il faut éviter.
– A ce point ?
– L’an passé madame Monsharp et lui se sont fait une prise de bec monumentale sur la parking parce que Caplet avait soit disant tenter un bad buzz sur nous…
– Il s’est passé quoi ?
– Rien de méchant… y’a eut une panne de courant dans le Hall où on était, du coup c’était forcément  la panique. Mais bon ça à même pas durée 10min. Sauf que quelqu’un était là au bond moment, a photographié la scène et balancer le tout sur twitter en sous entendant qu’on nous avait coupé le courant pour impayé. Du moins ça c’est ce que pense madame Monsharp… on à jamais su à qui était le compte qui avait fait le coup. Et quand bien même ça aurait été lui… de toute façon ces deux là ce détestent depuis des années.
– Je confirme » ajouta Mercutio qui venait de se joindre à la discussion « Un jour on trouva l’un des deux morts poignardé par l’autre…Mais pourquoi il t’es tombé dessus au fait ?
– C’est à cause de Juli… » dit Rony à demi mots
– Juli ? c’est la fameuse beauté de la zone staff ? » demanda Ben
– L’appelle pas comme ça ! » rugit Rony
– Reste tranquille mon biquet ! c’est quoi l’embr… oh non me dit qu’elle roule pour la Xbox !?
– Si… elle est démonstratrice sur leur stand
– Ah c’est mooooche ! » dit Mercutio avec sincérité « J’suis désolé Rony, je savais pas… dommage elle avait l’air sympa
– Comment ça dommage ?
– Bah… tu vas pas continuer à la voir quand même ? Tu sais que si madame Monsharp l’apprend elle te vire sur le champ !
– Ca ne me fait pas peur…
– Oui bien sûr… j’espère qu’ils payent bien chez Microsoft parce que si tu déconnes vous n’aurez qu’un salaire pour deux pendant un moment… et puis sans déconner Rony : va pas foutre ta carrière en l’air ! t’as tout pour réussir, la boss t’adore, tu bosses bien… tout ça pour une nana ? »

Rony ravala sa hargne, conscient que son ami ne faisait que lui dire ce qui était au mieux de ses intérêts.

« Les gars… je sais que vous dites ça pour m’aider mais, y’a vraiment un truc avec cette nana. Et je pense que je préfère tenter ma chance quitte à risque ma place plutôt que de la perdre… »

Mercutio et Ben se regardèrent un instant, puis adressèrent un sourire complice a leurs amis

« Donc si j’ai bien compris » dit Mercutio en ajoutant un clin d’oeil « Va falloir qu’on te couvre ? »

Touché par la solidarité de ses amis, Rony leur adressa à chacun une tape sur l’épaule.

***

De retour sur son stand, Juli avait été prise à parti par Caplet. Ce dernier n’était pas content d’avoir vu quelqu’un de son staff traîner avec un membre de l’autre camp…

« Qu’est ce que tu avais dans la tête enfin ! » demanda il à la jeune femme « Il y’a nos logo respectif sur vos vestes ! tu imagines si quelqu’un prenait une photo de vous ? quelle message ça donnerait ?
– Vous êtes en train de me dire que je n’ai pas le droit de m’afficher avec qui je veux quand je porte ce… ce machin ? » répondit Juli en tirant sur le col de sa veste « En quoi c’est contraire à mon contrat ?
– C’est contraire au fait que tu dois représenter la marque Juli ! Ici tu n’es pas toi, tu n’as pas le droit d’être une personne. Lorsqu’on t’as confié ce job, on t’as fait confiance, tu es notre image et tu dois en prendre grand soin
– Mais enfin c’est ridicule ! Quel mal y’a t’il…
– Suffit ! je te demande de ne pas t’afficher avec ce type : point ! Si jamais ça venait a se reproduire, tu auras de gros ennuis jeune fille, tu peux me faire confiance !
– Vous parlez comme mon père… » commenta Juli en tournant le regard et en soupirant

La jeune femme adressa aussitôt un message à Rony lui expliquant la situation. Il valait mieux que jusqu’à la fin du salon il se tiennent à distance l’un de l’autre afin d’éviter que les choses dégénères. La réponse de Rony bien que de prime abord conciliante, ne laissait planer aucun doute : il était vexé.

Tout le reste de la journée, les deux jeunes gens n’échangèrent que quelques platitudes, et aucun deux ne retourna à la zone staff de peur d’y croiser l’autre. L’ombre pesante de leur entreprise respective était comme une épée de Damocles sur leur relation.

***

JOUR 3

Lorsque Juli arriva sur le salon, elle aperçut au loin Rony arriver sur le parking. Elle voulut aller vers lui mais se retint et l’appela

« Rony ? c’est moi… écoutes je suis vraiment désolée pour…
– Je t’en veux pas. Tu fais tes choix, t’es directe… c’est aussi ça que j’aime chez toi. Mais malgré tout je veux que tu saches que ça change rien pour moi, et je me moque que ton patron essaye de me faire virer.
– Je t’en prie ne dit pas n’importe quoi…
– Je suis tombé amoureux dès que je t’ai vu… Tu es trop belle… trop sage… trop sagement belle. Avant toi jamais je n’avais vu la vraie beauté. Juli je t’aime à un degré que tu ne peux pas imaginer. »

Ces mots plein de sincérité touchèrent la jeune femme droit au cœur.

« Rony… moi aussi j’ai des sentiments pour toi. Mais je ne sais pas si je me le pardonnerai s’il t’arrivait quelque chose par ma faute. Tu dois arrêter de penser à moi.
– Alors il va falloir m’apprendre à ne plus penser du tout ! Laisse moi venir te voir »

Juli hésitait. Si elle s’écoutait, elle se serait simplement précipité dans ses bras.

 » Tu sais ce qui nous arrivera ? tu es prêt à aller jusque là s’il le faut ?

– Un job ça se retrouve… toi tu es unique »

La jeune femme, émue aux larmes, demanda à Rony de venir la retrouver sur son stand à midi précise.

***

Rony ne cessa de guetter l’heure dans une insupportable attente. Il maudissait cette horloge indolente qui ne se donnait aucune peine à faire défiler le temps qui le séparait de sa belle. Se moquant de tout, il leva à peine la tête lorsque Madame Monsharp le houspilla.

« Il a été porté à mon attention que vous aviez eut des problèmes avec quelqu’un de chez nos concurrents  ? » demanda la patronne
– Non madame, je n’ai eu aucun problème…
– Ce n’est pas ce qu’a semblé me dire Caplet…
– J’aime à croire qu’il s’est emporté pour rien

– Rony… vous savez ce que je penses de vous. Vous êtes brillant, mais vous devez comprendre que travailler dans notre maison implique un dévouement qui va au delà de vos attente personnelles. Si vous ne pouvez pas faire ce choix… alors… nous serons tenu de le faire à votre place »

Madame Monsharp ne termina pas sa phrase, mais Rony comprit parfaitement le message.

Ayant vu son ami avoir une conversation sérieuse avec la patronne, Mercutio vint au nouvelle

« Passage de savon ? » demanda t’il sybilin
– Caplet à informé la patronne pour Juli et moi. Elle m’a dit à demi mot que si je continuais de la voir je me ferai virer.
– Et alors ? tu comptes faire quoi ?
– Qu’est ce que tu me conseillerais ?
– Moi ? ah ah Rony tu ne pourra pas prendre pire conseiller ! regarde comment je mène ma vie !
– Peut être mais t’es mon ami Mercutio… »

Ce dernier passa son bras sur les épaules de son ami et lui murmura :

« Si l’amour est dur avec toi, sois dur avec lui : perce l’amour qui te perce et possède le !
– … c’est censé vouloir dire quelque chose ?
– Je trouvais que ça sonnait bien… en tout cas dans ma tête. Mais je sais que tu m’as compris pas vrai ?
– Oui, je pense en effet que je t’ai compris… Merci Mercutio »

***

Il était midi.

Sans ce soucier des conséquences, habité seulement par le plus doux des sentiments, Rony se tenait devant le stand Xbox. Pour le dernier jour, un petit show était prévu, et une estrade avait été installé à cet effet. Tandis qu’il était en train de chercher Juli du regard, il entendit sa voix dans les hauts parleurs…

« Rony, Je ne suis pas ce symbole pas plus qu’il n’est celui de nos rivaux. Ce ne sont que des logos, nous ne sommes pas eux… »

La foule était perplexe : quel était cette étrange annonce ?

Rony lui avait compris : scrutant la scène il aperçut enfin Juli, au sommet de l’échafaudage de l’éclairage, tenant un micro sans fil à la main.

« Si c’est cette enseigne qui t’empêche de venir vers moi, alors laisse moi lui faire un sort… » dit elle.

Juli sauta alors dans le vide.

Rony se précipita sur l’estrade, prêt a amortir sa chute avec son corps s’il le fallait. Mais en moins d’une seconde il réalisa que la jeune femme descendait doucement, comme un ange venu des cieux.

La jeune femme avait enroulé sa jambe gauche autour d’une corde qu’elle cramponnait fermement de la main gauche. Et tandis qu’elle descendait, la grande bannière marqué d’un X vert sur fond gris se repliait, attachée qu’elle était à l’autre extrémité de la corde.

Lorsque ce que sa belle toucha le sol, Rony l’enlaça tendrement et sans la moindre gene l’embrassa avant de la serrer dans ses bras.

La foule applaudit à tout rompre, couvrant les deux amants d’une bienveillante ovation. Et lorsque Caplet voulut intervenir, la voix populaire donna raison aux deux jeunes gens, tant est si bien qu’il ne put que laisser faire en grognant.

Après ce coup d’éclat, les deux amoureux décidèrent de partir du salon sans attendre. Ils savaient qu’ils seraient renvoyé, mais peu leur importait la mort de leurs carrières. Heureux, il s’en allèrent le coeur léger. Sur les ailes légères de l’amour, ils volèrent par dessus les murs qui s’étaient dressé. Mais les murailles de pierre ne sauraient barrer la route à l’amour.

Tous les écrans du hall passaient en boucle la scène où Rony et Juli tombait les bras l’un dans l’autre, et c’est une haie d’honneur faite par les visiteurs qui les guida vers la sortie. Les gens applaudissaient, criaient et surtout féliclitaient les deux amoureux.

Mais alors qu’ils allaient franchir le seuil de la porte, Mercutio leur barra le passage. Le visage sérieux, les bras croisés, il dévisagea les deux jeune gens un long moment puis dit :

« La peste soit de vos deux familles… »

Il enlaça alors Rony puis Juli, les félicitant à son tour.

Et c’est ainsi que les amants de l’E3 connurent un sort plus heureux que leurs homologue de Verone…

 

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