Journal de bord – épisode 38 : Contact #DefiBradbury

Il était environ 16h, heure de New York, lorsque la nouvelle fût annoncée. Tout le monde avait cru à une énième conférence sur une énième découverte soit disant révolutionnaire et qui n’était en fait que la confirmation d’obscures calculs d’experts tout aussi obscurs.

Il faut dire que depuis quelques années, la course à l’espace n’avait plus du tout le vent en poupe, et les mystères de l’univers n’étaient plus que des sujets de films. La fascination était retombée et le public était plus « terre à terre » : on se demandait surtout quels seraient les applications concrètes de ces découvertes et ce que ça avait couté comme argent.

Sur les réseaux sociaux, le message de l’agence spatial avait tourné en boucle et s’était répandu à la vitesse de la lumière :

« Il y a 5 mois nous avons reçu un signal envoyé depuis Proxima Centauri, l’étoile la plus proche de notre système solaire. Il s’agit clairement d’un message envoyé par une forme de vie intelligente… nous ne sommes plus seul dans l’Univers ! »

De la même manière que le message avait jaillit sur tout les téléprompteur en un éclair, les réactions fusèrent elles aussi en un rien de temps : panique, joie, peur, émotion… et partout ce frisson métaphysique lorsqu’on essayait de s’imaginer l’inimaginable. Parce qu’un premier contact, c’était l’explosion du monde connu, c’était la fin de « l’homo-centrisme » et l’obligation pour toute la race humaine de se remettre en question. L’avenir fou ou nos enfants iraient en colonie de vacances sur Mars venait de mettre violent coup d’accélérateur…

Bien entendu, les sceptiques furent nombreux. Pendant des semaines, voir des mois, ils contestèrent la nouvelle, parlant d’une « arnaque mondiale » destinée à manipuler les populations, justifiant ainsi des investissements délirant dans la recherche spatiale.  Plusieurs pays, notamment ceux régit par un dogme religieux, prirent TRÈS mal la nouvelle. Il faut dire que cela revenait à saper complètement les fondement de ce qui régissait la vie de leurs concitoyens, et donc à ébranler fortement toute une société (et ce qui donnait son pouvoir aux dirigeants). D’ailleurs, le Vatican envoya plusieurs expert afin d’authentifier le travail des ingénieurs de l’agence spatial, mais dût finir par admettre la véracité de leurs informations. Astucieusement, le Pape fit le choix de voir la chose comme un miracle et « une nouvelle preuve de la puissance de Dieu, créateur de toute vie ».

A côté de ça, il y avait ceux qui au contraire prenait la chose comme une promesse d’espoir. C’était un événement d’ampleur historique, et ils savouraient l’idée d’y prendre part, comme des pionniers face à un nouvel Eldorado. Ils pensaient que les aliens allaient nous apporter une autre vision du monde, débarrassé des préjugés et des a priori de l’Histoire, et qu’ainsi nous pourrions avoir un regard plus objectif sur ce que nous sommes. Ils voyaient aussi cela comme l’opportunité d’en finir avec l’obscurantisme et la peur de l’autre.

Et puis il y avait aussi les craintifs, ceux qui voyaient en l’existence d’une autre forme de vie dans l’univers le début d’une inévitable escalade vers un conflit galactique qui se conclurait par l’anéantissement de la Terre. Les survivalistes jubilaient dans leur bunker, émettant sur leur radio ondes courtes des « on vous l’avais bien dit ! » fort discourtois, tandis que les marchands d’armes se frottaient les mains en imaginant les fonds démentiel que les armées du monde allaient investir pour « la guerre des étoiles ». Armes lasers, chasseurs de combat stratosphériques, déflecteurs ioniques… rien que le budget R&D représentait des milliards de dollars sur plusieurs années.

Évidement, une bonne part de la population mondiale n’eut aucune opinion sur cette histoire, tout simplement parce qu’elle vivait sous le seuil de pauvreté et que sa principale préoccupation était de survivre.

Les premiers mois, l’information occupa tout l’espace médiatique. Que ça soit les pours, les contres, ou ceux qui voulaient s’exprimer pour dire qu’ils s’en fichaient, chacun y allait de son émission, de son billet de blog, de sa vidéo comique sur « si les aliens avaient la tête de célébrité ? » et ce dans toutes les langues possibles.Flairant le bon filon, une société estampilla un logo alien qu’elle fit populariser via des bloggeur influents et des célébrités peoples : il n’en fallut pas plus pour qu’une déferlante de produit markété « Alien » voient le jour.

Vêtement de streetwear, bagagerie, coque de téléphone, mug, panier pour chien… il n y avait absolument rien qu’on ne pouvait vendre avec l’estampille « Alien » qui était maintenant aussi connue que Coca Cola ou la croix chrétienne. Rapidement avalé par la pop culture, la présence alien se vendait bien, et représentait le phénomène à la mode qui remplaçait agréablement la tendance zombie qui avait finie par donner de l’urticaire à tout le monde.

Étonnamment, les films « classiques » d’invasion extra terrestres furent boudé au profit de comédie ou de film donnant la part belle à une vision plus « diplomate » des relations humano alien. De nombreuses séries télé pour ado plongèrent dans le filon, proposant des romances entre de jolies jeunes terriennes et des ambassadeurs aliens qui, étrangement, avaient apparences humaine. S’en suivait des intrigues à la Roméo et Juliette où les deux amoureux devaient faire face aux remontrances de leur espèces respectives, mais où au final l’amour triomphait… ou du moins jusqu’à la saison suivante !

Cette fascination engendra des mouvements extrémiste qui critiquaient ceux qu’on surnommait les « Xenosexuels ». Nombreux étaient les témoignages de ceux qui assimilait cette tendance à de la zoophilie, et qui imaginaient déjà des enfants métis difformes née de ces unions trans-espèce. Sans surprise, des opposants prônèrent plutôt que la haine, « l’amour galactique sublimant les différences et les années lumière ». Ces formulations quelque peu « new age » firent s’interroger bon nombre de sociologues qui essayent de comprendre comment de tels idées pouvaient se manifester alors qu’il n’y avait aucun alien sur Terre.

Les échanges avec les aliens étaient très compliqués compte tenu du fait que les messages de l’un vers l’autre prenaient 2 ans pour arriver à destination. Ils étaient donc savamment décortiqué par un collège d’expert en tout genre afin d’en tirer le plus de sens possible. Il fut convenu avec les aliens de s’envoyer en permanence des informations dites « généralistes » : comment est faite leur planète, comment est la faune, la flore, quel est le niveau scientifique, philosophique… bref un transfert aussi complet que possible de culture encyclopédique. Ainsi, entre deux messages « conversationnel » chacun aurait de quoi mieux comprendre l’autre.

6 ans après le début des échanges, ont en savait bien plus sur ceux qu’on appelait maintenant les Xeno. Ils étaient de forme humanoïde avec 4 membres, une tête, deux yeux, et l’équivalent d’un système auditif basé dans leur boite crânienne. Leur monde était assez proche du notre, avec une atmosphère riche en oxygène et une végétation suffisante pour crée un écosystème stable. Des paramètres comme la gravité, l’hygrométrie ou la température étaient extrêment proche de ceux de la Terre, au point que beaucoup estimèrent que ces similitudes ne devaient rien au hasard.

Des chercheurs étudièrent points communs entre les humains et les xeno, et établirent sur cette base une théorie qui sous entendait que le développement de l’intelligence reposait sur un principe : lors de son évolution, un espèce empruntait le chemin de l’intelligence par besoin par rapport a ses caractéristiques et son environnement et ce uniquement sous certaines condition. Cela revenait à dire que si les humains avait été des prédateurs naturellement plus avantagé, avec des crocs puissants par exemples, ils n’auraient pas eu besoin d’outils, et donc n’aurait pas commencé à développer l’intelligence nécessaire pour les construire. De la même façon, si la gravité avait été plus forte, le développement de la faune aurait été différents et n’aurait pas forcément permis l’apparition de primate.

En clair, il existait un ensemble de paramètre qui par Darwinisme conduisait à l’intelligence et à une civilisation, expliquant de facto toutes les ressemblances entre nous et les xeno.

Pour cette découverte, l’équipe du professeur Briggs Meyers reçu un prix Nobel, ainsi qu’un titre honorifique de la part des Xeno qui applaudirent ces travaux…

***

15 ans plus tard.

Mason Scott attendait devant l’entrée depuis plus d’une heure. Tirant nerveusement sur sa cigarette, il ne cessait de scruter sa montre tout en guettant la porte sécurisé d’où devait arriver son interlocuteur. Cela faisait plus de dix ans qu’il attendait d’être admis au bureau Alpha, et attendre ainsi en étant si près du but était une torture.

Finalement, la porte pressurisé glissa dans un sifflement et laissa apparaître une femme à la coupe strict et en uniforme accompagné de deux anonymes soldats en treillis, fusil en main.

« Docteur Scott  » dit la militaire en jetant un regard à Mason « Général Karen Traviss, directrice du bureau Alpha. Merci d’être venu si vite… »

Mason décela une pointe de perfidie dans cette remarque. Traviss savait qu’il aurait fait acte de présence bien plus tôt si on ne l’avait pas blacklisté toutes ces années.

« Veuillez me suivre » dit-elle en tournant les talons.

Mason lui emboita le pas à toute allure. Une fois à sa hauteur, il l’interpella sans ménagement :

« Pourquoi vous m’avez appeler hein ?
– Parce que nous avons besoin de vous voyons. Vous êtes bien le meilleur expert dans votre domaine que je sache ?
– Général, ne vous fichez pas de moi : ça fait 10 ans que vous et vous équipe m’avez rit au nez et balancé mes travaux à la figure !
– Et nous le regrettons » dit Traviss « Vous devriez être content que nous ayons changer de sentiment a votre égard non ?
– Justement : ça vous à prit comme une envie de pisser et je devrais…
– Docteur Scott, surveillez votre langage je vous prie »

La Général avait accompagné sa remarque d’un regard sombre qui glaça le sang de Mason. Une boule d’angoisse lui traversa la gorge et le fit taire le reste du trajet.

Toujours accompagnés des deux soldats, ils arrivèrent devant une porte sécurisé que la Général ouvrit via un mélange de reconnaissance oculaire, digitale et vocale.

« Bienvenue à l’Alpha Prime ! » dit la Général de façon théâtrale tandis que s’ouvrait lentement la lourde porte d’acier.

Mason pénétra dans ce qui semblait être un immense open space ou des petits îlots de bureau regroupaient des groupes d’une douzaine de personnes visiblement en train de travailler sur Dieu sait quoi. Il y’avait des écrans partout, débordant des données, de graphiques…

Traviss commença à traverser l’open space, laissant une fois encore Mason à la traîne.

« Ici vous êtes au coeur de la recherche Xeno » expliqua elle « le centrale d’écoute est juste au dessus de nous et nous transmets le flux en direct après retraitement.
– Vous voulez dire que vous êtes branché sur le Canal Sigma ? » demanda Mason
– Nous sommes le Canal Sigma. Une partie de l’équipe à en charge l’analyse des données reçues : évaluation scientifique, transcription, archivage…

– Et je suppose que l’autre à pour mission de s’occuper des données envoyés au Xeno ?
– Tout juste : nous procédons à un filtrage des données qui seront envoyé vers Proxima Centauri puis les organisons pour optimiser le transfert. Mais je ne vous ai pas fait faire 6 000 km afin de vous faire visiter. Notre problème est ailleurs… »

Traviss ouvrit la porte d’un sas sécurisé et invita Mason à y entrer le premier. La cabine était en fait un transporteur permettant de relier plusieurs point de la base réparti géographiquement à des dizaines de kilomètre de distance. Cela permettait notamment au personnel de ne jamais connaitre la position de chaque endroit. Mason s’installa sur la banquette de cuir beige et attendit La Général. Elle entra à son tour et fit signe aux soldats d’attendre. Docilement, ils prirent positions de chaque côté de la porte de la cabine, comme deux bons chiens de garde.

Lorsque les portes de la cabine se fermèrent, elles stopèrent totalement le bruit pourtant conséquent de l’open space, créant un silence génant. Traviss appuya sur le seul et unique bouton du panneau de commande puis resta le regard braqué sur la porte tout en réajustant le plis de sa jupe d’officier. Une voix synthétique annonça :

« Bureau Stargazer : pour votre sécurité veuillez vous tenir à la barre »

La cabine commença alors à bouger.

Mason restait silencieux, retenant presque sa respiration pour ne pas soupirer. La Général s’approcha alors de lui et l’enlaça :

 » Aller c’est bon maintenant, plus de cinéma les gardes ne sont plus là : Tu vas me faire la tête encore longtemps ? » demanda t-elle d’une voix enjoleuse  »
– Je ne sais pas… a ton avis combien de temps on peut en vouloir à quelqu’un qu’on aimait et qui vous à trahi ? » dit Mason en repoussant les avances de Karen.
– Mason je t’en prie tu sais très bien que…
– Que quoi ? que tu m’as dénoncé pour te faire bien voir et prendre du galon ?
– Tu avais volé des éléments secret défense !
– J’ai fait des copies de données pour les étudiers sans avoir le bureau sur le dos ! mais toi tu n’avais pas assez confiance et tu m’as grillé auprès du directeur !
– Et tu voulais que je fasse quoi ? t’as pensé à moi ? qu’est ce que le directeur Rodriguez aurait dit s’il avait apprit que je lui dissimulait ce que tu faisais ? Tu me reproche d’avoir été égoïste mais ce que toi tu as fait ça ne l’était pas peut être ? »

Mason abandonna la bataille de regard et fixa le plancher de la cabine.

« Tu sais que je t’aime, et si tu étais venu m’en parler ça aurait été différent… au lieu de ça il a fallut que je te surprennes la main dans le sac… oh Mason ce que tu peux être ingrat ! tu imagines les efforts qu’il m’a fallut pour que tu sois accrédité ? »

Mason réalisa alors que son retour au bureau Alpha n’était dût uniquement à ses compétences. Karen avait du faire des pieds et des mains pour qu’il soit accepté malgré ses antécédents. Il prit sa main et la serra tendrement.

« Excuses moi… t’as raison : laissons le passé de côté. »

Le ronronnement de la cabine était devenu plus doux, presque apaisant.

« On est encore loin ? » demanda Mason
– Environ 10min. Le QG du Stargazer est en dehors de la ville
– Et ça aurait pas été plus simple d’aller directement la bas plutôt que de passer par… oh et puis laisse tomber »

Mason se décontracta et sourit à Karen

« Alors c’est quoi l’histoire ? tu peux m’en parler maintenant
– Les huiles sont aux taquets sur les Xenos : ça bataille sec concernant le prochain message.
– Comment ça ? qu’est ce qu’on à reçu pour que ça s’emballe de cette manière ?
– Tu sais que depuis presque 20 ans nous faisons de l’échange de technologie avec les Xenos. Et bien figure toi qu’ils sont sous développé technologiquement par rapport à nous et ils nous demandent de l’aide.
– Quoi ? comment ils peuvent être sous développé et arrivé à envoyer des messages intergalactiques ?
– Ils disent qu’ils font ça via des minéraux de leur planète. Il y’a deux ans quand on à reçu les schéma ont à cru à une blague, mais en fin de compte c’est tout bêtement une sorte de machinerie steam punk. Les matériaux de Proxima ont des propriétés radioactive qui font que…
– Donc en clair tu es en train de me dire que les Xenos envoie des signaux et traitent nos informations avec… des cailloux ? Du coup toute ces histoires qu’on raconte partout c’est du flan hein ?
– Ca serait catastrophique si l’opinion apprenait la vérité. Tu imagines ?

– Bon sang Karen tu comprends maintenant pourquoi je voulais éviter que les bureaucrates s’en melent ? et maintenant c’est quoi la suite ?
– Ils veulent monter une expédition et coloniser Proxima. D’après les informations des Xenos, la planète serait bourré de ressource inexploité… »

Mason leva les yeux au ciel et soupira

« Et après on fait quoi ? on installe des Starbucks ?
– Justement… c’est pour ça que tu es là. Le conseil veut faire de Proxima la première colonie spatiale de la Terre et ils ont besoin que tu valides que c’est possible.

– Alors… alors c’est pour ça que je suis là ? ils veulent se servir de mon projet ?
– Sauf que la cible ce n’est plus Mars mais Proxima Centauri. Tu as développé toute la logistique, analysé tous les scénarios et tu connais les risques mieux que personnes.
– Karen c’est de la folie ! il n’y a rien de comparable entre coloniser une planète vide et…
– Justement : Proxima Centauri est une planète vivante, avec de l’air et un sol riche. Implanter la colonie sera plus facile.
– Ca sera surtout plus loin ! il y’a plus de 2 ans d’écart entre les signaux, si jamais il se passe quelques chose durant le voyage c’est fini… en plus on ne sait pas ce qui peut se passer en quittant le systeme solaire, y’a trop de paramètre inconnu
– Mason : depuis le premier contact je sais que tu as envisager cette possibilité. Je sais que tu aimerais plus que tout que l’on puisse voir ce monde de nos yeux.
– Arrête, ne me prends pas pour un idiot : je sais ce qu’ils veulent en faire tes petits génies !
– Tu es conscient que le monde va mal. Tu sais quel bien cela pourrait faire à l’humanité d’avoir un projet d’une telle envergure. Imagine ça : le monde entier unis dans un objectif commun ! »

Karen attrapa les mains de Mason à son tour

« En plus de ça, nous avons une responsabilité vis à vis des Xenos. C’est nous le peuple civilisé et avancé technologiquement. Ils ont besoin qu’on les aides.
– Mais comment ! on est même pas fichu de s’occuper de notre planète ! tu veux qu’on leur apporte quoi ? la guerre moderne ? les « frappes chirurgicales » ? la société de consommation ? Si ces gens vivent à un niveau technologiques moins avancés est ce que c’est si mal ?
– Et s’ils vivent dans l’obscurantisme ? luttant pour subsister alors que leur monde pourrait leur procurer mieux ? et si nous pouvions devenir meilleur en les aidants ?
– Tu es naive de croire que les humains peuvent être meilleurs pour les autres qui ne le sont pour eux mêmes
– Pourtant toi tu es comme ça… »

Mason resta muet devant cette déclaration.

« Lorsque tu étudiais au centre d’ingéniérie, tu ne croyais pas en toi, tu passais ton temps à te déprécier. Mais quand c’était moi qui était au plus bas, tu me relevais à chaque fois. Tu m’as permis de me dépasser, et c’est grace à toi que je suis devenue éleve officier. Tu n’as jamais eu de volonté lorsque c’était pour ta carrière, mais lorsqu’il fallait me pousser en avant tu trouvais toujours la force d’agir. Mason : tu es la preuve qu’il y’a du bon dans l’humanité, et je veux y croire parce que je crois en toi… »

Tandis que Mason fixait les yeux brillants de la Général, la cabine arriva enfin a destination.

« Ouverture du sas » dit la voix robotique.

Karen et Mason pénétrèrent dans une immense salle circulaire d’environ 200 m de rayon au sol d’un blanc immaculé. Partout sur le bord extérieur se trouvaient des sas d’entrés comme celui qu’ils avaient enprunté en arrivant. Au centre se trouvait une grande tablé, elle même entouré d’une autre tablé plus grande encore.

« Le conseil et leurs assistants » expliqua Karen d’un murmure.

Elle conduisit Mason à sa place dans le cercle intérieur et salua quelques officiers. Autour de la table, les personnes étaient identifié uniquement par un drapeau et le nom de leur pays.

« Enfin, vous voila Dr Mason » dit USA « nous commencions à perdre patience »

Mason voulut répondre par une pique, mais le regard de Karen le retint.

« Je vous remercie de m’avoir accordé cette chance. J’espère m’en montrer digne.
– Bien… je suppose que le Général Traviss vous à briefé durant le trajet ?

– Tout à fait…

– Excellent : et bien dans ce cas vous devez savoir ce qu’on attend de vous ? est ce que le projet est viable et sous combien de temps pouvez vous le démarrer ? »

Mason senti tous les regards fondre sur lui. Il ne se sentait pas très à l’aise mais resta le plus professionnel possible.

« Pour ne rien vous cacher, mon projet initiale visait notre systeme solaire et une planète d’un tout autre type que celle des Xenos…
– Ce sont des ajustements, mais les paramètres généraux ne sont pas identique ? » demanda Russie via son interprète au fort accent slave.
– En terme de décollage, oui cela revient au même, mais la préparation de l’équipe sera plus complexe, il faudra rester 2 ans en apesanteur et en totale autonomie sans aucune possibilité de secours. De plus, compte tenu de la distance et des objectifs de la mission, installer une colonie impliquera de s’entendre au préalable avec les autochtones ce qui sera…
– Cette partie là n’est pas importante » dit sèchement Angleterre « Ils seront bien trop heureux de nous voir débarquer sur leur cailloux »

Ce que Mason craignait était en train de se réaliser

« Vous ne pouvez pas arriver sans l’accord des habitants : le site d’atterrisage risque d’être un territoire sacrée ou bien un champ qui nourri tout un village !
– N’ayez crainte » repris USA parternellement « évidement que nous n’allons pas poser nos vaisseaux n’importe où… durant le voyage, les colons pourront entrer en contact avec les Xenos : plus ils approcheront plus ça sera facile de discuter
– Sauf que nous aurons besoin de traduire ce qu’ils envoient pour…
– D’ici là nous aurons sans doute améliorer l’équipement et nous pourrons miniaturiser l’équipement requis…
– Il faudra prévoir des diplomates pour…
– Dr Mason » coupa France « Les Xenos nous verront comme des Dieux, et c’est ainsi que nous nous présenterons à eux. Une équipe de bureau Alpha travail déjà sur un scénario pour les aborder le plus pacifiquement possible. Nous recrutons déjà les équipes qui participeront à la colonie. Médecin, géologues, ingénieurs… »

D’un seul coup, Mason arrêta d’écouter. Il réalisa alors que l’humanité s’apprétait à réaliser une arnaque d’ampleur cosmique en mystifiant une race moins avancés pour la seule recherche du profit. Il imagina aussitôt les colons s’installer comme des pachas dans des résidences ou les Xenos seraient des serviteurs en costumes « pour faire plus local » et où les ressources et les biens des autochtones seraient piller  avec un total mépris.

Mais le pire dans tout ça, c’est que non seulement il ne pourrait pas s’y opposer, mais qu’en plus il allait y contribuer. Malgré tout le mal que cela représentait, il savait qu’il n’aurait pas le courage de refuser. Il trouverait des raisons, très bonnes, de continuer, il se convaincrait lui même que cette colonisation ne serait pas une si mauvaise chose. Il senti les rouages d’une immense machine le broyer, et le pire était qu’il aimait cette impression qui le libérait de toute culpabilité.

C’est pas moi, c’est le système ! pourrait il dire.

Le coeur lourd, Mason avait juste envie de pleurer.

***

17 ans plus tard

La flotte de vaisseau SEED était en phase d’approche finale de Proxima Centauri. les 12 équipages étaient fou de joie à l’idée qu’enfin leur longue errance dans le vide sidérale allait prendre fin. Fini l’apesanteur, fini les rations, fini la routine a bord, maintenant c’était l’aventure d’une vie qui leur tendait les bras.

Certains eurent une pensée pour leurs familles, leurs amis. Il y’avait de forte chance pour qu’ils ne les revoient plus jamais, la mission ne prévoyant pas par défaut que les vaisseaux puissent repartir. C’était le prix à payer pour être dans l’une des 12 caravelles de l’espace lancé dans la nuit sidérale en quête d’un nouvel Eden.

Le vaisseau de tête « l’Azura » fut le premier à passer l’atmosphère et à enclencher ses boucliers thermiques. Sur les écrans de contrôles, on pouvait voir les variables de températures devenir folles tandis que le gigantesque vaisseau colonie entamait sa descente. 12 traînées de flammes rougeâtre strièrent le ciel de la planète dans un spectacle grandiose et unique.

Depuis des mois déjà, tous les équipages avaient répéter cette séquence des centaines de fois. C’était presque moins éprouvant que sur le simulateur. Cependant, cette fois c’était pour de vrai, et le frisson était réel lui aussi.

C’est ainsi que pour la première fois de l’histoire de l’humanité, à 11h34 heure compensée local, qu’un vaisseau colonie se posa hors du systeme solaire.

Malgré l’excitation, les équipages restèrent parfaitement discipliné : l’entrainement et la rigueur des généraux à leur tête permettaient aux hommes et femmes du projet SEED de ne pas se laisser envahir par l’émotion.

Le premier humain à avoir l’honneur de fouler le sol de la planète fût la Général Karen Traviss, commandante en chef du projet SEED depuis ses prémices. Beaucoup s’étaient demandé comment une femme approchant la soixantaine avait put être nommé à ce poste, beaucoup sauf ceux qui avaient voyagé avec elle et qui savaient qu’elle avait les tripes requises pour diriger les colons.

Le voyage en apesanteur avait affecter ses muscules malgré l’entrainement et l’alimentation spéciale qu’elle avait suivit et elle avait du mal à se tenir debout.  Cependant pas question de faire pale figure devant le moment historique que vivait l’humanité. C’est d’un pas ferme qu’elle descendit de la passerelle du vaisseau avant de s’arrêter net au pied de celui ci.

Juste devant elle, un groupe de 5 Xeno était là à attendre.

C’était eux qui les avaient appeler à l’aide depuis l’autre bout de l’univers. Eux avec qui depuis des mois ils échangeaient à tout rompre sur leur monde respectifs, leurs similitudes et leurs differences. Bien que voulant se retenir, Karen ne put s’empecher de pleurer a chaude larme tandis que les Xenos faisaient d’amicaux signe de la main. Oui ils avaient bien des mains, des bras, des jambes, une tête un peu plus oblongue que la notre, une peau variant du rouge vif à l’ocre, des nez convexes et des yeux de chats. Mais ils avaient aussi des sourires, et cet entrain si naturel que l’on à lorsque la joie nous transporte. Les Xenos portaient des tuniques de tissus entremelé prouvant un artisanat avancé et maitrisé, et avaient quelques accessoires rudimentaires : batons de marche, sacoche, bijoux…

Karen avança vers eux, la main levée, paume ouverte en signe de paix. L’un des Xenos, le plus rouge, s’avança vers elle et s’exprima dans un anglais plus que convenable :

« Bienvenue notre monde amie étoiles ! Bienvenue ! nous heureux ! »

Mais alors que Karen allait répondre, un flash de lumière la frôla de quelques centimètre en crépitant. L’instant d’après, le Xeno était par terre, blessé à l’épaule et hurlant de douleur.

Depuis les bois environnant, des dizaines de motos volantes jaillirent autour des colons. Plusieurs Xeno, en tenues de combat cybernétiques et armé de ce qui semblaient être des fusils laser, approchèrent du groupe venu accueillir les humains, hurlant des ordres incompréhensibles.

Karen était déboussoler. Lorsque le Xeno en armure s’avança vers elle arme à la main, elle ne résista pas, et imitant les instructions que suivaient le groupe venu l’accueillir, se mit à genoux, mains derrière la tête.

***

Le lendemain.

Le Ranshad Volk était arrivé aussitôt que la nouvelle était tombé. Savourant la situation, il avançait d’un pas tranquille dans les bureaux du Qwal Dap tandis que le Rand Disher lui résumait la situation :

« Comme prévu, Trivok et sa bande ont accueilit les humains dans la reserve de BolekTaj. La divison 440 était en position depuis la veille, ils n’ont rien vu venir !
– Excellent ! Dites moi Disher, est ce que Trivok est passé aux aveux ?
– Non pas encore Ranshad, mais ce n’est qu’une question de temps.
– Très bien… je vais l’interroger moi même.
– Entendu Ranshad. Euh… pardonnez moi mais, je n’ai pas eu de consigne pour les humains. On va pas les euthanasier quand même ?
– Vous m’avez prit pour un Daman ? On va d’abord leur faire un contrôle sanitaire et ensuite on avisera de ce qui est le mieux pour eux. Vous avez vérifié les vaisseaux ?
– Clean… par contre c’est un miracle qu’il ait put atteindre notre système : pas de réacteur RedShift, que des déflecteurs mécanique… c’était peut être des condamnés à mort ?
– Disher vous êtes idiot ou quoi ? Ils ont juste une technologie primitive !
– Mais à ce point ?
– Oui à ce point… dites donc je trouve que vous êtes un peu virulent avec les humains : vous avez un problème avec les races de niveau 2 ?
– Non Ranshad
– Vous n’êtes pas de ses extrémistes qui pensent que les êtres maitrisant tout juste le GrayShift devraient être interdit de voyage spatiaux ?
– Non Ranshad. Pas du tout ! »

Le Rand Disher était anxieux de la réaction de son supérieur.

« Mouais… bon aller laisser moi maintenant, vous avez du boulot !
– Oui Ranshad Volk, tout de suite ! »

***

En pénétrant dans la salle d’interrogatoire, le Ranshad Volk laissa volontairement le holster de son blaster bien en vue. Il toisa Trivok dont l’expression de colère était si intense qu’il semblait sur le point d’exploser.

« Alors enfin je t’attrape petit salopard ! » dit Volk avec assurance « Il s’en est passé de cycle depuis la première fois ?
– Ne faites pas le malin Ranshad. Vous savez que d’ici 3 cycles je serai dehors.
– Bah voyons. Tu comptes peut être sur ton représentant de guilde ? figure toi qu’il te lache ! c’est ta 3 eme arrestation pour xeno scam, autant dire que là t’es cuit mon pote !
– Bande de faux culs ! vous m’arrêtez moi mais ces escroc du conseil vous les laissez tranquille hein ? c’est sur que moi je suis pas d’une des grandes familles ?
– Trivok, Trivok, Trivok… » répéta le Ranshad de façon lancinante « ton discours je l’ai déjà entendu des milliers de fois. Vous etes tous pareils les arnaqueurs, vous pensez que parce que d’autres font pire ça vous excuses. Mais c’est faux mon p’tit père, t’as déconné à mort et là ça va banquer sec.
– Simple xeno scam, au pire je prends… 12 cycles !
– Oui, ça aurait été vrai si c’était pour ça qu’on t’inculpe…
– Quoi ?
– Pauvre con : on sait que t’as utilisé les matrices Sigma pour faire ton coup et baratiner les humains en leur envoyant des conneries pendant tous ces cycles. Mais tu sais quoi ? c’était une très mauvaise idée de vouloir arnaquer le hacker qui t’as installé tout le dispositif, parce qu’on l’a choppé y’a quelques temps et que pour sauver sa peau il nous vendu la tienne ! »

Trivok jura et frappa le mur avant que le Ranshad ne le cloue au sol en pressant un bouton contrôlant son collier de soumission.

« Maintenant t’as le choix Trivok : soit tu nous donnes des détails et on sera sympa, soit je demande au Ranlaap de te coller dans une fusée direction la Terre pour que tu sois puni par eux… et tu sais ce qu’ils font aux hommes de l’espace les humains ? t’as déjà entendu parler de cette équipage de Gralorien qui s’est crashé y’a 39 luons ?
– 39 luons ? mais vous croyez que j’ai quel age ?
– Je sais que t’es un p’tit con, mais t’es un petit con nuisible, alors vide ton sac, et peut être que tu finiras pas sur une table d’autopsie et en vidéo ! »

Trivok pesa le pour et le contre en instant, puis, avec lucidité, décida de passer aux aveux.

***

Epilogue

« Hey Disher !
– C’est Rand Disher !
– Oh la la la ! qu’est ce que tu fais comme manière depuis que t’as prit du grade !
– Bon laisse tomber : qu’est ce que tu veux ?
– Le véto à fini avec les humains. Ils vont bien mais ils sont salement choqués
– Ouais c’est leur nature : parait que si tu les pousses à bout très fort ça peut les tuer.
– Sans dec ?
– Si j’ai vu ça dans un documentaire…
– Ah ah… tu te fais encore des soirée prostré devant l’hypernet hein ? faut vraiment que tu te trouve un copain. Ou une copine hein, je juge pas. Enfin tout ça pour te dire que le conseil est en train de prévoir une évacuation sanitaire et il voudrait que tu t’en charges.
– Les ramener sur Terre ? mais bordel ça va me prendre 4 slogs cette histoire !
– Oh ça va, fait pas le genre super occupé : c’est quoi 4 slogs ?
– Bah t’as qu’a y aller ! mais je te rappel qu’en plus des 4 slogs de trajets je vais avoir AU MOINS 1 slog pour la paperasse et un demi slog au garage quand je ramènerai le vaisseau.
– Tu va me faire croire que t’es à 6 slogs près ? ça fait des luons que tu glandes au bureau ! là au moins tu verras du pays ! »

Le Rand Disher soupira en imaginant ce qu’il allait devoir dire aux humains : le pire dans les arnaques galactiques, c’était d’expliquer aux races inférieurs qu’ils s’étaient fait pigeonner.

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