Journal de bord – Episode final : Goodbye Supernova #DefiBradbury

Goodbye Supernova

Emma observait avec attention ses affaires étalés avec minutie sur son lit. Il fallait qu’elle trouve la meilleure façon de faire tout rentrer dans la petite valise que Papa lui avait donné, ce qui allait être bien plus compliqué que la fillette ne l’avait prévu.

Et puis il fallait prendre garde à ne pas ranger Miss Pinky, poupée pop star avec son micro incorporé, a coté de sa grande rivale, la sculptural Valkyria Titania, guerrière asgardienne armée de l’épée dimensionnel qu’elle avait obtenu en terrassant Dark Sorcer, bien que ce dernier appartienne à une autre gamme de jouet. Avec autant d’expertise qu’une futur mariée préparant son plan de table, Emma prit soin de regrouper les jouets selon leurs affinités, afin que le voyage se passe sans encombre et leur paraisse moins long.

Papa passa la tête dans l’encadrement de la porte et s’écria :

« Hey Princesse ! ça avance ce rangement ?
– Mouuuiiii… » minauda la petite fille « Mais je crois qu’il va me falloir une autre valise pour les forces du Mal. C’est trop risqué qu’ils voyagent avec les Gentils !
– Tu ne penses pas qu’ils pourraient signer une trêve ? juste le temps du voyage ?
– Tu es naïf Papa : Apocalypto ne laissera jamais passer une occasion de détruire les Sigmas pendant que j’ai le dos tourné.
– Mais si MOI je lui demande ?
– Tu es fou ! il utilisera son rayon de domination sur toi et te fera faire tout ce qu’il veut ! »

Papa fît une grimace bizarre mais plutôt rigolote.

« Donc il n’y a que toi qui peut gérer cette situation ? demanda Papa.
– Je suis la chef du bataillon : c’est un rôle ingrat mais c’est le mien !
– Et tu t’en sors à merveille Princesse, mais tu sais qu’on est limité en bagage, alors fait de ton mieux avec Apocalypto »

Emma joua avec une mèche de ses longs cheveux châtains et la mâchouilla tout en réfléchissant

« … je pourrais peut être mettre une partie des méchants dans le bus infernal pour qu’ils prennent moins de place… »

Papa leva le pouce en signe d’approbation puis s’en alla vers la cuisine ou maman préparait sa spécialité : de la glace au brocoli !

Depuis une semaine, toute la maison était en effervescence. C’était le grand départ qui se préparait, avec son lot de carton, de fouillis et de chaos. Lorsque Papa était rentré plus tôt ce soir là. Il avait obtenue une super promotion de la part de madame Smith, sa patronne, et elle lui avait donnée son après midi pour annoncé la nouvelle à toute la famille, Emma avait été folle de joie. Ils allaient avoir une nouvelle maison dans une nouvelle ville, avec de nouveaux voisins, elle allait avoir une nouvelle chambre dans laquelle toute son armée de la justice galactique allait pouvoir livrer d’incroyables combat contre les forces du Mal.

Et puis elle pensa à la cabane.

Dehors, dans le jardin, installé dans les hauteurs du grand chêne dont les branches dépassaient le toit de la maison, se trouvait la cabane d’Emma. Elle y montait par une échelle en bois blanc, portant le plus souvent dans son sac à dos « Sigma Force » ses jouets préférés, et pouvait y passer des heures a organiser des plans de surveillance de la Terre ou bien simplement a faire une dînette avec le Captain Stellar, Avalanche et Pinky. Comme toujours, Valkyria faisait des gâteaux viking dans le petit four en plastique rose installé dans le coin, aidé par Emma cela va sans dire, car les jouets n’avaient pas le droit de toucher au four sans sa permission.

La petite fille organisait aussi chaque mercredi un atelier lecture, ou elle sélectionnait pour la troupe les meilleurs bande dessinées de sa bibliothèque. Quelque fois même, elle invitait en guest star un des héros de ces histoires au grand bonheur de l’armée de la justice galactique. Qui avait put oublier le jour ou Pinky avait été surprise en train d’embrasser Batman ?

Du coup, le déménagement voulait dire adieu la cabane.

Emma avait bien entendu essayer de négocier : pourquoi ne pas l’emmener Papa ? avait elle demandée, le visage grognon. Et bien sur Papa de répondre que ce n’était pas possible, qu’on enlève pas un arbre du sol pour l’amener ailleurs. Mais Emma avait anticipé sa réponse et elle lui présenta sur sa tablette une vidéo montrant comment des organisations écologiques déplaçaient des forêt entière pour les mettre à l’abri des inondations. Il répondit que même si c’était possible cela coûterait bien trop cher, et que ça ne serait pas forcement possible de replanter l’arbre dans leur nouvelle maison. En plus, le chêne était très vieux, et ses racines devaient courir sous la maison ce qui rendrait très compliqué son extraction.

Emma tenta de convaincre Papa en appelant devant lui la hotline des enfers dont elle avait obtenu le numéro grâce a ses actions héroïque en tant que princesse. Elle mima l’appel avec ses doigts, expliquant que son interlocuteur était un certain Somnilanuralostes. Emma fit mine de raccrocher avec un air renfrogné : la hotline des enfers avait confirmé que malheureusement il était effectivement impossible de déplacer un arbre aussi grand sans risque de l’abîmer.

Vaincue, Emma dût faire le deuil de sa cabane.

Au fil des jours, elle réalisa que plein de chose allait lui manquer. Kini, le petit chien tout blanc des voisins qui sautait tout le temps la haie du jardin pour venir jouer avec elle, le magasin de bonbon sur Elm Street, le bruit des avions qui passaient au loin en laissant une traîné blanche qui finissait par quadriller le ciel lorsqu’à la nuit tombé il se mettait à rougir. Elle ne pourrait plus aller jouer autour de l’étang de Mercator avec ses amis, ni faire la course à vélo dans le terrain vague à coté de l’usine aux airs de gros fer à repasser de Médical Mécanica.

Emma demanda à Maman si c’était une si bonne idée que ça de partir, et cette dernière lui expliqua que c’était nécessaire, que Papa faisait ça pour la famille. Ce genre de notion ne trouvait pas trop place dans la tête de la petite fille. Car c’était bien beau la famille, mais qui allait expliquer à Jimmy Vancliff qu’il ne pourra pas tenter de reprendre le titre de « super bolide ultra » puisque Emma ne pourrait pas participer à la prochaine édition de la course à vélo la plus technique du quartier ? et comment faire comprendre à Kini que ce n’était pas parce qu’il avait mâchouillé Valkyria qu’elle partait… c’était beaucoup de boulot, et Emma se demandait si tout ça était bien raisonnable.

Parce que finalement tout ça c’était pour quoi ? un nouveau foyer ? la belle affaire : c’était surtout une promesse sans rien de concret derrière. Papa le savait, et Maman le savait, et Wendy sa grande sœur aussi le savait. Ils étaient tous à parler de l’avenir, mais que faisaient ils du présent ?

Emma s’installa sous le chêne, confortablement installé sur une grande nappe a carreau rouge et déposa a coté d’elle la figurine du fabuleux Captain Stellar, commandant en chef de l’armée de la justice galactique.

« Captain : on doit avoir une discutions sérieuse. Papa et Maman ne réalisent pas que le déménagement est une mauvaise idée. Je sûr que Papa n’a même pas pensé qu’il n’y aura pas forcément de « Big Billy Burger » là où on déménage ! »

Comme à son habitude, Captain Stellar resta silencieux. Mais Emma compris le message.

« Oui… vous avez raison Captain. C’est pas tout les « supers crousti cheese »…  mais quand même ! Faudrait au moins qu’on puisse y aller une dernière fois que je puisse compléter ma collection de verre collector « super Sigma » ! »

La petite fille attrapa la vaillante figurine et lui donna une voix.

« Emma : tu dois assurer ton rôle de justicière galactique. Papa et Maman on besoin de toi
– Je sais Captain, ils seraient perdu sans moi… et je ne parle même pas de Wendy !
– Oui, tu dois faire ce qui est juste… »

Emma n’était pas convaincu, mais le Captain était de bon conseil et en tant que super héros il savait de quoi il parlait quand il était question de faire le bon choix.

La petite fille retourna dans sa chambre et continua a ranger ses affaires. Elle plaça soigneusement sa collection de cartes à jouer « Vazygro » dans l’étui métallique qu’elle avait eu pour son anniversaire dans un des angles de la valise et s’assura que le tout était bien calé. Elle ajouta ensuite le coffret DVD de la série « captain Stellar » saison 4,  puis son costume de chevalier. Problème : impossible de faire rentrer l’épée dans la valise.

« Papaaaaa ! mon épée d’Ascalon elle rentre paaaaas ! je peux la mettre dans ta valise ? »

Papa arriva et observa la redoutable épée au tranchant légendaire.

« Ca risque d’abimer les affaires de maman ça Princesse…
– Mais non ! y’a le fourreau regarde ! » dit Emma en tendant le dit fourreau à son père
– Bon… dans ce cas on devrait pouvoir s’arranger

– Mais tu fais attention hein ? si tu la perds c’est de ta faute ? »

Papa soupira, sans doute écrasé par l’ampleur de la tache. Emma le comprenait : ce n’était pas facile d’avoir ce genre de responsabilité héroïque, mais il devait lui aussi faire sa part.

Une fois la valise pleine à craqué de jouet, Emma regarda ce qui restait. Elle aimait vraiment beaucoup la plupart de ses jouets, mais avait bien comprit qu’il allait falloir s’en séparer. Elle eut soudain une idée qui lui parut merveilleuse.

Elle se précipita voir Maman, et lui demanda la voix plein d’entrain :

« Maman dis ! est ce que je peux donner les jouets que je peux pas amener ? »

Maman accepta, et fut très fière qu’Emma acceptent de partager ainsi ses jouets. Sillonnant le quartier, elle donna son robot RAAC7 et voiture télécommandé Shelby GT à Tony le voisin d’en face, sa machine de transfert cyclotronique Axis et son train des enfers à Amanda, la fille de la nourrice, et ses figurines exclusives Raigo prince de la foudre et Vic Vanguard à Sofia, une de ses amies du quartier qui collectionnait cette gamme de jouet.

Au début, Emma voulut donner sa peluche Basilisk a la petite fille de madame Fletcher qui venait de naître, mais elle ne pouvait que difficilement se séparer de ce qui était son doudou depuis toujours. Et puis bon, Basilisk était indissociable de sa ligue de justice galactique, il devait donc rester.

Ah que c’était dur d’abandonner ainsi ces amis pensa Emma.

La petite fille retourna voir Maman et lui expliqua son cas de conscience. Après tout, elle devait faire en sorte que ses amis restent ensemble ? c’était son rôle de chef ?

Maman lui expliqua que ce n’était pas si simple, et que parfois les amis avait besoin de s’en aller, mais que ce n’était pas pour autant qu’on ne les aimait plus. Emma répondit qu’elle savait déjà qu’elle allait regretter de ne plus jouer avec eux. Maman répondit à son tour que pour autant, elle pourrait se rappeler des bons moments, tout en sachant que ses jouets continueraient à s’amuser avec d’autres enfants, que c’était le plus beau cadeau qu’elle pouvait leur faire.

Emma voulut arrêter le Temps pour réfléchir à cette remarque, mais elle avait jurée au Docteur et à tous les seigneurs du Temps qu’elle n’utiliserait plus jamais ce pouvoir… manipuler le temps causait plus de problème qu’autre chose…

Papa arriva entre temps et annonça à Maman et à Emma que Juli, la baby-sitter, allait enfin se marier avec Rony, son petit copain depuis plus d’un an, et qu’elle attendait peut être un heureux événement . Emma était très heureuse car Juli était une super copine qui adorait jouer avec elle à « Monstre et Princesse ». Rony aussi était très gentil : il avait expliqué à Emma les règles du football américain et offert une casquette des Sharks de Miami a son retour de vacances. Elle songea alors au fait qu’ils allaient devenir des nouveaux papa et maman, et que peut être une nouvelle petite Emma allait habiter dans le coin.

« Dis maman ? pourquoi on donnerait pas la maison à Juli ? »

Maman et Papa se mirent à rire de bon cœur et acquiescent

« Pourquoi pas ! » dit Papa « je leur demanderai si ça les intéresses »

Pfff… il fallait toujours tout leur souffler à ces deux là !

Emma retourna dehors pour finir sa distribution de jouet. Elle donna son bracelet de fée à Sophie, sa copine de chez la nourrice. Elle réserva son avion bombardier robotique à Théo qui vivait près de la voie de chemin de fer, et termina son tour du quartier en donnant à Lucas, le plus gentil de tous les garçons, sa figurine articulé MAX PUISSANT ! avec bras automatique et 32 phrases enregistrés (mais seulement s’il remettait des piles).

Lucas était triste de voir partir Emma. En souvenir, il voulut lui offrir sa réplique ultra détaillé du Casul 454 de la nouvelle série X-Or Génération Alpha. C’était un bien beau pistolet laser avec double réflecteur énergétique et survoltage ionisé, mais Emma expliqua qu’elle ne pouvait pas le prendre dans ses bagages. Elle se mit d’accord avec Lucas pour lui écrire dès que possible sa nouvelle adresse afin qu’il lui fasse parvenir par la poste.

En rentrant à la maison, elle croisa justement le facteur qui lui remit une pile de courrier. C’était des trucs inutile pour Papa et Maman : un tract de campagne pour la réélection du président Bradshaw, un autre pour annoncer les soldes monstres du magasin pour homme « Super Macho Man », un courrier des impots… Emma à hésita à tout jeter à la poubelle, puis elle se ravisa : c’était à ses parents d’apprendre à gérer leur courrier après tout !

Maman regardait la télé. Il y était question d’émeutes, et d’un homme courageux qui avait sauver des tas de gens. C’était un grand monsieur, au visage tranquille, et qui expliquait qu’il n’avait fait que son devoir, et que c’était aussi simple que ça à ses yeux.

« CA ! c’est un héros ! » expliqua Emma à Maman « Un vrai héros ça fait ce qui est juste, et c’est tout ! les autres c’est des frimeurs !

– Ah bon ? » dit Maman visiblement intéresser par la question de la morale super héroïque

– Bah oui : parce que les gentils, comme ils sont gentils ils ont pleins de copains, et il faut les défendre, c’est ça être un héros : pas seulement faire des pubs pour les céréales comme Batman !
– Et bien ma chérie tu m’apprends quelque chose de très important ! » dit Maman.
– Contente que ça te serve ! » dit Emma « je suis ravi qu’on ait put avoir cette conversation toutes les deux ! »

Emma ne savait pas pourquoi, mais Maman riait.

Ah ! l’insouciance des adultes !

Le reste de la journée, Emma resta devant la télé à regarder les rediffusion de la série « Les mutants – les chemins du coeur » une série super ou des mutants brésilien vivait de passionnante romance sous fond de combat super héroïque. Dans cet épisode, le cœur de Jorge avait été transplanté à Elsa, la fille de Jenny, et elle se mettait soudainement à avoir ses pouvoirs. C’était vraiment une bonne série !

Cependant, après quelques épisodes qui ne respectaient pas la chronologie de diffusion, Emma décida de regarder autre chose et tomba sur les épreuves du 100m des jeux paralympiques. Elle fut tout d’abord impressionnée par l’apparence des participants, certains n’ayant qu’une jambe valide, d’autres ayant des bras déformés ou absent… mais dès que le coup d’envoi de la course fut donner, la petite fille se passionnant uniquement pour l’épreuve. Elle repéra dans les coureurs une jeune femme en tenue bleu dont les prothèses avaient l’air de patte d’insecte mécanique noir colbat. Sans trop savoir pourquoi, elle se mit à l’encourager :

« Aller ! va s’y ! tu y es presque ! »

La favorite d’Emma fini par remporter la course d’une tête. Folle de joie, la petite fille se mit à sauter dans le salon, puis se précipita vers Papa pour lui raconter :

« PApaaaaa ! la dame en bleu elle à gagnée ! c’est la plus rapide !
– C’est super dis donc ça chérie !

– Oui c’est trop bien ! Dis Papa : moi aussi quand je serai grande je pourrais avoir des jambes robot qui courent vite ? »

Papa tira une tête pas possible et fit non de la tête :

« Non Emma… il ne faut pas rigoler avec ça… la dame est handicapée et…
– Pfff … n’importe quoi ! elle est pas handicapée : elle court super vite ! c’est juste qu’elle à des jambes robot c’est tout ! »

Papa lui sourit

« C’est toi qui à raison Princesse »

Qu’est ce qu’il ferait sans Emma dans cette maison ?

Au fur et a mesure que la journée s’écoulait, la maison se vidait, et les cartons s’accumulaient dans l’entrée. Et puis d’un seul coup, Emma réalisa que tout était emballé.

Papa appella tout le monde :

« Les filles… cette fois on est pret ! demain c’est le grand départ !

Emma leva la main comme on lui avait apprit à l’école. Papa l’autorisa à parler, et elle entreprit de s’exprimer le plus clairement possible :

« Dites, je crois que ça va pas être possible pour moi. J’étais d’accord mais en fait maintenant j’ai plus envie, donc on reste.
– Emma… » dit Papa la voix fatiguée « Princesse c’est trop tard, on part demain !
– Mais moi je veux pas ! Je veux rester ici !
– Ma chérie, tu ne veux pas voir la nouvelle maison ? ta nouvelle chambre ?
– Non ! je veux pas de nouvelle maison ! c’est ici ma maison ! et puis ma nouvelle chambre elle sera pas aussi bien que celle là, parce que celle là elle à une cachette secrète ! et par la fenetre je peux voir ma cabane ! la bas y’a même pas de cabane ! »

Emma pleurait de tristesse…

« Et puis mes copains ils sont pas la bas ! et moi je serais toute seule !
– Mais non ma chérie : nous on sera là, avec Maman et Wendy, et puis t’auras plein de nouveau copain…
– Mais je veux pas… pourquoi il faut que ça change hein ?
– Emma… des fois dans la vie les choses doivent changer.
– Bah c’est nul ! nul nul nul ! Moi je changerai jamais ! JAMAIS ! »

La petite fille retourna a toute allure dans sa chambre. Elle voulut s’affaler sur son lit et se cacher sous les draps, mais ceux ci avaient été rangé avec le reste des affaires. Il ne restait plus qu’un sommier. Les murs vide de la pièce impressionnèrent Emma. Elle n’avait pas le souvenir que sa chambre soit aussi banale. Où étaient les dessins ? les guirlandes ? et les posters de Starlina, la Princesse magicienne ?

Papa arriva derrière Emma et la prit dans ses bras.

« Aller Princesse : tu sais que ce soir on dort chez Grand mère et grand père.
– Dis Papa. Si tout change ça veut dire que toi aussi tu va changer ?
– Et bien… oui forcément : tout change, et tout le monde change. Toi aussi tu vas grandir. Tu va devenir une belle jeune fille. Avoir un amoureux.
– Mais c’est toi mon amoureux !?
– Pour l’instant. Mais un jour tu trouveras un autre amoureux, que tu aimeras comme Papa. Evidemment je préferai que ça soit le plus tard possible, mais c’est comme ça.
– Tu sera triste ce jour là ?
– Un peu. Parce que je serai comme toi maintenant. Je voudrais que les choses ne changent pas, que tu restes toujours ma petite princesse. Mais en même temps ça serait triste que rien ne change. Ce qui est nouveau c’est ce qui est bien dans la vie. Et puis tu sais… si les choses changent, ça rend les moments présent encore meilleurs. On apprécie plus tout ça. Tu ne dois jamais l’oublier Emma : les bons moments sont uniques, et tout change, alors il faut aimer ce qu’on à sans jamais avoir de regret. Tu comprends ?
– Un peu… En tout cas je comprends que tu seras triste si j’ai un autre amoureux, alors je te promets que j’aurais pas de copain avant au moins d’avoir… oh au moins 13 ans ! »

13 ans… c’était tellement loin ! comment serait le monde dans un futur aussi éloigné ? Emma savait qu’elle ne prenait aucun risque en faisant une telle promesse. Papa était rassuré : ça se voyait parce qu’il souriait.

Papa et Emma redescendirent dans le salon. Tout le monde prit son sac de voyage et monta dans la voiture. Cette fois c’était le moment. Adieu la maison, adieu la cabane. Adieu le quartier, le lac mercator et l’usine medical mécanica au loin. Adieu les courses à vélo, les crousti-cheeses et les copains.

***

Le lendemain, dans la voiture, Papa mit la radio et laissa la fréquence 102.3 car il y passait la chanson favorite de Emma : « La groupie du pianiste ». C’était une vieille chanson, mais la petite fille adorait le son du piano, et la voix douce de Michel Berger, son interprète. La petite fille et sa soeur reprirent le refrain en coeur :

« Elle l’aiiime ! elle l’adooooore !
C’est fou comme elle l’aiiiime ! c’est beau comme elle l’aime ! »

Après cette chanson, Wendy demanda à Papa s’il pouvait mettre l’album « Chanson pour Avalon » qu’elle venait d’acheter pour le voyage. Emma aussi aimait beaucoup la chanteuse Jasmine, mais aurait préférer réecouter la groupie du pianiste. Mais bon, comme pour tout, la petite fille savait faire des concessions envers les goûts discutable de ses proches.

Tandis qu’ils roulaient, un énorme grondement resonna dans le ciel. Emma regarda par le toit panoramique et apperçu l’immense masse de métal propulsé par des réacteurs surpuissant monter dans le ciel en laissant un sillage de fumée. Dire que dans quelques heures elle serait à bord d’un engin pareil…

Pour s’occuper durant le reste du trajet, Emma joua au Stormbreaker :

« bip bip ! vite : activation du convecteur de puissance ! Wendy : il faut que tu fixes la matrice de convection sinon ça va explosééééé ah nooooooooon ! »

Wendy soupira et mit son casque audio tout en tapant des messages à ses copines sur son mobile.

Quelle rabat joie dès fois !

***

Cette fois c’était le grand moment. Après avoir laisser la voiture, après avoir enregistré les bagages et passer la sécurités, toute la famille était à bord, prête au décollage. Emma regarda par la fenetre, appercevant le tarmac et les tout petit bonhommes en tenue fluo qui agitaient les bras. Elle les imita tout en expliquant à Wendy que c’était pour sécuriser les accès et éviter les collision. La toute jeune adolescente, toujours le casque sur la tête, fit mine d’acquiescer pour que sa petite soeur la laisse tranquille.

Un grand bruit se fit entendre. Un grondement comme celui d’un puissant dragon.

« C’est le turbo statoréacteur ! » dit Emma à Papa qui se trouvait sur le siège de devant ! on va décoller ! »

Les ceintures automatiques se verrouillèrent, et dans un vacarme apocalyptique, l’engin s’élança dans les airs. Emma sentit la violence de l’accélération appuyer sur ses épaules et son visage, et s’amusa à se laisser caler dans le gros fauteuil ou elle était assise. Elle vit l’aéroport devenir tout petit, puis les alentours. Elle put apercevoir l’usine en forme de fer à repasser médical mécanica devenir toute petite, puis le quartier, puis la ville.

Elle vit ensuite la Terre, ronde comme une belle bille aux éclats bleus tandis que la fusée atteignait sa vitesse de croisière. Les ceintures se détachèrent automatiquement, laissant les passagers profiter de la sensation de non gravité.

« Mesdames et messieurs nous venons de quitter la terre. Notre vol vers Proxima Centauri sera d’une durée estimé de 2 slogs. Durant votre voyage, notre personnelle se tiens à votre disposition. Merci d’avoir choisi notre compagnie : excellent voyage à tous »

Emma regardait la terre par la fenêtre qui devenait de plus en plus petite à mesure que les hyper propulseur de la fusée leur donnaient de la vitesse. Ils allaient bientôt rentrer dans le flux hyper spatiale, et ils allaient voir le monde se figer puis disparaître, comme si le temps s’était accélérer en un instant. Emma vit alors le soleil grandir, grandir, pour finalement s’effondrer après un dernier éclat, et s’éteindre dans le néant.

C’était fini, ce moment de sa vie était terminée. Il allait maintenant falloir réapprendre à vivre ailleurs, différemment. Mais Emma ne parait pas de zéro. Elle avait emporter une part de cette ancienne vie, et des tas de souvenirs chouette qui ne la quitteraient jamais. Elle était prête pour de nouvelles aventures loin de la Terre et du Soleil.

Elle regarda par le hublot, avec un peu de mélancolie, et déposa un baiser sur la vitre là ou était la Terre. Et puis ensuite, tout doucement, comme pour elle même, elle dit :

« Goodbye Supernova… »

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