Saint Seiya G Vs The Lost Caneva

Les plus anciens d’entre vous doivent se souvenir avec une certaine émotion de la série Saint Seiya, plus connus sous nos latitudes sous le nom “Les Chevaliers du Zodiaque” (ce qui doit être l’une des rares fois ou un titre traduit est plus classe que l’original). A l’opposé d’un Dragon Ball manichéen à souhait avec des méchants très méchants, Saint Seiya proposait toujours des affrontements impliquant plus les sentiments et des choix moraux que la sempiternelle course a la super technique de l’enfer. L’histoire original de Masami Kurumada était sublimé par le chara design de Shingo Araki bien supérieur à celui du manga (qui, il faut être honnête, était tout simplement médiocre) et souligné par la partition symphonique magique de Seiji Yokoyama.

Les années ont passé et la saga n’ayant pas été achevé dans le manga (le chapitre final dans le royaume d’Hadès) les producteurs ont décidé de profiter de l’occasion pour réactualiser la licence qui disposait toujours d’un gros pool de fan. Ainsi des OAV destiné a finir la saga Hades sont sorti, ravivant la flamme chez les fidèles de la première heure et ouvrant la voie a un nouveau public. Sans doute pour continuer a surfer sur cette nouvelle impulsion, la série manga se voit prolonger. Mais plutôt que de demander a Kurumada de reprendre ses pinceaux pour crée de nouveaux épisodes (ce qui à été l’erreur qui à tuée Toriyama qui à force de faire du Dragon Ball a gavé le public) ce dernier à plutôt proposé de superviser de jeunes auteurs qui prendraient la relève de la saga afin de l’emmener vers de nouveaux horizons.

Deux saga naissent alors : Saint Seiya G et Saint Seiya : The Lost Caneva.

Saint Seiya G

Saint Seiya G, parut en toute fin 2002 et dessiné par Megumu Okada, se situe environs 7 ans avant la saga que nous connaissons. Elle raconte l’affrontement entre les chevaliers d’or (qui sont les héros de premier plan de la série) contre les titans de Cronos réunit pour renverser l’ordre de l’univers.

Graphiquement, c’est la version la plus aboutie de Saint Seiya : utilisant l’infographie, chargeant les planches d’une foultitude de détails parfois jusqu’a l’indigestion (c’est parfois tout simplement illisible), Okada nous sert une débauche de puissance apocalyptique jamais atteinte dans la série. Cette incroyable surenchère rend bien la fureur des combats et le niveau de puissance atteint dans un camp comme dans l’autre. Quand au design des armures, bien que fidèle a l’original, elle se distingue par un niveau encore plus soutenu de détail. Ce qui par contre divise les fans, c’est le coté androgyne poussé des visages des personnages et leurs traits exagérément juvéniles. Pour parler vulgairement, les chevaliers font clairement tafiolle avec leur grand yeux et leur membre tout fin de héros de Shojo. Pour ma part j’ai trouver ce changement rafraichissant.

L’histoire est de bonne facture et propose un défi a la hauteur de nos chevaliers d’or préférer. Cependant, vu qu’on sait ce qui se passe par la suite, le danger ennemis bien qu’immense parait futile. Bon d’accord ils se battent avec des Dieux qui leurs balancent des galaxies dans les yeux, mais ont sait qu’il ne meurent pas, et sans ce danger potentiel, l’enjeu des combats s’en ressent. Cependant, l’auteur utilise astucieusement ce principe pour aller a rebrousse poils de ce que l’on sait de la saga et nous offrir ainsi l’origine de certains éléments (par exemple, pourquoi Shura suivait il aussi bêtement les ordres du Pope, lui qui se disait fidele servant d’Athéna). Du coup notre interet est maintenu. Toujours pas fini, cette histoire a tourné un peu en rond pendant quelques volume (“ahahaha tu vas mourir !” / “oh non je n’ai plus de force…” / “Je vais t’achever” / “Je ne renoncerai pas ! tant que j’aurai un souffle de vie !”) mais l’intrigue reprend le dessus et s’avère très complexe avec son lot de manipulations et intrigues de palais.

Saint Seiya : The Lost Caneva

The Lost Caneva, parut lui en 2006 et dessiné par Shiori Teshirogi (une mangaka fan absolue de l’œuvre originale) raconte l’histoire de la précédente bataille contre les forces d’Hadès. Le point de liaison entre cette série et l’originale est le personnage de Dokho, maitre de Shiryu et accessoirement Yoda de service (En effet, 200 ans plus tôt, il était le jeune et sémillant chevalier de la Balance en titre)

Le graphisme de Teshirogi, aéré et précis, serait en quelques sorte la transposition du style de l’anime en manga. Très fidele a son modèle, la Mangaka s’enferme peut être un peut trop par respect et manque d’originalité (beaucoup de personnage ressemblent à ceux de la version originale). Elle à cependant un trait indubitablement supérieur à celui de Kurumada (le pauvre… qu’est ce qu’il prend aujourd’hui) et on lui pardonnera cette fidélité outrancière étant donnée le travail très propre qu’elle fourni.

Le scénario quand à lui, écrit par Kurumada, prend pour point de départ la relation très “Jules et Jim” entre Sasha, Alone et Tenma, des amis d’enfance qui sont respectivement la réincarnation d’Athéna, celle d’Hadès, et le chevalier Pégase. Alone, personnage doux et sensible devient le réceptacle de l’âme d’Hadès et prit de folie nihiliste, il veut purifier le monde de ses horreurs par la mort. Comble de l’ironie, sa sœur Sasha n’est autre que la réincarnation d’Athéna et elle compte bien stopper les projets destructeurs de son frère. Pris entre les deux, Tenma essayera de s’acquitter de son devoir de chevalier tout en faisant son possible pour que son ami renonce a ses plans.

La “distance” avec la saga principale offre a l’histoire plus de possibilité (pas besoin de devoir respecter un cahier des charges trop contraignant) et elle ne s’en prive pas tout en envoyant de ci de là des allusions pour les fans qu’ils ne manquerons pas de remarquer / apprécier. Le triangle (non amoureux je le précise) entre Alone, Sasha et Tenma est original et permet a l’histoire de ne pas se résumer a “tu es un méchant : tu vas dérouiller !”. Dans la grande tradition de Saint Seiya, les combats mêlent devoir, honneur et sens du sacrifice.

Le Duel !

Graphiquement, Saint Seiya G est techniquement supérieur à Lost Caneva, mais son manque de lisibilité le desserre. De plus, le style androgyne des personnages sera un problème pour certain.

L’histoire de Lost Caneva à un petit air de déjà vu avec son affrontement entre Hades et l’ordre des chevaliers d’Athena, et ne doit son salut qu’a l’apport de nouveauté et de personnage. Saint Seiya G lui propose un autre angle de vue a la série d’origine, ce qui lui permet de profiter de sa richesse afin de tracer des liens fort entre passé et présent. L’exercice est plus risqué, mais finalement lui porte bénéfice.

Si on cherche a savoir qui est le plus fidèle, on pourrait dire que c’est Lost Caneva car il s’agit d’un scénario de l’auteur d’origine, mais ce dernier supervise aussi Saint Seiya G.

Conclusion, on se retrouve avec ce que je déteste le plus dans un comparatif, a savoir un choix “en fonction de ce que vous voulez” ! (oui parce qu’en général quand j’en vois dans les magazine je hurle contre les journalistes en insinuant que ce sont des vendus qui ne font pas de choix de peur de perdre un sponsors).

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