Journal de bord – Episode final : Goodbye Supernova #DefiBradbury

Goodbye Supernova

Emma observait avec attention ses affaires étalés avec minutie sur son lit. Il fallait qu’elle trouve la meilleure façon de faire tout rentrer dans la petite valise que Papa lui avait donné, ce qui allait être bien plus compliqué que la fillette ne l’avait prévu.

Et puis il fallait prendre garde à ne pas ranger Miss Pinky, poupée pop star avec son micro incorporé, a coté de sa grande rivale, la sculptural Valkyria Titania, guerrière asgardienne armée de l’épée dimensionnel qu’elle avait obtenu en terrassant Dark Sorcer, bien que ce dernier appartienne à une autre gamme de jouet. Avec autant d’expertise qu’une futur mariée préparant son plan de table, Emma prit soin de regrouper les jouets selon leurs affinités, afin que le voyage se passe sans encombre et leur paraisse moins long.

Papa passa la tête dans l’encadrement de la porte et s’écria :

« Hey Princesse ! ça avance ce rangement ?
– Mouuuiiii… » minauda la petite fille « Mais je crois qu’il va me falloir une autre valise pour les forces du Mal. C’est trop risqué qu’ils voyagent avec les Gentils !
– Tu ne penses pas qu’ils pourraient signer une trêve ? juste le temps du voyage ?
– Tu es naïf Papa : Apocalypto ne laissera jamais passer une occasion de détruire les Sigmas pendant que j’ai le dos tourné.
– Mais si MOI je lui demande ?
– Tu es fou ! il utilisera son rayon de domination sur toi et te fera faire tout ce qu’il veut ! »

Papa fît une grimace bizarre mais plutôt rigolote.

« Donc il n’y a que toi qui peut gérer cette situation ? demanda Papa.
– Je suis la chef du bataillon : c’est un rôle ingrat mais c’est le mien !
– Et tu t’en sors à merveille Princesse, mais tu sais qu’on est limité en bagage, alors fait de ton mieux avec Apocalypto »

Emma joua avec une mèche de ses longs cheveux châtains et la mâchouilla tout en réfléchissant

« … je pourrais peut être mettre une partie des méchants dans le bus infernal pour qu’ils prennent moins de place… »

Papa leva le pouce en signe d’approbation puis s’en alla vers la cuisine ou maman préparait sa spécialité : de la glace au brocoli !

Depuis une semaine, toute la maison était en effervescence. C’était le grand départ qui se préparait, avec son lot de carton, de fouillis et de chaos. Lorsque Papa était rentré plus tôt ce soir là. Il avait obtenue une super promotion de la part de madame Smith, sa patronne, et elle lui avait donnée son après midi pour annoncé la nouvelle à toute la famille, Emma avait été folle de joie. Ils allaient avoir une nouvelle maison dans une nouvelle ville, avec de nouveaux voisins, elle allait avoir une nouvelle chambre dans laquelle toute son armée de la justice galactique allait pouvoir livrer d’incroyables combat contre les forces du Mal.

Et puis elle pensa à la cabane.

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journal de bord – épisode 51 : l’honneur des Chateauciel #DefiBradbury

L’honneur des Chateauciel

Le modeste comté de Chateauciel, situé non loin de Chantilly, était le fief d’une des familles les plus renommé de France et ce depuis l’époque de Charlemagne. En effet, le comte de Chateauciel et ses enfants étaient tous destiné à devenir les protecteurs du Roi. Vivant pour le devoir, rompu au combat et prêt à tout les sacrifices, ils étaient des parangons de droiture et d’honneur.

En ce jour d’été orageux, le comte Henri de Chateauciel donnait la leçon à sa fille Elise dans la salle d’arme du manoir familiale. Cette grande pièce au sol de marbre blanc était un immense espace vide dont seuls les murs étaient pourvut. Ils étaient en effet couvert d’armes de toute sorte, généralement de qualités exceptionnelles, que la famille se passait de génération en génération. Chaque membre se faisait un devoir d’entretenir ce patrimoine et de trouver de nouvelles pièces pour l’agrémenter.

Henri avait choisit d’utiliser une lourde hallebarde dont le manche était fait d’un solide morceau de frêne afin d’entraîner Elise à affronter un adversaire avec plus d’allonge. Tournant autour d’elle à bonne distance tandis qu’elle le suivait du regard, il égrainait ses conseils de sa voix puissante :

« …les armes d’Hast sont tes pires ennemis : leur allonge est supérieure à celle de l’épée et leur estoc est imparable sans bouclier. Ta seule chance c’est ta vitesse et ta petite taille : c’est une arme lente a cause de son amplitude, et si ton adversaire manque son coup tu peux le terrasser avant qu’il ne réarme son attaque. Mais dis toi bien que tu n’auras pas deux fois l’opportunité de tromper un expert… »

Elise ne répondit que d’un hochement de tête. Lors des entrainement, il n’était pas question d’émettre un avis ou de prononcer un mot. Durant ses moments, ce n’était plus son père à qui elle faisait face, mais à un maître d’arme a qui elle devait respect et obéissance.

Henri porta un premier coup d’estoc droit dans la ligne d’Elise que cette dernière évita rapidement en se décalant d’un pas sur le côté. mais l’habile combattant avait prévu ce mouvement : il fit tourner la hallebarde de façon à ce que le côté tranchant se trouve à l’horizontale tandis  qu’il ramenait l’arme vers lui. Elise réalisa trop tard la feinte et reçut le coup tranchant le long de son biceps qui heureusement était protégé par une cotte de maille.

La jeune femme pesta : a chaque début d’entrainement elle refusait d’enfiler cet accessoire qui pour elle était plus une gêne qu’autre chose, et à chaque fois elle finissait par recevoir une attaque qui l’aurait gravement blessée sans cette protection.

Henri put lire dans ses yeux la détermination et la hargne : exactement ce qu’il voulait. Il était convaincu que tout comme une épée, un bon combattant se forgeait avec des coups dans le feu d’un affrontement réel. Il fallait aussi que le combattant ait soif de victoire, et c’est pour cela qu’il avait constamment défié Elise depuis son plus jeune age afin qu’elle cherche à le dépasser.

Le comte de Chateauciel était fier de sa fille, car c’était sans doute une des meilleures lames du royaume, mais il craignait toujours qu’elle ne soit pas assez préparée. Aurait il agit différemment si le Seigneur lui avait donnée un fils ? il éluda la question, estimant que ses filles valaient bien dix soldats chacune.

Lors des passes d’armes suivantes, Elise fut plus attentive aux mouvements de la hallebarde et commença à comprendre comment se décomposaient les mouvements d’attaque : préparation, impulsion, pivot, rétractation puis remise en garde. Le rythme était beaucoup moins fluide et vif qu’a l’épée, mais la portée de l’arme et sa puissance ne lui offrait pas d’opportunité de contrer. Henri était trop habile pour laisser paraître de faille dans sa défense.

« Tu ne gagneras pas en te précipitant sans réfléchir Elise » reprit Henri « Les armes d’Hast ont un point faible, et ce n’est que lorsque tu l’auras compris que tu pourras espérer dominer ton adversaire »

Henri ne donnait jamais directement à ses filles la réponse à un problème. Il préférait les laisser s’en sortir par elle même, afin que si jamais elles se trouvent face à une situation inconnue, elles aient le réflexe de réfléchir. De toute façon, Elise était bien trop fière pour accepter une réponse toute faite…

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journal de bord – épisode 50 : plus dure que tu ne le crois #DefiBradbury

Plus dure que tu ne le crois

Le couloir de l’hôpital ressemblait à un plan de caméra à la Tarantino recopiant De Palma. Un cadre débullé le long d’un espace parfaitement rectiligne, avec un traveling qui avance lentement tout en tournant doucement sur lui même à 180 degrés.
C’était en tout cas comme ça que je vois les choses tandis que je traverse les urgences sur une civière tirée par 2 ambulancier. Ils hurlent des informations aux… en fait je ne sais pas trop si ce sont des médecins ou des infirmiers. En fait je ne sais pas trop ce que je fais là.

Sa cogne dur dans ma tête. J’ai comme l’impression que je devrais avoir mal partout, que je devrais être en train de pisser le sang, mais pourtant je ne sens rien, et visiblement ma coagulation n’est pas un problème. En fait le problème c’est que je ne sens vraiment rien…

J’ai du m’endormir… ou tomber dans le coma c’est à vous de voir. Je commence à retrouver des sensations, mais pas les bonnes : j’ai la nausée, comme si je respirais à plein poumon de l’ammoniac. Mes yeux brulent et ma machoire pèse une tonne. Impossible d’articuler un mot.

D’un seul coup il fait jour, et je sens que je suis couverte de bandage comme si j’étais une momie. D’un seul coup je n’entend plus rien, mais je me rend compte qu’en fait la nuit est tombée.

Il s’est passé quoi entre temps ?

Et il s’est passé quoi avant tout ça ?

Je me rappelle être monté en voiture. Je me rappelle que c’était Daniela qui conduisait. Où est ce qu’on devait aller déjà ? C’était futile sans doute. On roule depuis quelques minutes, et on prend l’autoroute. On ne se dit rien de particulier, on écoute la radio. Y’a cette chanson qui passe « Harder than you think » de Public Enemy. Daniela adore ce gros son de cuivre avec cette basse hip hop. Moi j’écoute à peine.

Ça doit être à ce moment là que l’autre voiture à littéralement jaillit de la voie de gauche et nous à percutées de face. Mes sens sont saturés d’information et déclarent forfait. Quand je reprends conscience, Daniela est collé tout contre moi. Et ça n’est pas normal.

Elle ne bouge pas, et m’écrase de tout son poids. Sa tête est plaqué contre mon épaule mais je ne sens pas sa respiration dans mon cou comme lorsqu’on se blottie l’une contre l’autre. A la place, je sens un filet de sang séché qui part de sa tempe et qui descend le long de mon bras. Je m’apprête a me tourne un peu pour essayer de la redresser, mais une douleur inimaginable me traverse de bas en haut. Je hurle comme jamais j’ai hurlé dans ma vie. C’est si violent que je peine à reprendre mon souffle.

Daniela est toujours inerte. Pire encore, sa tête à basculée en avant et elle pend par la ceinture de sécurité qui est tendue au maximum. Et puis d’un seul coup je remarque ce qui aurait du me choquer immédiatement… y’a la tête d’un type encastré dans le pare brise.

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journal de bord – épisode 49 : la sentinelle silencieuse #DefiBradbury

La sentinelle silencieuse

Je me prépare devant la glace, avec le bruit des voitures pour compagnie. Il fait trop chaud pour fermer les fenêtres, alors je m’accommode du vacarme. Malgré ce temps d’enfer je boutonne ma chemise jusqu’en haut : ça ne me dérange pas outre mesure, là d’où je viens une chaleur comme ça c’est la norme.

Je passe un peu d’eau sur mon visage. La sensation de fraîcheur disparaît en un instant, mais ma peau apprécie. Quelques gouttes ont formé des traces foncées sur mon col, mais d’ici à ce que je quitte la salle de bain elles auront déjà disparu.

Ce jour-là personne ne l’attendait, moi le premier. Pourtant ce soir c’est la grande finale, le moment ou toute une nation va s’unir vers la victoire. La France est en finale de l’Euro 2016 : un rêve qui semblait inaccessible il y’a quelques temps…

Ça c’est sur le papier dans les journaux. Dans la réalité il y’a bien plus à craindre de ce match que de bénéfice à en retirer. Oh bien sûr, il y’a la fête, et l’ambiance, et les gens qui crient. Mais moi ce soir j’aurais peur, et je resterai vigilant.

Je sors de la salle de bain et me dirige vers le salon. Ma femme Ansaara s’y occupe de notre fille, la petite Laura qui a tout juste 3 ans. Avec un brumisateur, elle lui arrose le visage et l’installe sur le canapé pour qu’elle essaye de faire la sieste. Il est midi et la chaleur atteint son point culminant. Je m’approche d’elle pour l’embrasser avant de partir. Son visage reflète ma propre inquiétude. Ce soir aussi elle aura peur.

Elle me demande si ça va aller, si je ne préfère pas me faire porter pale. Je lui dis que ce n’est rien, qu’il faut que je le fasse, qu’il y’a une belle prime à la clé. Nous n’avons pas beaucoup d’argent, et ce supplément serait le bienvenu. Ansaara le sait, mais elle se demande si ça en vaut bien la peine.

Ce que je ne lui dis pas, c’est que pour moi il y’a une autre raison de partir au travail. Mais cette raison je dois la garder pour moi.

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journal de bord – épisode 48 : L’armée de Joshua #DefiBradbury

L’armée de Joshua

A la fin de cette histoire, un enfant va mourir. Un petit enfant, mignon, innocent et tout juste âgé de 3 ans. Il n’y aura pas de retournement de situation. Pas de miracle. Pas de vaillant docteur qui lui sauvera la mise en tentant le tout pour le tout. Non, à la fin de cette histoire, un enfant va mourir, et personne ne peut rien y faire.

Si vous continuez, si vous vous aventurez plus loin, vous devez accepter de suite que cette histoire finisse ainsi. Vous devez accepter cet état de fait immédiatement et prendre ce risque en votre âme et conscience. Au contraire de ses parents, vous pouvez vous épargner bien des peines. Il vous suffit d’arrêter de lire, de refermer ces pages et de passer à autre chose. Cependant, vous devez aussi savoir qu’eux ne peuvent pas le faire. Ils ne peuvent pas refuser cette épreuve, pas plus que lui.

A la fin de cette histoire, un enfant va mourir, mais si vous accepter de continuer, si vous aller vers lui au lieu de fuir la mort qui l’entoure, alors peut être que durant les minutes que vont durer votre lecture, cet enfant vivra. Accordez-lui ce temps-là : il le mérite bien.

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journal de bord – épisode 47 : les bitos du donjon

Les bitos du donjon

Pour attendre la fin de l’orage, les aventuriers avaient trouvé refuge dans une taverne tout aussi typique que son nom « Au bon accueil de Lywen ». Comprenez bien que chaque ville, chaque village, comporte au moins un établissement portant ce nom, sans pour autant que ça soit la franchise d’une quelconque guilde. Simple tradition du milieu dirons nous…

La salle puait l’humidité et le chien mouillé, notamment à cause de tous les homme bêtes (mi homme mi ours ou bien mi homme mi sanglier) qui avaient envahi la salle lorsque les premières gouttes se mirent à tomber. Mais le tavergiste (nommé ainsi car personne ne savait s’il fallait l’appeler « tavernier » ou « aubergiste ») n’en avait que faire, puisqu’une salle aussi bondée, c’était la promesse d’une belle recette. Les serveuses ne chômaient pas, apportant des énormes bock de bière et des jambons braisés à toute allure à des clients assoiffés et affamés.

Despair lui, touillait le contenue de son verre avec une cuillère en le buvant à petite allure tout en jetant des regards perdu à droite à gauche…

« Hey ! Qu’est ce que tu mattes ? » demanda une voix féminine venant de sa ceinture
– Mais rien voyons !
– C’est la petite serveuse c’est ça ? » insista la voix qui semblait fâchée
– Mais pas du tout loulou, pourquoi je…
– LES MECS ! vous êtes tous pareils ! dès qu’un jupon passe…
– Mais je t’assure que je regardais pas la serv….
– Tais toi ! » hurla la voix folle de jalousie « tu fais ça sous mon nez en plus ! ça te plait de me faire du mal comme ça ? » dit la voix avec un début de sanglot.

Les autres convives autour de la table se regardaient, mal à l’aise, en essayant de comprendre ce qui se passait.

« Euh… tu as un soucis avec ta ceinture ? » demanda la magicienne avec dédain
– Euh nan nan, t’inquiète, elle est tout le temps comme ça.
– Ta ceinture est tout le temps jalouse ?
– Nan c’est pas ma ceinture : c’est un fouet » répondit Despair
– Ton fouet est tout le temps jaloux ?
– Alors comme ça je ne suis qu’un fouet c’est ça ? » enchaîna la voix
– Rah ! Hope ! tu vois bien que là je passe pour un débile !
– Et moi pour quoi alors ? » continua Hope « Tu me traites comme un objet !
– Mais T’ES un objet ! »

Lorsque Despair termina sa phrase, il ferma les yeux de dépit conscient de ce qu’il venait de déclencher : une bonne grosse crise de larme.

« T’es un salaud ! » dit Hope la voix pleine de sanglot « moi je me met en quatre pour toi, je fais des efforts, je me fais belle… mais toi tu me vois juste comme… comme… comme…
– Hope arrête : t’es rayé
– J’AI PAS FINI ! » dit elle d’une voix forte avant d’enchaîner avec sa petite voix sanglotante « tu me  vois juste comme une femme superbe que tu veux mettre dans ton lit….
– Mais loulou c’est pas ma faute si t’es une succube enfermé dans une arme maudite !
– C’EST DE LA MIENNE PEUT ÊTRE !?
– Bah techniquement un peu » compléta l’archer elfe assit face à la magicienne et qui s’était avéré jusque là extrêmement taciturne. « D’ailleurs on dit pas UN succube normalement ? »

Si Hope avait eu des yeux, ils auraient lancé des éclairs.

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journal de bord – épisode 46 : Reconversion #DefiBradbury

Reconversion

La salle d’attente du bureau de recrutement était aussi cosy que les bars chics de l’aéroport, ceux avec un grand piano à queue dont joue un pianiste en costume à qui on laisse un billet dans un verre à cognac.

C’était le genre d’endroit ou Jane se sentait à l’aise, comme si c’était son milieu naturel. Elle scrutait avec attention la toile fixée sur le mur à sa gauche : était-ce un Zapparelli ou bien un Lucano période « étoiles » ? En tout cas c’était une très belle œuvre, représentant une vierge Marie cosmique tenant dans ses bras un bébé Jésus qui ressemblait au surfer d’argent.

Le responsable de recrutement entra alors dans la salle d’attente. C’était un homme d’une bonne trentaine d’année, les tempes grisonnante, vêtu d’un strict costume gris souris :

« Madame Smith ? Je suis William. B Bernstein, chargé de recrutement : ravi de vous voir enfin en personne ! « 

Bernstein tendit la main vers Jane qui la regarda avec circonspection.

« Euh… dites Willy… je peux vous appeler Willy ? vous vous êtes lavé les mains récemment ?
– Pardon ?
– Oui oui je sais ça semble très saugrenu dit comme ça, mais avec le fluorure qu’il y a dans l’eau, si vous vous êtes lavé les mains et bien c’est toxique… remarquez maintenant que je dis ça si vous ne vous êtes pas lavé les mains ça ne serait pas très hygiénique non plus… oh je sais ! faisons-nous la bises ! »

Aussitôt Jane se leva de son siège et fit la bise à Bernstein qui se demanda un instant s’il n’allait pas refuser, puis, après réflexion, estima que ce n’était pas tous les jours qu’une aussi belle femme vous proposais aussi spontanément un peu de contact physique, aussi subreptice fût-il.

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Journal de bord – épisode 45 : 4 murs ou 4 planches #DefiBradbury

4 murs ou 4 planches

Chez nous on a un dicton : « à la fin de la journée, quoi qu’il arrive, tu finiras entre 4 murs ou 4 planches ». En prison c’est comme ça que ça se passe : les options sont minces. Ce qui est le plus étrange c’est que normalement notre vie devrait être rythmé par une régularité d’horloge, le genre précis et immuable. Ça c’est bien sûr la théorie, parce qu’en vraie chaque jour vous réserve son lot de coup improbable.

La journée commence à 7h, avec la sonnerie générale qui te sert de réveil. Contrairement à ce qu’on voit dans les films, les gardiens ne passent pas faire l’appel : ça prend trop de temps, alors ils se contentent de pointer quand ils nous croisent. De toute façon, personne ne se fait la belle de sa cellule durant la nuit.

On à 15 min pour se préparer, ensuite direction le réfectoire. Les matons ne sont pas coulant avec les retardataires, et si tu loupes le coche, tu devras attendre le déjeuner pour avoir un truc à te mettre sous la dent.

Ici ce ne sont pas des détenus qui font le service. Même si ça coûterait moins cher, ça serait une source supplémentaire de problème, avec des gangs qui s’arrangeraient pour occuper ce point stratégique et dealer de la bouffe. Du coup tu manges sereinement parce que tu sais que personne n’a glissé une lame de rasoir dans tes œufs brouillés ou d’acide pour les toilettes dans ton café.

Par contre, tu gardes quand même un œil qui traîne, parce qu’il y’a toujours un détenu qui aura envie de se faire un petit supplément, et en général il le trouvera dans ton assiette. La plupart tu temps tu n’as rien à craindre des gros caïds, parce que eux tapent dans les plateaux de leurs sbires. Non le problème vient plutôt des sbires en question qui se rattrapent sur toi.

Si tu veux durer un tant soit peu dans cette taule, tu fermes ta gueule et tu donnes ton flan caramel sans faire d’histoire. Si tu plais aux patrons, ils peuvent même t’avoir à la bonne et t’offrir une certaine protection en échange d’un peu de ta bouffe. La prison finalement, c’est le retour à un mode de fonctionnement féodale : les paysans nourrissent les chevaliers et obtiennent protection en retour. Enfin sauf que là les chevaliers se sont des narcotrafiquants, des voleurs de voitures, des arnaqueurs en tout genre, des tueurs…

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Journal de bord – épisode 44 : A touch of Joy #DéfiBradbury

A touch of Joy

« Non mais attendez : vous êtes sérieux !? »

Les yeux rivés sur le cristal de Vérité, Joy avait du mal à croire ce que ce dernier lui annonçait. Pourtant, les anciens du grand conseil des fées ne lui laissèrent aucun doute. Parlant tous ensemble d’une seule voix, ils répondirent sans hésiter :

« Le cristal t’as désigné Joy : c’est toi qui devra accomplir cette mission.
– Mais je… je suis qu’une fée débutante ! c’est à peine si je vole correctement !
– Tout cela nous le savons Joy. Mais le cristal a vu en toi la fée idéal pour aider cette jeune fille, alors il en sera ainsi… »

Voyant la mine déconfite de la petite fée, le conseil lui adressa quelques paroles d’encouragement :

« Ton manque d’expérience est une faiblesse, mais c’est aussi une force : tu agiras avec ton cœur, et c’est le plus important…
– Vous êtes marrant ! et si je me trompe, c’est cette jeune fille qui va en pâtir !
– Alors ne te trompes pas…
– Arf… vous en avez de bonnes… Bon très bien : je ferai de mon mieux ! »

Joy n’avait pas beaucoup confiance en ses chances de succès, mais elle se motiva comme elle pouvait pour rester souriante comme toute bonne fée qui se respecte. Pourtant lorsqu’elle quitta le grand conseil, elle ne put s’empêcher de soupirer devant l’ampleur de la tâche.

Elle virevolta à toute vitesse jusqu’à l’Arbre à rêve, et attendit son tour en faisant la queue tandis que Shrodon le golem de pierre orientait les fées en partance pour une mission. Chaque petite fée se présentait devant lui et lui chuchotait les mots magiques que le cristal de Vérité leur avait donnée. Ce message activait le lien entre le monde des rêves et celui des humains, permettant aux fées d’entrer en action.

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journal de bord – épisode 43 : MAX PUISSANT ! #DefiBradbury

MAX PUISSANT

Dans les temps anciens en Grèce, alors que la civilisation prenait son essor, les dieux étaient encore présents dans la vie des hommes et les héros affrontaient des monstres terribles au péril de leur vie. Mais de tous ces héros, le plus formidable, le plus extraordinaire, n’était pas forcément le plus célèbre. Car si nous connaissons tous Héraclès, Thésée et Ulysse, ils n’étaient rien en comparaison de l’incroyable…

MAX PUISSANT !

Née de l’union de l’élégance et de la surpuissance, MAX PUISSANT était si formidable que son nom ne pouvait s’écrire qu’en majuscule, chaque lettre étant plus importante que la précédente. Alors que tous les grecs de l’époque étaient en petite jupette de toile, MAX PUISSANT lui portait un perfecto noir, un jean 501 et des Ray Ban aviator. Et à tous ceux qui lui disait « mais enfin MAX PUISSANT ! c’est totalement anachronique ce genre de vêtement ! » il répondait « Hey ! reste cool bébé… » avant de tourner les talons avec flegme et sobriété.

MAX PUISSANT n’avait pas pour habitude de frimer comme les autres héros. Tuer des monstres n’était pas son passetemps favori, et séduire les jeunes vierges l’avait lassé depuis bien longtemps. Il passait la plupart de ses journées à boire de l’ouzo sur les marches de l’Acropole, conscient qu’il n’était pas à sa place dans un monde pareil. Parfois, il tenait compagnie à Socrate, un philosophe bien connu amateur de salade de feuille de vigne et de question rhétorique. En effet, ce dernier était comme lui : trop en avance sur son temps…

« Hey MAX PUISSANT !  » dit le philosophe tout en réajustant sa toge « Comment va la vie ?
– Bah écoutes comme tu le vois c’est la même que tous les jours : ouzo et déprime !
– Ah voilà qui est terrible mon ami… c’est triste qu’un héros comme toi soit ainsi dépourvu de destin glorieux à accomplir.
– Je sais… » dit MAX PUISSANT en avalant une gorgé d’ouzo « Mais et toi mon sage ami : qu’est ce qui t’amène dans le coin ? tu ne donnais pas des cours de… tu sais ce truc là où tu poses pleins de question sans raison ?
– De Maïeutique.
– Ouais voilà ! Mais dis donc Soso, entre nous : c’est vraiment un nom à coucher dehors ! ça ne se vendra jamais ton truc !
– Oh ne t’en fais pas mon vaillant ami, je ne compte pas toucher une drachme pour ça. Mes ambitions sont plus… pure !
– Pff… tu vois ! même toi tu as des rêves. Moi je n’ai que ma surpuissance ! »

Il convient en effet d’expliquer certaines choses. La plupart des héros sont vaillant, puissant, ou intelligent. Mais MAX PUISSANT lui était au-delà de tout cela. Il était en effet si extraordinaire, si fantastiquement héroïque, que la réalité elle-même n’osait pas aller à son encontre. C’est ainsi qu’il put mettre ko un orage d’un bon coup de poing, et briser un traité de paix d’un coup de genou. Sauf que voilà, MAX PUISSANT s’ennuyait beaucoup, n’arrivant plus à ressentir le frisson de l’aventure et le plaisir de la réussite.

« Crois moi MAX PUISSANT : tous les héros trouvent un jour leur destin ! le tiens est forcément là, quelque part ! »

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