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Pour Tali (Mass Effect 3)

Longtemps le jeu vidéo à été vu comme un loisir d’enfant, au pire d’ado attardé. On y jouait des plombiers rondouillards dans des mondes colorés façon “Alice au pays des merveilles” où les champignons rendent géants, et on finissait par recevoir un petit bisous de la part de la belle princesse.

Ce temps là est révolu. Maintenant le jeu vidéo peut tutoyer le cinéma sans trembler. Si au début, il cherchait a rivaliser avec l’action, maintenant le jeu vidéo cherche la puissance narrative : au delà d’agir, le jeu vidéo veux nous faire ressentir quelque chose.

Toute cette introduction pour vous dire que le jeu dont je vais vous parler va au delà du simple “moi vois / moi tue”.

Mais déjà c’est quoi Mass Effect ?

Tout commence en 2008 : le studio BioWare, lance un pavé dans la mare du jeu de rôle, domaine ou il est une référence. Il s’agit d’une aventure dans un univers de space opéra grandiose. Le risque prit par le studio est énorme: en effet, la plupart des jeux de rôle sont tiré d’univers de fantasy, et les seuls succès tiré d’univers SF sont inspiré de la prolifique licence Star Wars. BioWare mise donc très gros en voulant imposer un univers totalement original, d’autant plus que Mass Effect est positionné comme un “blockbuster” avec de gros moyen.

C’est un pari gagnant pour BioWare qui émerveille le public avec sa nouvelle licence. L’univers est riche, avec de nombreuses races aliens très construite avec une histoire riche et des “profils” typiques pour chaque. Autre grande idée : dans cet univers, l’humanité est le petit poucet de l’espace et doit faire des courbettes à toutes les autres races pour se faire bien voir. La diplomatie à un rôle crucial et vous devrez faire attention à ne pas flinguer à tout va si vous voulez réussir.

Vous démarrez donc en tant que simple commandant d’un vaisseau de l’Alliance. Mais rapidement, une mission va vous plonger au cœur d’un conflit qui va rapidement vous dépasser et vous amener à affronter les redoutables “Moissonneurs” : une étrange race cybernétique qui semble éradiquer toutes les civilisations qui atteignent un certain niveau d’évolution.

Si l’histoire peut sembler bateau, elle n’est que le sommet de l’iceberg. Les relations que vous aller tisser, les choix que vous aller faire, et votre façon d’aborder les choses (pragmatique ? diplomate ?) vont façonner votre expérience de jeu. Mieux encore, d’épisode en épisode, vos choix vous “suivent”. En effet, les sauvegardes de Mass effect 1 peuvent être importer dans Mass Effect 2, et celle de Mass Effect 2 peuvent l’être dans Mass Effect 3. Du coup, l’immersion est enrichie comme jamais : faites vous un allié, et il vous suivra durant des années.

Pour illustrer cela, et revenir avec le sujet de mon introduction, je voudrais vous parler d’un épisode qui m’a profondément marqué lors de ma dernière partie. Soyons clair, il risque d’y avoir du spoil, aussi prenez garde si vous continuer à lire.

Je suis donc lancé dans le dernier chapitre de l’aventure Mass Effect, et je jubile à chaque instant : les enjeux sont exacerbés par l’imminence d’une apocalypse causé par les terribles moissonneurs, les défis semblent impossibles, mais mon Commandant Shepard est à la hauteur de sa réputation. Héros de paix, il protège les innocents et ne pactise avec les puissants que dès lors qu’il est sur que les civils seront protéger.

Mais cela ne dure qu’un temps, et la guerre va me rattraper sans que je ne m’en rendent compte.

Lors d’une mission, deux membre de mon équipe sont dans un conflit d’intérêt : d’un coté Tali, une alien membre d’une espèce qui à dut quitter sa planète il y’a des siècels suite à un conflit avec une race de robot intelligent qu’ils avaient eux même créer, et de l’autre Légion, un des fameux robots.

Alors que les robots sont en partie sous le contrôle des Moissonneurs, Légion me propose de leur envoyer une reprogrammation qui les libèrera des Moissonneurs, et en plus les rendra plus efficace. Le souci est que s’ils deviennent plus efficace, ils massacreront le peuple de Tali si ces derniers les attaquent. Cette dernière me supplie de ne pas le faire, car elle sait que toute la flotte de son peuple va se lancer à l’attaque. Sur de moi, je lui demande d’appeler la flotte pour la mettre en garde et j’accepte le deal de Légion.

Mais alors que le robot commence sa manœuvre, je constate avec horreur que les généraux de la flotte refusent d’écouter Tali. Ils s’obstinent et lancent l’assaut. C’est un carnage et toute la flotte (soit 90% de ce peuple) est détruite. Je console Tali comme je peux, mais le mal est fait.

Son chagrin me peine : nous venions à peine de reprendre le contrôle de sa planète d’origine, mettant fin à un exil de plus de 300 ans pour elle et son peuple. Ses espoirs à peine naissance de vivre sur son monde son brisés. Tali et moi avons vécu moult aventures, sauver le monde et vaincu les méchants. Sauf que là c’est un échec rude.

Tali est brisé, et dans un ultime acte de désespoir, elle se jette du haut d’une falaise. Je suis sous le choc tandis qu’elle bascule au ralentit vers le vide. Et puis là une icone apparait : un QTE bleue, signe d’une action positive s’affiche. Ouf ! je vais pouvoir sauver ma petite Tali : accroche toi ! Sheppard arrive. Mon esprit fonctionne à cent à l’heure et je clic avec précision pour que le QTE soit activé.

Sheppard plonge au sol comme une panthère, bras tendu prêt a rattraper son amie… sauf qu’il n’attrape que le vide.

Et là je suis rester figé. Comme un con. Avais-je raté un truc ? non, après vérification le QTE avait bien fonctionné. Il fallait que je me rende à l’évidence, le destin de Tali était sceller et je n’aurais pas put la sauver une fois mon choix fait.

Toute la force de Mass Effect était là, devant moi, cette puissance narratrice qui faisait que j’étais au cœur d’un récit puissant en émotion. Comme face à un film émouvant, j’ai eut les larmes aux yeux pour ce personnage auquel j’avais fini par m’attacher.

Rare sont les jeux à m’avoir fait créer autant d’empathie avec ses personnages, mais plus rare encore sont ceux qui ont sut jouer avec cette empathie pour me faire ressentir quelque chose : des émotions fortes, belles et profondes.

Ma pauvre Tali, je te fais le serment qu’un jour, je remonterai le temps (en relançant une sauvegarde par exemple) et je sauverai ton peuple, et toi par la même occasion. Mais pour l’instant je ne peux pas le faire, car je briserai la marche du récit : et oui en quoi mes choix me feraient trembler si je me disais que je pouvais les changer si les conséquences ne me plaisent pas ?

Avouez qu’un jeu qui vous fait réfléchir sur l’aspect parfois inéluctable de vos décision n’est pas qu’un “simple” jeu non ?

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Pourquoi faut il en avoir marre de la science fiction (ou presque…)

Récemment, mon grand bonheur à été de jouer à Mass Effect, un jeu de rôle / action dans un univers de science fiction très bien bâti, extrêmement riche et d’une grande qualité au point de vue ludique. Ayant fini le jeu plusieurs fois, j’ai chercher sur le net s’il n’y avait pas des guides recensant les différentes alternatives du scénario (non parce que 20h en moyenne pour faire le jeu c’est long quand même…) et je suis tombé sur un forum ou des gens s’extasiaient sur la qualité du jeu.

Là vous allez me dire “bah… c’est pas ce que t’es en train de faire pau’v naze ?” et vous n’aurez pas tord, sauf que l’argument phare était que la technologie décrite utilisait des bases scientifique très sérieuse, rigoureuse et détaillé. Et le scénario les gars ? et cet univers audacieux où l’homme est la race alien la plus nulle qui existe ? et les différentes approches permettant de résoudre une situation sans aucun combat ?

Un cri primale montât en moi : pourquoi faut il toujours que la science fiction soit associée à la technologie chiante ? que certains se tripotent devant la description longue et rigoureuse d’un propulseur sub ionique et qu’ils en tachent les pages de leur roman, je m’en fou, mais que le registre de la science fiction soit réduit à un déballage de terme technique, ça j’en ai marre.

Isaac Asimov (qui en était pas la moitié d’un) avait écrit un jour une série de nouvelle dans un univers de science fiction. Il s’agissait d’histoire policière, et il expliquait en préface que tout l’intérêt de ces histoires n’étaient pas la prise en compte de la science comme centre d’intérêt, mais comme base de réflexion et surtout comme point de départ pour une approche humaine. Dans une histoire notamment, un des personnages avait vécu longtemps sur une planète ou le soleil était très proche, créant ainsi une fournaise la journée, et qui avait manquer de mourir en ouvrant une écoutille, ce qui justifiait que ce personnage avait une peur maladive de la lumière. L’intérêt était de montrer un être humain face à une situation certes totalement imaginaire, mais qui indirectement pouvait nous renvoyer a notre réalité (comment vivre après un traumatisme en l’occurrence).

La science fiction semble souvent parler de demain, mais c’est toujours d’aujourd’hui dont elle s’inspire. Elle est le portrait de notre société actuelle, des peurs et des doutes qui nous habitent, ou de nos espoirs. La science n’est souvent qu’une façon rapide de justifier des exercices de pensé et qui n’est ensuite qu’un accessoire. Lorsque la science devient un Deus Ex Machina qui débloque tout quand le récit n’avance plus, on est dans le n’importe quoi.

Je voudrais finir en citant Terry Pratchett lorsqu’il disait “La science fiction, c’est de la Fantasy avec des boulons”

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