Vote obligatoire (ou petit essai sur la démocratie forcée)

Doit on instaurer une obligation à voter ? ou plutôt (si on veut être précis) doit on instaurer une obligation de participer aux scrutins de la république (étant donnée que le vote blanc permet – en théorie – de s’abstenir de voter).

La question semble folle pour beaucoup, mais pourtant elle est bien en train de se poser tant le désamours des Francais pour l’acte de vote est de plus en plus fort. D’un coté le vote est désavoué car il se ramène à une classe politique conspuée de toute part sur l’air du » tous pourri » et de l’autre il montre clairement que la politique politicienne est devenue un tel jeu des trônes que plus personne n’y comprend rien.

Nos dirigeant n’arrangent pas les choses, magouillant comme c’est pas permis pour maintenir leur pouvoir qui leur sert… a maintenir leur pouvoir !

Car le principal désaveux serait peut être celui ci : pourquoi élire quelqu’un si ce dernier ne se comporte que de façon a rester élu (et donc à ne prendre aucune mesure particulière) ? A quoi bon choisir entre Pierre ou Paul puisque de toute façon, ils ont établi un pacte de façon à donner des sièges à l’autre pour se couvrir mutuellement ?

On ne vote plus « pour » quelqu’un, mais « contre » l’autre, l’extrémiste (de gauche ou de droite peut importe). On fini par ce dire que même ainsi on fini par se faire avoir que ça ne sert pas à grande chose. Pire, il est d’autant plus frustrant de voir les visages ravi des élus qui très rapidement reviennent sur leurs engagements car « la réalité est dure vous savez ma bonne dame : il faut être conciliant et faire des efforts ».

Mouaif…

En voulant forcer le vote, les politiques veulent en finir avec l’angoissante question des journalistes sur l’abstention dont on notera à chaque fois qu’ils « comprennent le signal fort envoyé par les Francais »… sauf que depuis le temps nous aimerions bien une réaction messieurs dames !

Ils veulent aussi prospecter de nouvelles « terres » électorales et compter sur un vivier de voix fraiches qui n’attendent qu’a être habilement orientées. Forcer le vote devient une nécessité pour la crédibilité de la politique en général, afin qu’elle cesse de paraitre fonctionner en vase clos et à l’écart du monde.

Personne ne songe à remettre en question l’idée même du vote dans nos organisations consultatives où les représentants ne représentent plus grand monde. Sans parler d’affaires de magouille, même les plus honnêtes serviteurs de l’état vivent en complet décalage avec les citoyens. A une époque ou l’information circule à la vitesse de la lumière et ou deux twitt bien placé peuvent faire tomber n’importe qui, ils continuent de vivre selon le protocole bien défini de la 5eme république et de ses institutions si sacralisés. L’outil est certes noble, mais il est devenu obsolète, et c’est bien ce qui donne de plus en plus envie aux gens de ne plus participer à ce jeu de dupe.

Forcer le vote est l’ultime acte d’une classe politique acculé dans son château par une population lasse de servir la soupe à des nantis qui n’ont même plus le souci de paraitre intéressé. Les années Sarkozy ont marqué le début d’une aire « décomplexé » ou on pouvait tout à fait être reconnu coupable de corruption et continuer à exercer une fonction. On peut maintenant dire les pires horreurs, raciste, machistes, homophobes et n’avoir à subir que les piques d’une foule en colère de voir ceux qui doivent parler pour eux tenir de tels propos.

La notion de vote est avant tout une notion de liberté. Liberté de prendre part au débat national, mais aussi la liberté de s’estimer « hors du coup » et pouvoir dire « je n’accepte pas cette démarche ».

Si les votes blancs avaient de la valeurs, les ténors de la politique seraient depuis un moment sur la touche, car nous leur aurions refuser la possibilité de continuer à accaparer titres et fonctions. Mais voila, le système à été bati (certains disent sur mêsure par De Gaule) de façon à ce que seuls les grands groupent puissent mettre en avant des candidats permettant ainsi plus de controle. Vous ne voulez pas votez pour untel ? qu’importe : le parti placera un(e) remplaçant(e) plus à votre gout… mais toujours à sa solde.

Faire du vote une obligation revient à dire que le système vous laisse le choix alors que ce n’est qu’entre Charybe et Scylla…

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