When we were kings

Pas vraiment un film que ce “when we were kings” mais en tout cas un vrai morceau de bravoure. Ce documentaire de Leon Gast sorti en 1996 raconte l’histoire du combat pour le titre de champion du monde entre Mohammed Ali et George Foreman en 1976.

Au delà de l’événement sportif, c’est un bout essentiel de l’Histoire de la communauté noire américaine que l’on découvre. Car il ne faut s’y trompé : ce match à été bien plus qu’un affrontement entre deux champions. L’impact médiatique et culturel s’est avéré marquant à plus d’un titre.

Mais remettons nous dans le contexte : nous sommes en 1974, et Mohammed Ali qui a perdu son titre notamment a cause de ses opinions politiques, est en train de se “refaire”. Après plusieurs combat pour revenir au top, il tient enfin son objectif : battre le nouveau champion, George Foreman. Dans le monde de la boxe, c’est déjà un événement, car même si Ali était très estimé pour sa vitesse et son style, Foreman est vu comme un titan indestructible aux coups surpuissants.

C’est là qu’entre en scène Don King, un organisateur à la réputation sulfureuse. King s’arrange pour que le match se déroule en Afrique, prenant ainsi un appui fort sur une communauté afro américaine qui cherche encore son identité. Autre coup de génie : il convie de nombreuse star noir américaine à venir au Zaïre a l’occasion d’un concert. Cette forte médiatisation loin du continent américain focalise l’attention : pendant quelques semaines, Kinshasa devient le centre du monde.

La machine est lancé et l’Histoire peut s’écrire.

Ce que ce documentaire nous fait habilement voir par sa sobriété (peu de commentaire voix off, principalement des témoignages) c’est l’impact du combat, mais surtout cette rencontre entre les noirs américains et ceux du continent. Ce retour a la source est le signe du changement qui s’opère a cette époque.

De nombreuses séquences montrent Ali en train de cabotiner, traversant les rues et invitant les passant a scander son nom. Ce n’est cependant pas de l’arrogance, mais de la fierté et un sentiment d’appartenance nouveau pour les noirs américains. Ali se veut le porte étendard de la communauté.

Bien que noir lui aussi, Foreman, sibyllin lors des conférences de presse, manque de cette authenticité et est considéré comme “un blanc”. Il symbolise ce que l’Amérique à fait du peuple noir, et Ali veut clairement se battre non pas pour un titre, mais justement pour ce peuple. Il n’en reste pas moins un combattant d’expérience : il va d’abord analyser son adversaire durant la période de préparation physique, et essayer de le travailler au mental en ne cessant de fanfaronner dans les médias.

Alors que la pression monte, l’impensable ce produit et Foreman se blesse a l’entrainement. Rien de grave en soi, mais le match se verra reporté de presque 8 semaines. Ali met ce temps a parti pour continuer son œuvre politique tandis que Foreman restera totalement focaliser sur le sport. Conscient que la vitesse d’Ali est le danger majeur pour lui qui est plutôt lent et massif, il va s’entrainer spécifiquement a coincer son adversaire dans les coins pour neutraliser ce qui fait sa force.

Les pronostics vont bon trains de part et d’autres, mais l’incessante arrogance du challenger agace et beaucoup n’y voient que de l’esbroufe pour cacher un manque de confiance. Peu de spécialiste estiment Ali capable de vaincre le champion. Mais Ali s’en moque : son combat est celui de toute une communauté, et sa foi en l’Islam lui donne le sentiment d’être le bras de Dieu et que c’est sa destiné.

Le 30 Octobre 1974 a 4h du matin (afin que le match puisse être vu au état unis) commence ce qui restera un des plus célèbre match de l’histoire de la boxe, mais aussi une manifestation dont l’impact peut se comparer à Woodstock.

Alors que tout le monde attend un Ali vif et sautillant comme a son habitude, le challenger est statique, et martèle Foreman de droite (ce qui est quasiment une insulte aussi tôt dans un combat) qui réplique en rouant Ali de coup tout en le coinçant dans les cordes comme le voulait sa stratégie. Le challenger est si peu réactif que certains journalistes croient que le match à été truqué et s’attendent a ce que Ali se couche dans les minutes a venir. Mais certains signes montrent qu’ils ont peut être parler trop vite : alors qu’il est pilonné par les crochet surpuissant de Foreman, Ali ne cesse de lui adresser des pics, allant même jusqu’a lui dire “Quoi ? c’est tout ce que tu peux donner ? tu me déçois…”

Car toute la stratégie de Ali est là : provoquant l’ire du champion, ce dernier se déchaine et use ses forces contre Ali qui n’a cessé de se renforcer physiquement en suivant un entrainement spartiate afin de s’acclimaté a la terrible chaleur qui régne au Zaire. Au 8eme Round, Foreman est exténué, ruisselant de sueur a cause de la chaleur et il ne peut plus soutenir le rythme. C’est justement a ce moment que Ali repart a toute allure pour casser le champion. Il envoi une ultime série de coup qui font chanceler le titan qui s’écroule. Incapable de se relever avant le compte de 10, Foreman perd le titre.

Après le match, la légende de Ali et ce combat mythique qu’on surnommera “The Rumble in the Jungle” tisserons un lien entre la communauté noire américaine désireuse d’une identité et la communauté africaine, trouvant enfin une occasion d’être mise en avant au delà des clichés. Il est intéressant de se pencher sur les déclaration d’Ali après le match, notamment lorsqu’il dit que les africains sont meilleurs que les noirs américains car ils ne sont que “des enfants gâté” tandis que eux “restent digne et fier malgré la pauvreté”. Cette leçon d’humilité prouve bien la porté du message d’Ali.

Pour revenir plus spécifiquement au documentaire, il dépeint de façon formidable cette période en ne créant aucun effet de style, mais simplement en portant le regard de ci de là, en laissant parler les gens présent a l’époque. Rien n’est caché, que ça soit l’égo de Ali ou bien la triste réalité du Zaire de Mobutu, pauvre et exsangue. La caméra est libre, montre et nous laisse regarder, écouter, et nous faire notre idée de cet événement.

La somme d’archive condensé est tout bonnement inouïe puisque couvrant un évènement sur 2 mois, sans que l’on ait le sentiment d’en avoir perdu la moindre petite miette.

Une très grande leçon d’histoire, et qui plus est un passionnant affrontement entre deux hommes admirables.

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